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 KILTI BÒ LAKAY – Us & coutumes de chez nous


KILTI BO LAKAY - Osselets


Myria Charles, alias Sister M* dans TICKET, une chronique du quotidien Le Nouvelliste

KILTI BO LAKAY 01


 

Saint-Valentin quand tu nous tiens…

Si j’étais responsable de presse de l’un des candidats retenus, je leur proposerais de faire imprimer leur photo ou leur emblème sur des paquets de M&M à l’occasion de la Saint Valentin.

Imaginez le résultat: un paysan qui ne sait pas pourquoi on mange du chocolat le 14 février se retrouverait avec ce petit sachet de douceurs en mains, à se demander si ces petites graines sont «la réponse», si cela vaut le coup de les semer au risque d’en récolter de la bouse de vache? Un autre croirait que ce sont des graines pour assotor, et qu’il faut en manger seulement à l’intérieur du péristyle, objet de la photo sur le paquet!

La scène se déroule la veille, le jour-même, un peu partout… dans les supermarkets, les magasins, les rues, chez la fleuriste, au restaurant, etc.

Ma question est celle-ci: s’il faut un produit fondant ou périssable pour exprimer un sentiment ou sa profondeur de celui-ci, peut-on espérer que le sentiment soit plus durable et plus solide que ledit produit?

Hein hein, accusez-moi donc de cynisme ! Dites que je suis blasée. Zafè! Il n’en demeure pas moins que je considère ridicule de gaver votre dulcinée de chocolat le jour de la St. Valentin, pour ensuite vous mettre à la comparer, quelques mois plus tard, à une publicité de Michelin. Ou bien pour soupirer – alors que vous êtes en sa compagnie chaque fois que vous voyez passer une silhouette svelte portant des vêtements collants…

Oui c’est agréable de recevoir des fleurs à la St. Valentin. D’ailleurs, j’en attends et je veux en recevoir. Mais quelle est la finalité du plaisir en ce jour ? Savoir que je compte pour l’ami ou l’amant? C’est bien beau. Et les trois cent soixante-quatre jours restants (quand l’année n’est pas bissextile bien sûr!)

Aller souper en tête à tête ce soir-là, dans un restaurant chic si possible, hummmm, le délice.

Vous voyez? Je sais apprécier. J’ai même de très bons souvenirs du Saint (et des kilos bien attachants, du genre inséparables d’avec ma chère personne).

Est-ce l’âge qui me rend raisonnable (ou gaga)? Fort possible. Je confirme que je n’ai absolument rien contre tout ce qui procure de la joie à l’occasion de cette fête de l’amour et de l’amitié. Ce que je déplore par contre, c’est l’absence de continuité. L’amour est le moteur de la vie. Tout comme il y a la saison pré-carnavalesque, la saison de l’Avent, les vendredi du Chemin de Croix avant Noël etc. j’aurais souhaité que l’amour se célèbre plus souvent et plus longtemps qu’en vingt-quatre heures. Le chocolat ne cause pas que des ballonnements, il est aussi un bon antistress. En recevoir de temps en temps de l’être aimé apportera, en plus des calories, un peu plus de chaleur et de douceur dans la relation.

Et les fleurs? Ah ! N’était-ce à cause du sentiment d’habiter à l’intérieur d’une tombe, je m’en ferais volontiers livrer tous les deux matins! Mais comme je fais cavaliera sola pour le moment, la note des commandes serait trop salée pour mon budget, et au rythme de quinze commandes par mois, je finirais par mourir de pauvreté si ce n’est d’hypertension! Bon, si votre amoureux veut soutenir le protocole, il peut toujours vous offrir une plante que vous aurez la tâche d’arroser tous les jours pour la maintenir aussi vivante que votre relation. Moi je veux bien opter pour le restaurant. Disons plutôt le petit souper. A défaut de restaurant, un poulet boukannen, une fritaille, et si comme moi vous êtes granmoun chez vous, un petit diner aux chandelles de temps en temps, pas besoin de mettre les petits plats dans les grands, mézi lajan-w mézi wanga-w.

De vous à moi, il a fallu que j’utilise le mot wanga pour me rappeler l’introduction de cette rubrique dans laquelle j’avais mentionné de péristyle! Ciel! l’amour m’a fait perdre la tête! Pas mauvais hein, c’est la saison, c’est la Saint Valentin. Oui, je me disais justement que les candidats pourraient faire acte et preuve d’amour, fusionner leurs emblèmes sur les dits sachets et créer un nouveau label: de M&M on passerait à MiMa & MiMa! Vive l’amour!

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