Anti-américanisme chez l’Haitien

La 1ère occupation militaire d’Haiti par les Américains (1915) a-t-elle déclenché un “anti-américanisme” latent chez l’Haitien?

Par GUY GUY  | Facebook  |  1er Mai 2019

Première Partie!

RICO:  En deux occasions et ils n’ont pas tué notre peuple, sauf ceux qui les ont toujours perçus comme des envahisseurs et des exploiteurs. Bien au contraire…la première fois qu’ils sont venus, c’était pour nous empêcher de nous entre-tuer. Certes il y a eu abus et incompréhension de part et d’autre et même de la haine couvant encore sous les cendres. ils ont laissé des structures et des institutions fonctionnelles, malheureusement nos politiciens les ont détruites avec le temps et ils ont le culot d’accuser les Américains. De toute façon ….si les Américains décident d’intervenir une fois de plus en Haïti, personne ne pourra les empêcher. Et ne soyez pas surpris si la majorité les accueille à bras grands ouverts.Nous sommes ce peuple qui refuse de grandir et qui est encore au biberon après plus de deux cent quinze d’indépendance. Que les hypocrites ou les faux nationalistes se taisent à tout jamais. Nos ennemis sont à l’intérieur du pays. Tous ceux qui refusent de respecter l’ordre établi et qui font du sabotage. Les Américains donnent du travail à plus de 1million de nos compatriotes .Même ceux qui vivent en Haïti veulent un jour venir dans cette ” terre promise appelée les États-Unis “. Alors depuis quand était on assez bête pour aller chercher son pain chez son ennemi?. Les haïtiens doivent cesser ce chantage sur les Americains. Dans la vie, on ne respecte que ceux qui se respectent. Si les leaders que vous avez aujourd’hui ont encore votre confiance et méritent votre respect et votre considération, alors je vous dirai bonne chance. On met toujours sur le compte du loup la brebis égorgée par le voisin jaloux. L’ennemi d’Haïti…C’est nous : avec nos stupidités et notre incapacité à nous gouverner! Je rejoindrai les cohortes des faux leaders ou hypocrites en lieu et place du camp des Americains, lorsque nos soit disant leaders feront ce qui est nécessaire pour édifier un état de droit, où le scandale de petro caribe ne se reproduira plus dans un pays comme le nôtre, où les trafficants de notre souveraineté feront de ce concept une réalité concrète et que chaque Haïtien se sentira heureux d’être citoyen d’un pays où il fait bon de vivre. Dans ce cas, que les pseudo leaders commencent à prendre en charge ce peuple trop longtemps abandonné et enfermé dans une prison à ciel ouvert et à double clef. Le jour où je commencerai à voir de la lumière au bout du tunnel pour chacun de mes concitoyens,c’est en ce jour que je ferai taire en moi, cette voix discordante qui trouble ma paix intérieure et me contraint à dire parfois en signe de désespoir comme disaient les romains : ” ingrate patrie…tu n’auras pas mes os”. ” Acta non verba ” dit le latin. Par les actes et non les paroles. C’est à cette condition seulement que les anti – Américains me persuaderont de rejoindre leur camp. En d’autres termes…lorsqu’ils auront choisi de bâtir un pays pour tous et non en nous gargarisant de leurs discours vains et stériles! À chacun sa vérité !
GUY GUY à Rico: Quelques-uns de vos propos concernant la première occupation militaire d’Haiti par les Américains ne correspondent pas à la vérité historique à mon avis par exemple les assertions suivantes:A.-)Les troubles à travers le pays aboutissant à l’assassinat de Vilbrun Guillaume Sam n’ont été qu’un prétexte pour occuper le pays. “D’ailleurs, depuis la déclaration du président Monroe adressée au Congrès de son pays en 1823, les Américains s’étaient spécialisés à envahir soit le Mexique pour lui dérober de grandes parties de son territoire et de ses richesses naturelles soit les pays de l’Amérique Centrale et des Caraïbes comme le Nicaragua, la République Dominicaine…..En 1847 déjà ,le gouvernement de James Polk manifestait son intérêt pour la position stratégique d’Haiti…..La carte décisive de l’impérialisme américain pour réaliser ses desseins en Haïti fut la Banque Nationale”.(Suzy Castor dixit)En novembre 1904 les Américains ont pris la décision définitive d’occuper Haiti militairement.Et le 17 décembre 1904 les marines” de la croisière Mathias débarquèrent furtivement et s’emparèrent de 500.000 US-Dollars,réserve de la Banque et propriétaire de l’État Haïtien…..Bref .”la première fois qu’ils sont venus, ce n’était certainement pas “pour nous empêcher de nous entre-tuer”.

RICO:  Mon cher Guy Guy…. Je ne suis pas historien et je n’ai pas la prétention de faire un cours d’histoire à personne en ce qui a trait à l’intention réelle des Américains Depuis toujours au sujet des peuples du monde. Nous savons tous que les Américains sont là pour défendre leurs intérêts dans le monde envers et contre tous. Dans ce cas, ce n’est pas exagéré de parler de l’empire Américain.Mais ironiquement qu’on le veuille ou non nous sommes malgré nous partie intégrante de cet empire et il reviendra toujours au maître du jeu, c’est à dire Washington de fixer les règles du jeu et d’attribuer à chacun sa place et son rôle sur l’échiquier politique et dans le grand jeu de l’empire. Notre grand problème est notre refus permanent d’accepter leur leadership et de croire encore avec une certaine naïveté que nous pouvons rééditer 1804, alors que nous n’avons même pas les qualités et encore moins les qualifications des héros de 1804. Cela dit, je n’ignore pas que plus d’un allait se sentir inconfortable de parler de cette réalité qui est nôtre sans tomber dans l’exagération ou de lancer les uns les autres des insultes. Comme toujours, je suis de cette catégorie d’haitiens courageux qui ne craignent pas les controverses. Voilà pourquoi j’assume en tout temps mes responsabilités face aux insultes des autres, car s’il est une chose que j’ai apprise de mes compatriotes au fil des temps, c’est le fait que nous sommes ce peuple qui a toujours peur de la vérité, et en tout temps nous choisissons notre zone de confort, laquelle est l’exagération ou le chauvinisme lorsque nous ne choisissons pas tout simplement le mensonge purement et simplement.Maintenant la grande question que nous devons nous poser est celle ci : si les Américains nous détestent à ce point et nous empêchent de développer comme nation, comment expliquer que ceux de nos compatriotes qui vivent chez eux réussissent au delà de toute espérance? La deuxième question est la suivante…les Américains sont ils les seuls responsables de nos malheurs et qu’en est-il du rôle de nos politiciens apatrides dans nos malheurs? Finalement ne serait t il pas mieux de coopérer avec eux tout en reconnaissant que nous ne pouvons rien contre contre cette puissance compte tenu qu’ils sont les maîtres du monde? Hélas nous sommes ce peuple théoricien qui répète de temps à autre que le plus faible doit être le plus malin, mais quand vient le temps de passer à la pratique, à peine sommes nous capables de mettre en application nos théories! L’occupation Américaine est une blessure profonde dans notre vie de peuple. La mort de Char!emagne Peralte devrait être un moment de réveil de la conscience nationale, et pourtant nous continuons dans la même logique de peuple incapable d’apprendre de nos malheurs et nous sommes devenus pire qu’auparavant. Les Américains ne sont pas la pour défendre nos intérêts. ILs sont dans le monde pour faire la promotion de leur empire.C’est à nous de travailler ensemble et avec intelligence pour contourner l’obstacle supposé ou réel qu’ils représentent à notre développement. Les critiquer jour et nuit avec rage ne nous mènera nulle part. On met toujours sur le compte du loup la brebis égorgé e par le voisin jaloux . A bon entendeur …salut!

RICO:  Guy-Guy…. tous les peuples de la terre ont eu leur part de tragédie. Faire notre auto critique ne nous rend pas moins patriote. Je suis fatigué avec ses sourds et aveugles et également incompétents qui nous gouvernent. Haïti est l’un des rares pays au monde qui marche à reculons. Chômage chronique. Instabilité politique. Banditisme. Criminalité. Insécurité totale. Un peuple aux abois qui est menacé de famine. Voilà notre bilan. Comment puis je me taire face à tout ce gâchis? Comment changer les conditions de vie dans un pays si tout le monde démissionne? Nous avons tous une dette envers ce pays. C’est la responsabilité de tout patriote de se lever et de forcer le changement. Les inconscients ne le feront pas volontairement. Les étrangers non plus. Alors. ..à chacun de prendre ses responsabilités. Il nous faut dire à ces magouilleurs incompétents :Assez c’est Assez. Nous devons cesser de vivre en victime et d’arrêter de blâmer les Américains pour tout ce qui va mal chez nous. Maintenant. ..c’est le moment à nous tous de nous demander cette question : qui des deux est le vrai ennemi de ce pays? Les Américains dont nous accablons de tous les pêchés du monde ou nos dirigeants irresponsables, immatures, stupides et voleurs? Et si personne d’entre nous ne peut trouver assez de courage pour dire non à cette forme de criminalité rampante et cette corruption qui devient la norme, alors il y a lieu de conclure que nous ne méritons pas de vivre dans le pays de Dessalines!

 

GUY GUY: à Rico! Comme je l’ai écrit plus-haut la situation chaotique à la fin de juillet 1915 n’était qu’un prétexte pris par les Américains pour justifier leur interven-tion militaire en Haiti.Même si l’apport de l’occupation américaine au niveau des infrastructures,des routes ,de la santé publique ,etc,vos 2 propos suivants demeurent pour moi incompréhensibles et nécessitent quelques mises au point de ma part: A.-) Ils (les Américains) sont intervenus dans notre pays en deux occasions et ils “n’ont pas tué notre peuple, sauf ceux qui les ont toujours perçus comme des envahisseurs et des exploiteurs.” B.-) il y a eu abus et incompréhension de part et d’autre et même de la haine couvant encore sous les cendres”, écrivez-vous. ad) A.-Permettez-moi de vous rappeler qu’au cours de la première occupation militaire en 1915 il y avait 2 formes de résistance:
1.- la forme politique et journalistique dirigée par la fraction nationaliste de l’élite urbaine et la résistance armée,manifestation essentielle du nationalisme de souche paysanne(Ref. entre autres :Suzy Castor in “L’Occupation Américaine”; Roger Gaillard in “Les Blancs débarquent”). Aucun écrivain haitien ou étranger n’a fait allusion au moindre abus exercé par les Haïtiens envers les occupants. Ce qui était impossible de toutes les façons. Au contraire les abus dont le peuple haitien était victime de la part des Yankees sont amplement documentés. Pour ne pas abuser de la patience de nos lecteurs je me contenterai de n’en citer que quelques-uns:
  1. Expropriation et mise en feu des cabanes ou maisons des paysans particulièrement dans la Vallée de l’Artibonite(Prélude à l’extermination des “cochons créoles=la caisse des paysans sous J.C.-Duvalier,conformément aux instructions des Américains).
  2. La corvée et ses conséquences physiques et morales pour les paysans.
  3. Au cours de la résistance armée sous le commandement de Charlemagne Péralte 3.500 paysans ont été tués au combat, plus de 4.00 hommes faits prisonniers au Cap,5.547 enfermés dans un camp de concentration.

Bref prétendre que les Américains n’ont pas tué le peuple haitien est une aberration sinon du révisionnisme au sens propre du terme. Mis à part ceux qui sont tombés les armes à la main et les exécutions sommaires je soulignerai que la corvée et les autres tortures auxquelles le paysan haitien ont été soumis étaient pires que la mort car la souffrance morale ou plutôt mentale des victimes a certainement persisté jusqu’à la fin de leur séjour sur la terre. La résistance armée était plus que légitimes,d’autant plus que les Américains étaient réellement non seulement des “envahisseurs” mais encore et surtout des “exploiteurs”, par excellence, un fait indéniable.

RICO:  Guy-Guy…. nous vivons dans un monde où il n’y a pas qu’une vérité. Nous avons tendance à croire que tout ce qui est rapporté par un historien,un écrivain ou un journaliste est authentique ou pure vérité. Mais l’ironie est que un même événement ou fait historique peut être rapporté de plusieurs manières ou avoir différentes versions tout dépend du degré d’objectivité ou de subjectivité de l’observateur ou rapporteur. Cela dit, il ne fait aucun doute que compte tenu que l’occupation Américaine de 1915 reste à ce jour pour nous en tant que peuple une gifle et une blessure profondes ,je ne serais pas étonné si l’un ou plusieurs de nos compatriotes manquaient d’objectivité et versaient dans le débat toute leur dose de préjugés et de subjectivité en ce qui a trait à l’occupation Américaine de 1915. Et je ne serais pas étonné si les uns et les autres mettent en doute l’altruisme des Américains dans ce contexte historique bien précis. En d’autres il peut y avoir préjugés, demi vérité et vérité également dans les faits relatés. Par contre, mon intention en ramenant ce sujet controversé dans l’actualité avait plus avoir à un besoin de fouetter l’orgueil national que de chercher à prendre fait et cause pour les Américains. Je reviendrai un peu plus tard pour essayer de trouver la meilleure explication possible pour satisfaire votre exigence relative à vos préoccupations soulevées, dès que possible. Soyez patient !

GUY GUY à Rico: Parler de ” l’altruisme des Américains dans ce contexte historique bien précis” est du révisionnisme.En comparaison je me demande s’ils ont envahi l’Iraq et exécuté Muammar Gaddafi par altruisme?Interfèrent-il par altruisme dans les conflits internes t en Amérique du sud et dans les bassins Caraïbes par altruisme?

 

RICO:  Guy-Guy…. le terme altruisme me vient à l’esprit par défaut. Je serais tenté de dire plutôt pour ” les besoins de leur cause “à défaut d’utiliser le terme ” impérialisme “. Que voulez vous Guy Guy Marc. …c’est un peuple toujours prêt à prendre “son bien “partout où il le trouve. Et tous les prétextes sont bons pour parvenir à ses fins.

Deuxième partie!

RICO:  Les seuls perdants dans cette tragédie de l’occupation Américaine de 1915 sont Charlemagne Péralte et sa famille. IL est mort pour une cause qui n’a produit aucun fruit pour les générations à venir. Esclaves que nous étions; esclaves que nous sommes encore; esclaves que nous serons toujours, pour la simple raison que nous ne comprenons rien en la valeur de la liberté et d’être maîtres chez nous. Les profiteurs qui nous ont toujours maintenu dans l’esclavage le font encore et beaucoup mieux , en nous imposant des gérants complètement au service de leurs intérêts exclusifs; et nous ne pouvons rien malgré tout. Nous sommes demeurés esclaves de nos passions et ce que nous avons toujours fait mieux depuis , c’est de détruire les meilleurs parmi nous qui veulent nous enlever nos chaînes! La lutte pour le pouvoir est ce piège qui se referme toujours sur nous, mais très peu d’entre nous le comprennent, tout simplement parce nous n’avons pas la moindre idée de ce que pouvait être l’esclavage. Dessalines est mort en vain. Et très peu de nous sont capables d’apprécier la profondeur de ses sacrifices pour faire de nous les seuls esclaves dans toute d’histoire de l’humanité à former une nation par la force des armes! La légende de la première république noire du monde est devenue un mythe, tout simplement parce que nos maîtres de toujours savent que notre devise ” l’union fait la force”, n’a jamais été l’expression de la conviction de ceux nés après l’indépendance,mais plutôt le désir de ceux qui ont connu l’esclavage et qui voulaient demeurer pour le reste de leur vie libre. Le peuple incapable d’apprendre de ses malheurs sera toujours esclave. Et avec le temps…il deviendra l’ esclave de l’esclave de ses semblables!
ALAIN:  Je l’ai toujours dit Rico que nous sommes esclaves des Américains!
RICO:  Alain, les Haïtiens ont besoin de prendre conscience de leur situation et de travailler en conséquence pour devenir un état moins dépendant des autres et forcer le respect. Nous sommes un peuple mineur économiquement parlant. Voilà pourquoi les autres nations ne nous reconnaissent aucun droit, particulièrement celui de choisir nos leaders.
GUY GUY: “Les seuls perdants dans cette tragédie de l’occupation Américaine de 1915 sont Charlemagne Péralte et sa famille.”Je suis désolé de ne pas pouvoir partager un tel point de vue Mr. Rico. En effet ni Pierre Sully ni Charlemagne Péralte ni les Cacos et aucun des autres combattants de la Liberté n’ont essuyé aucune perte relevante,au contraire.Ils demeurent nos héros dignes d’être adulés éternellement.Depuis quand honore-t-on des perdants? Ils n’ont pas réussi à repousser les envahisseurs à leur port de débarquement ou encore pire à les expédier ad patres certes.En dépit des effets traumatisants de cette “tragédie” pour le peuple Haïtien elle fut quand-même l’étincelle qui a déclenché une prise de conscience nationale et favorisé l’émergence du mouvement indigéniste en Haiti.Que les politiciens n’aient pas su gérer les retombées positives de cette intervention militaire au bénéfice du peuple haitien particulièrement de la paysannerie et des masses populaires n’a rien à voir avec la geste héroïque de Charlemagne Péralte. Et il n’y a aucune raison de prétendre qu’il est un “perdant”,en d’autres termes qu’il s’est sacrifié pour rien parce que les politiciens qui ont pris la rêne du pouvoir après sa mort et le départ des Américains ont failli à leur mission.
RICO:  Guy Guy …..je me suis exprimé ainsi pour mettre de l’emphase sur mon profond regret à l’idée que ceux qui ont gouverné notre pays après le sacrifice de Charlemagne Péralte, n’ont rien compris de son geste héroïque. Exception faite de Dumarsais Estimé et de Paul Eugène Magloire,malgré sa faute dans le renversement du gouvernement de Dumarsais Estimé. Ces deux chefs d’État avaient au moins de l’ambition et voulaient faire de ce pays une réalité. Mais aujourd’hui qu’avons nous constaté, rien dans ce pays ne se fait sans la permission expresse de l’ambassade Américaine chez nous. Nous sommes devenus ,de première république noire du monde, les parias de la terre. C’est à dire les plus méprisables en raison de nos ambitions malsaines. Une nation sans colonne vertébrale. Des éternels mendiants. Nous avons perdu toute notion de fierté. Avez vous jamais pensé aux résultats de toutes ces trahisons? Et le pire….Nous n’avons même pas le droit de traîner en justice les traitres qui agissent en toute complicité avec nos bourreaux. Est ce pour ça que Dessalines, Charlemagne Peralte, Pierre Sully , les cacos et tant d’autres se sont battus.Leur héroïque combat face à l’envahisseur avait pour but de maintenir notre souveraineté nationale ! Aujourd’hui….je ne connais pas beaucoup d’Haitiens qui éprouvent de la fierté face ” à l’assemblée des philistins et leurs chefs “qui ont la destinée de ce pays ou qui nous gouvernent. Quelle honte! Quelle tristesse ! Oui Dessalines, Charlemagne Peralte, Pierre Sully et tant d’autres que je ne connais pas sont mort en vain; parce que il n’existe nulle Part en Haïti aucun esprit de suite dans de leurs gestes héroïques pour protéger,défendre et préserver l’intégrité territoriale de ce pays.Nous sommes un peuple sans intelligence et ayant la passion de demeurer esclave. Tout simplement parce que la lutte pour le pouvoir et la poursuite effrénée des intérêts personnels, ont fait de nous des aveugles tout justes bons à éradiquer un jour sur la terre de Dessalines dont nous ne méritons pas. Et si les choses doivent continuer ainsi….eh bien j’ai le regret de dire à tous que dans un avenir pas trop lointain nous serons la nouvelle version de l’Afrique du Sud d’avant Mandela. La triste réalité dont nos descendants seront l’objet….est que cette fois ci il n’y aura pas les héros de 1804 pour nous libérer de nos nouveaux maîtres!
GUY GUY: à Jean Rico Louis :“Nous sommes un peuple sans intelligence et ayant la passion de demeurer esclave…..dans un avenir pas trop lointain nous serons la nouvelle version de l’Afrique du Sud d’avant Mandela”(Rico dixit)
Pourquoi tant de pessimisme?
A. Comme vous l’avez souligné quelque part, le blanc(=étranger en Haiti) n’est pas le seul responsable de nos maux.Et comme il agit surtout ou exclusivement par l’intermédiaire des nationaux,particulièrement notre élite économique et notre classe dirigeante,je parlerais plutôt d’une “exploitation par procuration” ou d’un “néocolonialisme national” et non d’esclavage. Par ailleurs vu que la soit-disant Elite haïtienne n’est pas une couche sociale homogène il n’y a aucune raison de s’attendre à une situation similaire à celle qui régnait à l’Afrique du sud avant la fin officielle de l’Apartheid.
B. En Haiti l’expression “esclavage moderne” n’est applicable qu’à la situation quotidienne des “Restavèk”.-Elle n’est pas applicable à tout le peuple haitien,même si nos dirigeants sont en majorité des “sousous”.Mais un sousou n’est pas nécessairement un esclave,car il est en mesure de prendre parfois des décisions contraires aux vœux du Big Brother. Citons par exemple la reconnaissance de Taiwan, la Chine de Shanghai Check, par Aristide et nos relations diplomatiques avec Cuba initiées par Aristide (ou Préval) [Castro ayant été l’ennemi Nr.1 des Etats-Unis}.Dans le cadre de la globalisation il existe depuis quelques années une interdépendance économique entre tous les états et une dépendance militaire de l’Europe relative aux États-Unis.Comme ce dernier n’est plus la plus grande puissance du monde tant sur plan économique (China est un rival de taille) que militaire (La Russie est dangereuse qu’on ne le pense peut-être) , il n’y a aucune raison de croire que le vieux continent et les états suscités ont des rapports d’esclaves envers un maître.La seule différence entre ces États ,l’Amérique du sud et beaucoup d’autres pays sous-développés est qu’ils dépendent non seulement politiquement mais aussi économiquement d’autres États entre autres des États-Unis.
RICO:  Guy-Guy… décrire une réalité récurrente est loin d’être du pessimisme. Je n’ai fait que le travail de l’eclaireur ou de la sentinelle vigilante. Bien sûr que la société haïtienne n’est pas homogène! Mais après tout…quel est le groupe ethnique le plus susceptible d’être réduit en esclavage sinon éliminé physiquement? N’est ce pas l’homme noir? Et plus encore….Les plus vulnérables! Chaque jour dans le monde….on observe du racisme à peine déguisé contre l’homme de race noire! Et alors….devrais je me taire ou m’abstenir de dire à mon peuple ce qui est susceptible de lui arriver s’il ne change pas d’attitude ou fait attention à ce qu’il fait. Lui donner de fausses assurances relatives à son avenir, c’est l’ induire en erreur. La vérité est parfois dérangeante,mais elle a la vertu de nous sauver de nos illusions. La vérité est difficile parfois à admettre, mais l’excès d’optimisme est la maladie des aveugles. Staline ,au crépuscule de son long règne, a reproché à ses vieux camarades bolcheviques de leur myopie en les traitant de chatons nouveaux nés ,lesquels ne voient pas venir le danger. Ne pensez vous pas que si l’union soviétique avait pour leader un autre que Saline, la Russie serait une colonie Allemande et les peuples de l’Europe seraient des citoyens de seconde zone.Hélas n’est ce pas…. ce qui est réservé à notre peuple trop stupide pour comprendre qu’il y a des gens dans ce monde dont leur seule raison d’être , consiste à eliminer physiquement les autres peuples qu’ils considèrent comme étant inférieurs par rapport à eux. N’ etait ce pas l’objectif de Hitler et des Nazis s’ils avaient gagné la guerre ? L’ histoire disait Joseph Staline est une épreuve de force! Les peuples trop stupides pour comprendre que préserver son indépendance envers et contre tous est un combat de chaque jour, n’ont pas leur place sous le soleil. Malheur aux vaincus, disaient les Romains!
GUY GUY: “la société haïtienne n’est pas homogène!”(Rico dixit).
Nous voguons indiscutablement sur 2 ondes parallèles au sens mathématique du terme. Il ne me reste qu’à désister.Avant de le faire et pour l’édification de nos lecteurs, je tiens à souligner qu’il ne s’agit pas de l’hétérogénéité du peuple haitien mais plutôt de celle de ses élites.
JEAN: Haïti n a jamais été un pays ingrat. Elle connaît ses amis. Mr louis, J aimerais que vous me répondiez à l’ombre de l’article De Mr Eduardo Galeano comment vous pouvez , avec une conscience claire, choisir les états unis parmi les amis d’Haïti ?
Haïti : la malédiction blanche! par Eduardo Galeano/6 avril 2004
“Le premier jour de cette année, la liberté a fêté deux siècles de vie dans le monde. Personne ne s’en est rendu compte ou presque. Quelques jours plus tard, le pays de l’anniversaire, Haïti, occupait une certaine place dans les médias ; non pas à cause de cet anniversaire de la liberté universelle, mais parce qu’a été provoqué un bain de sang qui a fini par faire tomber le président Aristide.
Haïti a été le premier pays où on a aboli l’esclavage. Toutefois, les encyclopédies les plus répandues et presque tous les textes d’éducation attribuent à l’Angleterre cet honneur historique. Il est vrai qu’un beau jour l’empire a changé d’avis, lui qui avait été le champion mondial du trafic négrier ; mais l’abolition britannique s’est produite en 1807, trois années après la révolution haïtienne, et s’est avérée tellement peu convaincante qu’en 1832 l’Angleterre a dû interdire à nouveau l’esclavage. La négation d’Haïti n’a rien de nouveau. Depuis deux siècles, elle souffre dédain et punition. Thomas Jefferson, figure de la liberté et propriétaire d’esclaves, signalait que d’Haïti provenait le mauvais exemple ; et il disait qu’il fallait « confiner la peste dans cette île ». Son pays l’a écouté. Les Etats-Unis ont mis soixante ans pour accorder la reconnaissance diplomatique à la plus libre des nations. Pendant ce temps-là, au Brésil, on appelait haïtiannisme le désordre et la violence. Les propriétaires des bras noirs ont été sauvés du haïtianisme jusqu’en 1888. Cette année-là, le Brésil a aboli l’esclavage. Ce fut le dernier pays dans le monde à le faire.
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Haïti est redevenu un pays invisible, jusqu’à la boucherie suivante. Pendant qu’il était sur les écrans et dans les pages des journaux, au début de cette année, les médias n’ont transmis que confusion et violence et ont confirmé que les Haïtiens sont nés ou pour faire le mal ou pour mal faire le bien. Depuis la Révolution, Haïti a seulement été capable d’offrir des tragédies. Ce fut une colonie prospère et heureuse et maintenant c’est la nation la plus pauvre de l’hémisphère occidental. Les révolutions, ont conclu quelques spécialistes, conduisent à l’abîme. Et certains ont dit, et d’autres ont suggéré, que la tendance haïtienne au fratricide provient de l’héritage sauvage qui vient de l’Afrique. Le mandat des ancêtres. La malédiction noire, qui pousse au crime et au chaos. De la malédiction blanche, personne ne parle.
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La Révolution française avait éliminé l’esclavage, mais Napoléon l’avait ressuscité :
— Quel a été le régime le plus prospère pour les colonies ?
— Le précédent.
— Donc, qu’il soit reconstitué.
Et pour réimplanter l’esclavage à Haïti, il a envoyé plus de cinquante navires pleins de soldats. Les noirs révoltés ont vaincu la France et ont conquis l’indépendance nationale et la libération des esclaves. En 1804, ils ont hérité d’une terre dévastée par les plantations de canne à sucre et d’un pays ravagé par une guerre féroce. Et ils ont hérité de « la dette française ». La France a fait payer chère l’humiliation infligée à Napoléon Bonaparte. A peine née, Haïti a dû s’engager à payer une indemnisation gigantesque, pour les dommages faits en se libérant. Cette expiation du péché de la liberté lui a coûté 150 millions de francs or. Le nouveau pays est né étranglé par cette corde attachée au cou : une fortune qui équivaudrait actuellement à 21.700 millions de dollars ou à 44 budgets totaux de Haïti de nos jours. Il lui a fallu beaucoup plus d’un siècle pour le paiement de la dette, que les intérêts d’usure multiplièrent. En 1938 on a finalement fêté la rédemption finale. Mais Haïti appartenait déjà aux banques des Etats-Unis.
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En échange de cette somme faramineuse, la France a officiellement reconnu la nouvelle nation. Aucun autre pays ne l’a reconnue. Haïti était né condamné à la solitude.
Simón Bolivar ne l’a pas reconnue non plus, bien qu’il lui doive tout. Haïti lui donna en 1816 bateaux, armes et soldats quand il arriva sur l’île, vaincu, et demanda abri et aide. Tout lui avait été donné par Haïti, à la seule condition de libérer les esclaves, une idée qui jusqu’alors ne lui était pas passée par la tête. Ensuite, le grand homme a triomphé dans sa guerre d’indépendance et a exprimé sa gratitude en envoyant à Port-au-Prince une épée en cadeau. La reconnaissance, n’en parlons même pas.
En réalité, les colonies espagnoles qui étaient devenues des pays indépendants continuaient à avoir des esclaves, même si certaines avaient même des lois qui l’interdisaient. Bolivar a dicté la sienne en 1821, mais la réalité n’en a pas tenu compte. Trente années après, en 1851, la Colombie abolit l’esclavage. Le Venezuela en fit de même en 1854”.

Troisième partie!

Esclaves que nous étions; esclaves que nous sommes encore; esclaves que nous serons toujours, pour la simple raison que nous ne comprenons rien en la valeur de la liberté et d’être maîtres chez nous”. (Rico dixit).Que penser d’un tel point de vue?
RICO:  Le peuple Haitien a un choix à faire : s’éterniser dans leur haine primaire des Américains qui ne mene d’ailleurs nulle part ou se résigner à regarder leur réalité en face et de chercher une certaine forme de cohabitation avec cette puissance ,laquelle n’a qu’un objectif au monde : étendre leur domination à travers la planète envers et contre tous tout en défendant également leurs intérêts. Le cri des nations faibles ou opprimées est le cadet de leur souci. Les haitiens ont le droit de s’entredéchirer entre ” pro ou anti Américains ” , s’ils le veulent. Mais quant à moi….je suis réaliste et je refuse de prendre mes rêves pour réalité d’autant que je n’attends rien de personne. Et nul ne me contraindra à nager à contre courant de l’histoire ! Mettons d’abord de l’ordre chez nous et travaillons à la sueur de notre front pour des lendemains meilleurs ; peut être …que nous survivrons en tant que peuple. Les nations stupides qui vont de gâchis en gâchis ou s’autodétruisent ,seront réduites à l’impuissance ; et tôt ou tard elles connaîtront le sort d’autres nations stupides qui les ont pécédées et vaincues par les nations plus intelligentes , lesquelles tiennent à garder leur place sous le soleil envers et contre tous. ” Pleurer , gémir …tout n’est que lacheté ( Vigny ). L’histoire , disait Staline,est une épreuve de force. Dans le monde d’aujourd’hui , on est l’enclume ou le marteau. Malheur aux vaincus, disaient les Romains !
GUY GUY: À mon avis l’attribut “primaire” signifie: sans raison,sans fondement,sans aucune influence externe. Parlant de “” haine primaire des Américains ” voulez-vous dire par-là que les Haïtiens n’ont eu ou n’ont aujourd’hui encore aucune raison de détester les Américains?
N.B. Personne n’a la prétention de convaincre qui que ce soit.Un débat n’est rien d’autre qu’u échange d’idées ou d’expériences personnelles.Nos jeunes lecteurs aimeraient savoir à quoi s’en tenir dans leur quête de la vérité historique.D’où la nécessité de nous exprimer d’une façon non équivoque,soit dit en passant.
RICO:  Guy Guy, notre peuple ainsi que nos gouvernements futurs doivent faire un effort d’ imagination pour mieux comprendre les orientations de cette super puissance mondiale. Se complaire dans une mentalité passéiste avec nos griefs anciens n’est pas signe de maturité politique. Nous avons besoin de regarder vers le futur tout en essayant de corriger certaines de nos erreurs passées afin de faire mieux.Les Américains n ‘ont d’autres objectifs dans le monde que de soumettre toutes les nations au caprice de leurs intérêts. Les critiquer ou les détester ….est tout simplement une maigre consolation pour essayer de calmer nos chagrins. Cette puissance n’a pas de temps à perdre avec les nations qui se complaisent dans l ‘insignifiance. Je suis peut être trop sévère envers mes compatriotes ,mais quelqu’un a besoin de leur dire que retrousser leurs manches, se mettre au travail et avoir de l’ambition dans la vie , sont des conditions idéales pour une nation faible de démontrer son existence et de regagner sa souveraineté perdue. Sinon notre pays est condamné dans sa misère et sa souffrance éternelles. Dans le monde d’aujourd’hui….les nations puissantes n’ont plus de temps pour les Jérémiades des nations faibles et pauvres. Prendre sa place sous le soleil est un impératif de survie!
ALAIN:  Tu as raison Jean Rico, le probleme, chez nous, est de pouvoir elire quelqu’un aime par le peuple et la bourgeoisie, un citoyen bien imbue de la politique et non un cretin ou un petit vicieux comme tous ceux qui se sont succedes depuis 1957!
RICO:  Alain Lebon….vous n’êtes pas loin de la vérité! Félicitations compatriote! L’homme haïtien a peur de la vérité et il choisit toujours le mensonge ou les demi – vérités pour refuge. Si nous voulons que les Américains nous respectent, il faut que nous commencions par nous respecter. Se respecter consiste à vouloir construire un pays en faisant respecter les lois et de travailler à changer les conditions de vie de son pays! Le jour où les Américains peuvent trouver parmi nous un leader ayant la main propre, nul doute qu’ils changeront d’attitude envers nous. Aujourd’hui …j’ai creuvé l’abcès Anti-Américains. Et tout le monde sans exception a le droit de faire valoir son opinion.
JACQUES:   C’est de la veulerie, celle d’un réaliste défaitiste, d’un homme sans échine pour ne pas dire un homme à plat ventre. Imaginez Toussaint et Dessalines, Christophe, Soulouque ou Nord-Alexis avec cette posture et ce constat d’impuissance où en serions-nous en tant que peuple d’ascendance nègre issue de l’esclavage? Imaginez les Nord-viêtnamiens penser ainsi face aux Français et aux Américains. J’espère que vous n’occupez et n’occuperez aucune chaire à aucun établissement scolaire de Jérémie-d’Haïti, Jean Rico Louis. J’ai presque envie de dire “vous êtes la honte de Jérémie, de la Grand’Anse tout entière. Edmond Laforest, Etzer Vilaire, Emile Roumer se retouneraient dans leurs tombes si les fourmis pouvaient leur apporter votre indignant et nauséeux pamphlet pro-américain. Il ne s’agit pas d’anti-américanisme ou de faux nationalisme, mais de soumission totale à une hyper-puissance au détriment de la souveraineté et de la dignité nationales qui sont des droits inaliénables et reconnus par le droit international et la charte des nations. Je ne peux transiger sur ces points. Jamais !
RICO:  Jacques, il y a longtemps que j’ai cessé de jouer à l’hypocrisie des ” faux nationalistes “. Cela dit, je ne suis pas plus pro ou Anti -Américains que personne. Je suis tout simplement un citoyen haïtien réaliste qui se refuse à prendre ses rêves pour réalité. En matière politique….la bonne volonté ne suffit pas. Les grands conducteurs de peuple sont des hommes au nerf d’acier qui se refusent à être des marchands de chimère. Nos hommes politiques en dehors du pouvoir sont habituellement des gauchistes. Mais au pouvoir ils ne sont que des patripoches toujours prêts à faire des courbettes devant les Américains. Nous ne sommes plus en 1804, mon cher ! D’ailleurs…qu’avons nous fait depuis 1804 sinon que gargariser en présence de notre jeunesse les prouesses des hommes de 1804 à verrières. Jacques….rassurez vous! Je n’ai pas d’ambition politique. Je suis dans ce forum pour aider mon peuple à être plus réaliste et faire le bon choix dans le futur. Pour terminer….mon modèle d’homme d’État….C’est le grand Dumarsais Estimé. En d’autres termes…le défaitisme,la résignation et les courbettes ne sont pas l’apanage de Jean Rico Louis. Poursuivons notre débat en nous attaquant sans réserves aux mythes , lesquels engourdissent notre cerveau et nous empêchent de voir clair le jeu politique sur l’échiquier mondial et dont les maîtres restent et demeurent à ce jour les Américains! Les hommes dont vous faites mention sont l’exception dans la règle. Mais leur lutte avait servi à quelque chose lorsque le monde n’était pas encore une jungle. Croyez vous vraiment que je suis une ” honte ” pour mes compatriotes Jeremiens, en raison de mes approches de libre penseur de la politique? Helas…peut être que vous devriez vous informer auprès d’eux pour essayer de connaître cet homme courageux qui n’a peur de personne et ne craint également les controverses. Je sais que la vérité fait rougir la face du diable. Mais …votre propos est pour moi ” de l’eau versée sur le dos du canard “. Jacques…voulez vous connaître vraiment un individu: observer plus ce qu’il fait que ce qu’il dit. Je suis un patriote comme tout le monde, et je n’ai nul besoin d’épingler sur ma poitrine mon patriotisme. Je ne suis pas de ceux qui vendraient Haïti aux Américains pour une bouchée de pain. Je suis plutôt de ceux qui épousent le rêve de Dessalines: une patrie pour tous. Par contre…je respecte les Américains pour ce qu’ils sont devenus dans le monde tandis que nous n’arrêtons pas d’étonner le reste du monde par nos beaux discours sans lendemain , nos stupidités sans fin et notre cruauté légendaire envers nos semblables!

JACQUES:   Rico, ou konprann mal hypèpisans ki rele Etazini an— yon pisans ki panse li genyen yon dwa diven sou tout pèp sou latè e ki deklare tout peyi nan Amerik la –e ki deklare li se Lamerik– se lakou dèyè lakay li kote li ka mare tout moun nan pye tab li. Pou ou, se reyalism se pa defetis. Pou ou se fo nasyonalis ki di li pa dwe konsa, li pa fèt pou konsa e l pa dwe konsa. Se pa yon atitid anti-Etazini paske preske tout moun nan Amerik nou an apresye kontribisyon atis-yo [nwa kou blan] nan domèn art, literati, mizik, kilti. Nou, Ayisyen nou gen plis koneksyon ak Etazini pase anpil lòt pèp nan rejyon an depi sou Louisiane pou tonbe nan Boston an pasan pa Chicago ak Géorgie. Al gade istwa Jacques Audubon, Pierre Toussaint, Jean-Baptiste Point Du Sable, Sœur Marie- josée Lange, W.E Dubois, Langston Hughes, elatriye. Site moun sa yo se pa ankre nan Le pase ni sa pa fè nou paseyis pou sa. Dapre mwen, ou ta pi itil Ayiti si ou te ekri sou moun sa yo pou w di jèn Ayisyen yo ki espès nèg siperyè nou ye, ki fib ki fè nou. Si nou degrengole nan Eta nou ye jodi a se pa sèlman akòz move sijè move grenn patripòch men akòz mank edikasyon, akòz nèg plim e ank tankou w ki kwè yo reyalis e ka p envite Ayisyen ala demisyon-konpwomisyon-trayizon olye yo aprann jenès la ki moun Ayisyen ye: yon pèp papa libète ki pa dwe janm bliye kouman li te goumen e dwe kontinye goumen pou diyite nèg Ayiti, nèg toukou e pou diyite lòm an jeneral nan yon revolisyon imanis, yon revolisyon inivèsèl. Wi, nou pa dwe repoze n sou sa sèlman, men nou pa dwe janm sispann anseye tout lòt jenerasyon ka p vini revolisyon sa a.

Mwen pa ka respekte yon gouvènman ki pran m pou tyoul, restavèk li; mwen pap janm gen respè pou yon pisans ki di m se twou latrinn, yon peyi kk. Mwen pa ka aksepte lasibab nan men yon gouvènman ka p pase m lòd, ka p chwazi ki moun ki dwe prezidan ak premye minis lakay mwen, ka p di m ak ki moun mwen dwe byen paske l pisan, paske l kontwole enstitisyon finansye li mete sou pye kòm mwayen pou l fè presyon-sanksyon-entèvasyon nan zafè politik entèn mwen.

Yon pèp ki gen diyite–yon nonm ki rele gason, ki respekte tèt li pa ka aksepte sou pretèks li reyalis sitiasyon sa a amwenske l kwè li dwe viv ajenou–ensten de conservation oblige, dapre li– tout tan pou l ka souse yon zo san vyann mèt kay voye atè ba li. Atitid sa a, se atitid ak mantalite kolonize, atitid tchoul ak gason, fanm san diyite.

Kiba pa aksepte l, Venezuela pa aksepte l, Iran ak Kore di Nò, Tiki, Russie non plis. E piske li genyen pisans la p trangle yo ak sanksyon e l menase pou l anvayi yo–tankou li fè sa chak fwa pèp nan rejyon an di l respekte m–pou l chanje gouvènman pou l mete restavèk ak prezidan popetwèl li ka pase lòd e ki pra l kite l fè dappiyan sou ressous natirèl li pou yon koko-monnen. Depi pisans sa a egziste, li entèvni sou pretèks demokrasi ak dwadelòm plis pase yon santèn fwa nan peyi Amerik Latin ak Karayib la… e mouche Jean Rico Louis twouve sa akseptab paske l reyalis pandan l akwe nan pyetab yon reyalims anjelik e beya. Adyewidan ! Dekiprevyen ou? Dekimannigans?

Ayisyen ki aksepte politik sa pa merite rele Ayisyen e m pa kwè genyen okenn sitwayen konsekan ki ka preche sa wa p preche la a. Ou prefere viv ajenou pase ou lite e aprann Ayisyen lite, reziste pou gouvèman meriken sispann enpoze prezidan tankou Martelly ak Jovnel nan tèt peyi a, peyi nou. Ou konn sa wa p preche la? Kite m di ou: se aksepte”Yon bandi antre lakay ou di w fòk li koupe madanm ou ak pitit e ou dwe w asiste sèn nan sinon li pap ba w travay, ni manje. Epi ou kite l koupe yo. Apre sa di w bo pye l ak tchou kaka l. Epi ou fè sa l mande w la paske fòk ou viv e antre nan jwèt konpoze. Sa k pi rèd la, ou twouve se nòmal pou w fè sa l mande w paske l pisan. Enben, ou se yon reyalis imoral e san diyite, ni plis ni mwens. Alòs, kontinye viv nan reyalite sa a e kontinye aksepte l paske pou ou se nòmal, kontinye aksepte li manke w dega e kontinye vyole pitit ou ak madanm ou. Se pa konsyans ou li vyole, non paske ou pa genyen konsyans ni konsyans betiz ou ap plede grennen sou Coin de l’Histoire. Nan tèt ou ak nan tèt blan yankee: hormis les “Américains” des États-Unis d’Amérique, il n’y a plus d’Américains dans les Amériques. Podyab yo ! Podyab ou !@

 

MARCEL:  Rico ou KK tout jan. Etre intellectuel en Haïti c’est entre autre chose, l’aisance avec laquelle une plume comme celle du Docteur Jean Price Mars, qui passe pour être « le maître à penser de toute une génération » passée et présente de l’intelligentsia haïtienne, se met à rejeter les velléités de réforme d’un groupe de citoyens qui essayaient d’introduire des idées de réforme au sein de la politique haïtienne. Oyez :

« Voici donc un peuple qui, tributaire d’un long passé de servitude, explosa sa colère en un jour de révolte et d’ardente aspiration vers la vie nationale mais qui titubait et titube encore sur la route tourmentée de la rédemption dans une série de chocs et de revers, en quête de stabilité. Et c’est à ce peuple qu’on aurait voulu appliquer, en 1870, la doctrine du libéralisme tout simplement comme on jette sur les épaules à qui veut bien s’accommoder, l’habit de confection accroché au bric à brac des Magasins d’occasions. N’y avait-il pas la méconnaissance la plus singulière et la plus inattendue des conditions dans lesquelles s’accomplissait l’évolution de ce peuple ? Mais où était donc la clairvoyance des leaders du parti libéral ? »

« Se pouvait-il que l’ardeur de la bataille, un certain zèle de néophytes, la griserie des premiers succès eussent aveuglé ces hommes dont l’intelligence et la culture étaient incontestablement supérieures pour qu’ils crussent possible et durable l’introduction dans nos mœurs d’un système de gouvernement si contraire à nos traditions ? »

« Dans quelle mesure auraient-ils pu appliquer la doctrine du véritable parlementarisme puisque celle-ci suppose, au préalable une adhésion des masses électorales…N’étaient-elles pas alors, ces masses, ce qu’elles sont encore aujourd’hui même – un troupeau – incoordonné, « un amas confus d’individus » ? Et ce serait à cette multitude « inorganique » qu’on demanderait le choix d’une doctrine politique? »(1)

(1) Jean-Pierre Boyer Bazelais et le drame de Miragoâne

RICO:  Mon Cher Marcel, je ne suis pas sur de bien comprendre ces propos venant de toi : “Rico ou kk tout jan”. Peux tu m’aider a mieux te comprendre ? Merci quand meme pour le beau texte de Jean Price Mars. On en a tellement besoin a un moment ou notre peuple semble marcher a reculons !
MARCEL:  Je n’avais nullement l’intention de t’insulter comme a fait l’autre. J’ai voulu te mettre en garde contre une pratique courante en Haïti. Dans ce pays, on se fait une idée bien arrêtée de qui doit faire de la politique. Pour être en mesure de participer à un débat intellectuel, il faut que tu puisses rassassier les mêmes stéréotypes anti-blan, anti-mulatre, anti-impérialisme. Un Price-Mars peut tout se permettre même si son discours laisse à désirer. Le même discours venant de Jean Louis Rico, on lui tombe dessus. C’est pourquoi j’ai essayé de te faire comprendre que: “ou mouri nan film nan”. Ton pays n’est pas un pays, je te l’ai déjà dit, c’est une race, c’est uniquement une race. Ne vas pas chercher chez des peuples blancs des modèles de développement, on te détruira.
RICO:  Mon cher Marcel, pas une seule fois il ne m’était venu à l’ idée que tu voulais m’ insulter.Sincèrement je ne te vois pas dans cette catégorie de gens imperméables à la honte. J’ai appris dans la vie qu’ on n’insulte pas les gens impunément.En d’autres termes…quand on s’amuse à lancer des crachats en l’air, il faut toujours s’attendre à Les voir retomber sur sa tête! Voilà pourquoi….je me suis toujours fait un devoir de retourner ma langue sept fois dans ma bouche avant de dire un mot indigne de ma personne ou d’écrire sur le net quelque chose de nature à insulter quelqu’un. On reconnaît l’arbre , dit la bible, à ses fruits! Un gentilhomme doit se garder toujours de succomber à la passion de sa rhétorique d’autant qu’elle est de nature à blesser l’amour propre de son interlocuteur. Merci Salnave pour tes bons conseils! Je souhaiterais que sur l’internet certaines personnes aient eu assez de sagesse pour comprendre que l’insulte dans une discussion politique, philosophique ou religieuse n’a pas sa place et que seule la force de l’argument est susceptible de séduire en tout temps une audience. Je te félicite pour ton sens aigu des choses et plus particulièrement pour avoir mieux compris le dilemme haïtien. Notre malheur est que certaines personnes croient encore que les bonnes idées sont l’apanage d’une élite, mais ne peuvent pas concevoir que l’intelligence est universelle et que Dieu n’avait aucune intention de limiter l’être humain dans sa quête à développer son potentiel. Si Jean Price Mars le dit…..c’est une vérité de l’évangile! Mais si Jean Rico Louis developpe la même idée et parfois mieux….c ‘est un crime de lèse majesté ! Après avoir vécu 36 ans au Canada….j’ai le regret de dire à certains de mes compatriotes que j’ai beaucoup changé. Mais je n’ai pas cessé d’être ce patriote qui veut tout le bien possible pour mes compatriotes. Bien sûr que je me suis rééduquer et ceci, à tous les points de vue. En d’autres termes….j’ai appris à ne plus répéter les idées reçues, à ne plus répéter les théories non vérifiées des uns et des autres. Dans le même ordre d’idée…je respecte et apprecie également les sommités de chez nous, ces devanciers qui ont fait de nous ce que nous sommes aujourd’hui .On n’a pas besoin d’être anti bourgeois, anti mulâtre, anti Blanc ou Anti Américain pour être un Haïtien authentique. Avant d’être un Haïtien….je suis tout d’abord un être humain qui croit en Dieu et embrasse tous les autres êtres humains , peu importe leur race ou nationalité! Le pays que nous voulons bâtir ensemble, doit avoir pour fondement la tolérance, le respect des lois et Le bien-être pour tous. Mais avant tout….nous avons besoin de faire preuve de courage pour tourner la page de division et inviter tous sans préjugé sous la tente de la nouvelle Haïti. L’homme courageux et fort …c’est celui qui est capable de se remettre en question et qui croit en tout temps qu’il n’a pas le monopole de la vérité!
RICO:  Réplique de Rico à Jacques. Mon cher Jacques, j’ai lu votre discours passionné relatif à la politique étrangère Américaine à travers le monde avec autant d’ intérêt qu’il mérite d’attention, je dois vous avouer qu’après tout compte fait, je n’ai rien appris de vous. Toujours les mêmes jérémiades anti-Américaines ! Et c’est avec regret que je tiens à vous dire, une fois de plus, que les Américains ne sont pas nos ennemis et que l’ennemi d’Haïti, à bien considérer les choses, c’est nous autres Haïtiens, avec notre haine ethnique éternelle,notre cruauté envers notre peuple,nos stupidités, notre égoïsme légendaire et notre manie à changer nos gouvernements (bon ou mauvais) pour les remplacer par le pire. En vous disant cela, je ne me berce pas d’illusion jusqu’à croire que je vous ai appris rien. Car, après tout compte fait,vous n’êtes pas de la catégorie de gens qui ont besoin de se faire dire les choses pour comprendre. Sauf que vos sentiments anti -Américains obscurcissent votre jugement et vous empêchent d’être objectif et même réaliste, à l’idée que les Américains étant ce qu’ils sont, que personne ne pourra rien contre eux maintenant tant et aussi longtemps que Dieu le permette, dans l’attente qu”ils connaissent également le sort de tous les grands empires du passé. Après tout compte fait….rien n’est éternel! Cela dit…. : Certainement si l’on me demandait qui des deux offrirait un meilleur leadership à Haïti les Américains ou nos politiciens Haïtiens traditionnels?je répondrais sans hésiter : aucun des deux rien qu’en me basant sur des faits observables et sur l’expérience passée de notre peuple avec les deux ! Mais si l’on me disait qu’il faut absolument faire un choix entre les deux, alors je recommanderais à notre peuple ,la mort dans l’âme,de choisir entre deux maux le moindre mal. Je lui recommanderais le ” leadership Américain “ tout en lui faisant comprendre qu’il ne devrait pas espérer le paradis et que au moins il n’aura pas non plus l’enfer que ses dirigeants haïtiens n’ont qu’à lui offrir à chaque tournant de son histoire. De 1804 à 1915 …C’est le chaos total. De 1915 à 1939…C’est un semblant d’ordre avec les Américains. De 1939 à 1946….C’est la domination des mulâtres jusque-là tolérable. De 1946 à 1956….c’est le renouveau et l’âge d’or d’Haïti avec Dumarsais Estimé et Paul Eugène Magloire. De 1957 à 1986….C’est la dictature féroce des Duvalier avec quand même un semblant d’ordre. De 1986 à ce jour…..C’est la descente aux enfers et le déclin de tout sentiment de souveraineté nationale! Hélas….de quoi est fait le leadership des leaders noirs en général : dictature,corruption,oppression,misère éternelle , chaos à l’état latent et perte totale de toute souveraineté et de sentiment d’appartenance nationale! En d’autres termes….L’homme noir et en particulier l’haitien a prouvé au dela de toute attente, qu’il est incompétent et qu’il ne peut pas se gouverner! Mais quand les choses ne vont pas bien des suites de sa stupidité, il n’a qu’une excuse: c’est toujours la faute de l’homme blanc! C’est sa zone de confort pour excuser son incompétence. Savez vous une chose Jacques….je n’ai pas choisi d’être nègre et haïtien en venant au monde. C’est une décision qui a été prise pour moi sans mon consentement avant ma naissance et je dois vivre avec jusqu’au jour où je dois quitter cette planète comme tout le monde. Mais personne pas même vous avec vos discours irréalistes, passéistes et inutiles ne vont me faire prendre des vessies pour des lanternes. Lorsque je dis que je suis réaliste et que je ne suis pas prêt à prendre mes rêves pour réalité, je suis conscient de ma position. Excusez ma franchise si je vous dis une vérité dérangeante et même scandaleuse. IL n’y a que des idéalistes et des idiots qui sont incapables d’accepter l’évidence comme étant la vérité éternelle. Je n’ai pas le droit d’induire en erreur la jeunesse de mon peuple. Je dois lui mettre en garde contre ces faux nationalistes qui sont en réalité ” les faux bergers du troupeau qui étrangement le troupeau” , ces hommes à sac et à corde qui forcent notre jeunesse à la prostitution; ces chiens qui n’ont que la forme humaine, mais sans humanité. Helas….je dois répéter à ce peuple que l’ennemi….ce ne sont pas avant tous les Américains; mais c’est nous avec notre cruauté! Jacques….je ne suis pas plus pro ou Anti-Américains que personne. Je suis tout simplement un Haïtien patriote et conscient de la misère de mon peuple. Je suis blessé face à tant de trahison, de gâchis, de misère et d’oppression dont notre peuple est victime chaque jour dans son existence de peuple soit disant libre de la part de ses dirigeants. Pourquoi voulez vous que je choisisse l’absurdité au non de ce ” nationalisme au rabais dont les apatrides de toujours nous gagarisent, dans le but de tromper les idiots? Savez vous qu’ils n’ ont aucune attache avec le pays ? La preuve est que tous ils envoient leurs enfants étudier chez les Américains, mais ils veulent faire croire aux stupides que les Américains sont nos ennemis.Les Américains ne sont pas certainement nos amis ou ennemis. Ils sont une puissance impérialiste qui va chercher son bien partout dans le monde. Et nos soit disant dirigeants ne sont pas mieux non plus. Ce sont de grands voleurs dans Bien des cas. Alors pourquoi….me traiter d’homme à plat ventre devant les Américains quand vous ne savez pas grand chose de mon parcours dans la vie! Êtes vous plus patriote que toute personne voulant proposer d’autres alternatives ou piste de solution à notre peuple dans sa lutte quotidienne? Pensez vous sincèrement que les gens de ce forum sont bête à ce point pour ne pas voir que vous êtes plus du genre à lancer des crachats en l’air ou à faire des polémiques stériles que de débattre une idée ou des idées pour faire avancer la cause de notre pays? Ne croyez vous pas que vous feriez mieux de mettre vos talents au service d’une cause plus grande que vous, par exemple: travailler à l’union de notre malheureux pays! Certainement si nos dirigeants étaient capables de mettre leurs ambitions personnelles et malsaines de côté pour embrasser une cause plus grande qu’eux, nul doute que Donald Trump n’oserait pas nous traiter de ” pays de merde” . Rassurez vous….il n’est pas le seul à penser ainsi, il est sans doute le plus direct pour nous lancer ce crachat au visage. Voyez vous Jacques….cela dit, si j’étais le leader de ce pays ,ma première action serait de dire à notre peuple que nous sommes tous haïtiens. Abandonnons cette distinction entre noirs et mulâtres qui nous font tant de tort et deviennent une arme de division pour les noiristes criminels et mulâtres trop stupides pour comprendre que la ou il y a division, une nation ne peut prospérer. Je chercherais à développer d’excellents rapports avec les Américains pour développer notre pays. Je chercherais une meilleure coopération avec la France , le Canada, l’Allemagne et tous les peuples qui veulent nous aider à développer nos potentiels et offrir un meilleur avenir à notre peuple. Dessalines était anti-esclavagiste. Mais il n’était pas nécessairement anti- blancs! La preuve est que…l’empereur avait fait exception lors du massacre des français. ( médecins,pharmaciens et prêtres étaient épargnés). Tous Ceux d’entre eux capables d’aider le jeune état avaient été épargnés. Au fond … Beaucoup d’entre nous sont des racistes. Beaucoup d’entre nous sont des anti-blancs. Mais nous sommes toujours prêts à condamner les blancs pour leur racisme, alors que nous ne voyons la poutre dans nos yeux! C’est ça l’ hypocrisie! Jacques…..chaque génération est appelée à faire sa propre bataille et offrir des alternatives à son peuple. Les modèles que vous avez proposés sont nos héros et je les admire pour leur courage. Mais nous ne sommes pas obligés de refaire leur bataille. Nous devons choisir nos batailles et notre stratégie! La vie est dynamique et non statique. A chacun sa vérité. En dépit de nos différences de vue….je salue quand même en vous un patriote avec qui j’ai des différences de vue très marquées , mais que je ne déteste pas malgré tout. La démocratie….C’est l’art du possible.Et personne ne doit être condamné pour sa position en rapport avec la politique!
JACQUES:   M. Marcel, je crois qu’il est de mon devoir de m’adresser directement à vous parce que vous avez parlé de stéréotypes anti-blanc, anti-mulâtre, anti-impérialiste en disant qu’un Price-Mars peut tout se permettre même si son discours laisse à désirer”. Qui de moi ou de Price tient et a tenu ce discours dont vous dites que l’on ressasse? Je ne suis ni anti-mulâtre, ni anti-blanc , par contre je suis bien anti-impérialiste, anti-interventionniste et suis pour la dignité et la souveraineté de mon pays et des peuples.
Si pour monsieur Jean Rico Louis c’est de l’anti-américanisme primaire, du faux nationalisme–c’est là son seul agurment– c’est que ni lui ni vous ne comprenez rien aux termes que vous utlisez.
Je n’ai de haine primaire contre aucun homme, qu’il soit de teint clair, jaune ou blanc, et contre aucun pays.
Monsieur Marcel Salnave produisez, s’il vous plaît, un écrit du docteur Price-Jean Price Mars dans lequel il a recommande au peuple haïtien de se livrer corps et bras liés aux États-Unis d’Amérique ou à quelque puissance que ce soit?

Dites-nous, je vous prie, quel rapport l’extrait de Jean Price-Mars a avec les propos honteux et serviles de Jean Rico Louis?
Désolé de vous dire que je n’en vois aucun. Dans cette citation que vous mettez en exergue, Price-Mars s’interroge sur l’application du libéralisme mal défini (quel libéralisme pour Haïti, il aurait pu dire?) de Jean-Pierre Boyer Bazelais en Haïti, un pays qui n’avait à l’époque que 66 ans. Ce sont donc des interrogations légitimes et réalistes que doit et que devrait soulever tout penseur lucide et tout homme politique responsable, car on ne greffe pas une doctrine politique sur un peuple comme on le ferait sur une plante. Comme vous l’aurez sans doute compris et appris, le greffon a été rejeté par le sujet. Toutefois, malgré cette citation mal à propos, je vous accorde le bénéfice du doute en présumant de votre bonne foi car ce n’est pas à la supposée infériorité “atavique” des nègres/noirs (incapables de se diriger) face aux clairs/blancs que l’Oncle faisait allusion dans ce passage que vous avez extirpé de son livre “Jean-Pierre Boyer Bazelais et le Drame de Miragoane 1883-1884, comme en témoigne les propos liminaires du Dr.Pice-Mars que voici: “Est-il exact de prétendre selon la maxime commune que les peuples ont les gouvernements qu’ils méritent ? N’est-il pas plus vrai d’admettre qu’au stade de développement d’un peuple le gouvernement qu’il se donne ou qui lui est imposé, est, assez souvent, l’image fidèle de son degré d’aptitude à s’occuper de ses propres affaires ?
Entendons-nous.
Les sociétés humaines quelles qu’elles soient se reconnaissent toujours par la règle spécifique d’un groupement d’individus sous l’autorité d’un chef, soit qu’en ce chef s’incarne la volonté collective, soit que celle-ci s’extériorise par la constitution d’une assemblée représentative ou que les deux modes de commandement soient associés.En tout cas, il n’y a pas de société sans chef.” (fin)
Franchement, je ne vois pas en quoi les propos de Price-Mars sont une illustration de ce que prone Jean Rico Louis”: une soumission servile face au gouvernement américain, une abdication de notre droit de peuple souverain et indépendant pour qu’il nous jette des miettes et nous dicte notre politique vis à vis des autres peuples et gouvernements de la région et du monde. Il m’accuse de brandir un faux nationalisme, d’être anti-américain, anti-mulâtres, anti-blancs. C’est vraiment mal me connaître. En fait, il ne me connaît pas, parce que je ne fais pas de bruit et n’en ai jamais fait comme le font les tonneaux vides.
Mon parcours et mes actions peuvent témoigner de l’homme que je suis.
M.Jean Rico Louis, semble-t-il, a répondu à mon texte en créole par un long brouillon, décousu et incohérent pamphlet dans lequel il me pointe du doigt comme l’ennemi des États-Unis, un démagogue pour avoir dénoncé sa platitude et ses conseils de chiens couchants aux compatriotes haïtiens sous prétexte d’un réalisme béat. Si vous êtes si réaliste et connaissez si bien l’histoire tumultueuse de notre pays et ses relations avec le géant de l’Amérique du nord, vous n’auriez pas écrit toutes ces foutaises qui font de vous la honte des Jérémiens.
Jean Rico Louis, vous vantez les réalisations des USA en Haïti en 19 ans d’occupation, mais dites aussi leurs méfaits: travaux forcés, exécutions, meutres et autres crimes dont Marche à terre, Hinche et ceux perpétrés contre les paysans cacos munis de machettes et de fusils rouillés sur lesquels les marines tiraient à la mitrailleuse automatique, avec des tanks et l’aviation dans les mornes du nord du pays, sans oublier les crimes financiers. Pour vous, ce sont des jérémiades anti-américaines de passéistes ressassées ad nauseum comme l’histoire de nos hérauts et héros.
Pour vous, il est normal et acceptable qu’un pays / quel qu’il soit / ait le droit “divin” d’intervenir où bon lui semble et quand il veut parce qu’il n’aime pas la politique et les dirigeants que ses habitants ont placés au timon des affaires à moins qu’il les ait choisis et installés lui-même au pouvoir.
C’est normal et acceptable qu’une puissance, en deux-cents quarante-trois d’existence, puisse intervenir militairement plus de 70 fois dans les pays de son voisinage immédiat qu’il considère comme son arrière-cour… Ce n’est pas une invention des historiens. Ce n’est pas de la haine contre cette nation dont on reconnaît le génie, la capacité d’invention avec toutes ses découvertes dans presque tous les domaines et champs d’activité.
Maintenant vous tombez dans la délation en vous érigeant en indicateur d’anti-américains et de faux nationalistes.
Je suis Haïtien, Mr. Marcel Salnave, et ne suis ni anti-mulâtres, anti-clairs qui, aux yeux de nos tuteurs, sont aussi nègres que Rico, vous et moi. Allez lire, comment ils traitaient les clairs de chez nous pendant l’occupation.
Enfin, si vous deviez m’accoler une épithète, je souhaite que ce soit (qu’elle soit) celle de patriote. Je ne suis d’aucun autre clan, d’aucune confession et d’aucun parti, sauf de celui d’Haïti, mon “shit hole”.
MARCEL:  Monsieur Jean-Baptiste, vous affirmez que vous n’êtes d’aucun parti politique, je vous le concède, pourtant votre discours, à ce que je constate, n’est pas bien différent de celui de bon nombre de nos politiciens Cet anti-américanisme, puisque c’est de cela qu’il s’agit, que vous affichez avec tant d’aigreur, ne le retrouvons-nous pas chez tous nos chefs d’Etats qui sont passés au pouvoir.? C’est dommage que vous ne fassiez pas de la politique active, car vous avez tout l’air d’un chef ; il vous suffirait de réunir quelques individus, sous vos ordres, pour régler de façon définitive, le sort de ce « troupeau, cet amas confus d’individus » que Price-Mars nomme peuple. Le peuple certes est illettré mais il témoigne d’une grande rectitude de jugement et de vivacité d’esprit qui lui permettent de choisir ses leaders.
Venons-en aux Américains. Vous parlez de l’Amérique comme si c’est la seule Grande Puissance qui ne soit jamais intervenue dans les affaires d’Haïti. C’est mal connaître l’histoire de notre Pays. Il y a eu la période avant 1915. Ecoutez comment un contemporain de l’époque décrit cette période :
« En 1914, nous n’avions aucune expérience de ces graves problèmes économiques dont nous semblions, d’ailleurs, mesurer à peine l’importance. Que nous importaient alors l’instruction publique, l’hygiène, le mieux-être, en un mot, de la masse? Le pays allait comme il pouvait. Quand il n’y avait plus un centime dans la caisse publique pour payer leur solde aux militaires, le gouvernement perdait pied et un autre lui succédait aux affaires, ainsi de suite ».
« Aucun organisme bancaire, la douane, n’existait encore, pouvant permettre de lutter, dans une certaine mesure, contre la crise financière, tout au moins. Les appointements des employés publics n’étaient pas toujours payés. Quant à notre économie, elle s’était depuis longtemps effondrée et la barque allait véritablement à la dérive ».
Je voudrais que vous me répondiez, honnêtement, de qui nous avons hérité ce system? Quelle puissance a introduit le préjugé de couleur en Haïti ? Quelle puissance l’a pérennisé et a continué d’empêcher au pays de prendre pied ? Quelle puissance nous a infiltrés de ces agents, pour reconquérir sa place d’avant les hostilités de la première et de la deuxième guerre?
C’est J.B Cinéas qui disait : « 1915, au même rang que 1804, la date la plus décisive de notre existence de peuple ?…»
JACQUES:   à Marcel: Non, M. Salnave, je ne ressemble à aucun leader politique passé, mais si je devais ressembler à quelques leaders ce serait à Lysius Salomon JEUNE et à Florvil Hyppolite. Je ne sais d’où sortez-vous mon anti-américanisme, où le voyez-vous? Ah ! exposer l’ingérence éhontée des différents gouvernements qui se sont succédé à la tête de ce pays c’est de l’antiaméricanisme…primaire, alors, si c’est cela votre lecture vous êtes à ranger dans le cas de ceux qui lisent mal et ont mal appris l’histoire d’Haïti et ses relations avec les trois principales puissances du 19e siècle: La France, Les Etats-Unis, l’Allemagne ET DANS UNE MOINDRE MESURE L’ANGLETERRE ET L’ESPAGNE QUI SE SONT TOUTES ENTENDUES POUR METTRE EN QUARANTAINE LA JEUNE NATION NÈGRE ET l’étouffer. Vous dites que c’est dommage que je ne sois d’aucun parti car j’ai “tout l’air d’un chef ; il vous suffirait de réunir quelques individus, sous vos ordres, pour régler de façon définitive, le sort de ce « troupeau, cet amas confus d’individus » que Price-Mars nomme peuple. Je vois que vous avez le même réflexe que votre arrière aïeul, un nommé général Sylvain Salnave, qui prit les armes en 1864-1865 dans le nord du pays avec le concours de quelques aventuriers Dominicains afin de renverser le président FABRE GEFFRARD qui pourtant avait soutenu l’indépendance de la république voisine face à l’Espagne. Ce fut le coup de pied de l’âne du président Dominicain à son homologue Haïtien juste quelque temps après un premier incident –un accrochage–avec l’empire espagnol lors de l’incident du Rubalcava. Cette prise d’armes du COMMANDANT Sylvain Salnave–le chef à qui je ressemblerais probablement– à Ounaminthe en mai 1865 donna naissance à une nouvelle forme de cacoïsme jusque-là inconnu dans notre pays.ROGER GAILLARD, l’historien des Blancs débarquent, lui a trouvé un joli nom: le Cacoïsme bourgeois (pas d’antimulatrisme chez moi) et occasionna l’entrée en action du navire de la marine de guerre de sa majesté le roi d’Angleterre, GEORGE V en soutien du président Geffrad. Mais revenons au coup de force de S. Salnave. L’acte mercenaire de ce général eut de graves conséquences pour la population civile capoise et sur la ville du Cap-Haïtien elle-même occupée depuis six mois par les cacos de votre ancêtre, quand le navire anglais le Bulldog attaqua le bateau La PROVIDENCE–navire des insurgés– qui avait tenté d’arraisonner Le Jamaica PACKET, un steamer jamaïcain qui acheminait des armes et des munitions aux forces gouvernementales dépêchées sur les lieux par le président F. G pour mettre fin au siège de la cité Christophienne. Vous connaissez la suite, le navire anglais ouvrit le feu sur les fortifications de la ville du CAP qui ripostèrent et endommagèrent le Bulldog. Le commandant WAKE du navire de guerre américain De Soto présent dans la zone le fit sauter et Salnave et ses alliés furent repêchés à bord par le commandant de bord américain. Vous voyez, M.Salnave, chaque petit nègre haïtien, chaque révolutionnaire aux petits pieds d’Haïti à son “blanc”, n’est-ce-pas… Vous me répondrez, probablement, que je n’ai pas encore trouvé le mien. Sachez que je n’ai aucun blanc: ni Allemand, ni Américain, ni Anglais, ni Français. Je n’évoquerai pas ici l’action des ALLEMANDS ni celles des Francais. Ce n’est pas d’un cours d’histoire d’Haïti qu’il s’agit ici, mais plutôt de démontrer comment les grands amis d’Haïti ont agi par le passé et continuent d’agir avec cette petite nation nègre. EXPOSER ces incidents graves qui nous ont coûté sang et argent, et plus encore notre souveraineté et notre développement n’est pas de l’anti-X ou de l’anti-Y. Il s’agit plutôt (pour moi tout au moins) d’être lucides dans nos choix; en d’autres termes d’être datés et situés; ce qui pour moi veut dire–d’être conscients d’une chose:que nous n’avons pas d’amis mais simplement des alliés occasionnels, selon les circonstances et les intérêts du moment des uns et des autres. Je reviendrai dans un autre post sur la période de 1915.
JACQUES:   Deba sa a twò enpòtan; mwen kwè mwen dwe envite Georges ak Bernard  ladan petèt ya va di kilès nan nou twa ki nan diskisyon an ki istorikman rasyonèl e patriyotikman rezonab nan priz pozisyon li. Delatè yo–comme au temps des Duvalier (yon lòt pwodui Étazini menm jan ak chit Estime nou ap selebre a)–na p rele m anti-ameriken. Pa fatige n, FBI ak CIA konnen m deja. Nou pa bezwen denonse m kòm rejiman dan zòrèy.🤣
GUY GUY:  Jacques Une bonne idée.Nous en profiterions certainement si nous pouvions porter ces spécialistes en la matière à exposer leurs points -vue sur ce sujet d’une actualité cuisante.
RICO:  Jacques, j’imagine que Georges et Bernard sont assez homme et adulte pour savoir quand intervenir dans un débat sans se faire supplier. Ne vous bercez point d’illusion …les hommes intelligents et responsables ne prennent jamais partie dans des débats steriles lesquels, d’ailleurs , ne mènent nulle part. Plus j’apprends à vous connaître plus vous me laissez l’impression d’être un personnage intolérant et autoritaire, à l’instar de ce François Duvalier que nous condamnons tous. Vous cherchez à mettre Mr Salnave sur la défensive en vous attaquant à son ancêtre , l’ex-président Salnave, en ramenant dans l’actualité cette éternelle hostilité entre noiristes et mulatres. Hélas…je ne vois en vous rien dans vos insinuations malfaisantes qui puisse m’empêcher de croire que vous n’êtes pas un autre Duvalier. En d’autres termes….un politicien non déclaré plein de haine et revanchard! Faites preuve au moins de retenue ou de modération dans vos commentaires. Parfois j’ai l’ impression que vous succombez à votre rhétorique. Personne ne se laissera convaincre par vos récriminations. C’est la force de vos arguments véhiculés avec intelligence et modestie qui va séduire l’audience et non vos jérémiades éternelles. J’ai noté également que vous lancez des flèches empoisonnées par ricochet contre tous ceux qui osent rendre un hommage bien mérité au grand Dumarsais Estimé! Me suis je trompé? Eh bien Jacques…laissez moi vous dire que Dumarsais Estimé n’a que faire de l’appréciation d’un Jacques Jean-Baptiste pour mériter sa place dans l’histoire. Jérémien d’origine….je peux vous dire que Dumarsais Estimé est l’idole des Jérémiens, parce que ce leader avait prouvé au delà de tout doute, qu’il était un grand patriote au service de son pays. S’il n’était pas bon pour Haïti, il ne serait pas autant détesté par le chacal dominicain Troullijot( excusez l’orthographe). IL n’a pas eu la faveur des Américains non plus, parce ce ces derniers le croyaient communiste. Par contre,nul de ses successeurs n’a osé le critiquer ou questionner son patriotisme. L’homme est respecté. Comment ne pas reconnaître le patriotisme de ces grands chefs d’État ,tels Dumarsais Estimé , Lusius Félicité Salomon jeune, Antoine Simon et tant d’autres. Jacques….quand on analyse les faits historiques , on doit en tout temps faire preuve d’ objectivité si l’on veut être crédible. Je suis un fervent critique de François Duvalier en raison de son obscurantisme et de sa cruauté, mais pour rien au monde je ne suis pas prêt à dire que François Duvalier n’avait pas à coeur de changer les conditions de vie des masses. En outre, si je déteste le duvalierrisme comme doctrine réactionnaire en matière de gouvernement; pourtant je ne serais pas prêt à persécuter les Duvalieristes en raison de leur soutien ou loyauté à Duvalier. De nature, je suis un centriste. Ma philosophie de la politique…est que tout le monde peut avoir raison ou tort de temps en temps. Personne n’a le monopole de la vérité! La tolérance est la meilleure approche. Vous faites mention de la CIA et du FBI, à savoir qu’ils vous ont déjà à l’oeil en raison de votre nationalisme.Me suis je trompé? Jacques….je ne suis pas plus pro ou Anti Américains que personne. Permettez moi de vous dire que les Américains ne sont pas intéressés à votre personne ni à votre sentiment vis à vis d’eux. Savez vous pourquoi? Un lion n’est jamais intimidé par une souris! Les Américains disent à nos dirigeants quoi faire! ILs sont depuis 1945 les maîtres du grand jeu à l’échelle mondiale. Qu’on les aime ou qu’on les deteste…C’est le cadet de leur souci. Ils sont là pour rester tant et aussi longtemps que Dieu ne dise : Assez c’est Assez! iLs vont disparaître de la scène à un moment donné comme tous les empires qui les ont précédés. C’est une loi de la nature, à savoir que rien n’est éternel. Cela dit ni vos sentiments anti ou mes sentiments pro ne vont rien changer face à leur comportement vis à vis le reste du monde! C’est un empire qui est là pour défendre ses intérêts comme tous les autres empires qui les ont précédés!
Si vous aviez la chance de devenir président d’Haïti…peut être qu’ils commenceraient à vous surveiller pour s’assurer que vous ne deveniez président de notre pays. Ne vous donnez pas autant d’importance Jacques! Cela dit…laissez moi vous parler un peu de mon parcours dans la vie avant que vous ne cédiez à la tentation de me prendre ou soupçonner d’être agent de la CIA, en raison de mes approches réalistes face à la puissance Américaine. J’ai travaillé pendant sept ans pour ED’H, 18 ans pour Travaux publics Canada, et depuis 2004 à date pour le conseil national de recherches du Canada , comme Superviseur. Je suis un ” Power Enginneer”, Ma profession s’ occupe d’opération, d’entretien et de gestion des centrales de production d’énergie de toutes sortes jusqu’au nucléaire! Voyez vous Jaques…..je n’ai jamais travailler aux États-Unis. Je n’en ai nul besoin. Je suis heureux au Canada! Et soyez en rassuré…je ne suis pas de ceux qui vendraient Haïti pour une bouchée de pain aux Américains! Par contre , je reconnais qu’ils sont pour l’instant la puissance dominante du monde. À date…j’aime ce que je fais et le Canada m’a donné une chance dans la vie pour développer et atteindre mon plein potentiel. Jacques….je ne vous blâme pas pour vos sentiments Anti-Américains.Peut être que vous avez raison! Mais de grace cher compatriote…..arrêtez votre manie de croire que vous êtes plus patriote que personne parce que on ne partage point votre sentiment vis à vis des Américains. Généralement l’homme Haïtien aime son pays. Mais c’est le dégoût qu’inspirent nos politiciens qui pousse plus d’un à les condamner sans appel et de les traiter de ” faux nationalistes “. Je ne vous considère pas comme un faux nationaliste. Probablement un nationaliste contrarié!
François Duvalier prétendait qu’il était ” le drapeau haïtien un et indivisible “. Hélas…..y avait il un chef d’État aussi funeste pour l’avenir de ce pays que cet homme? Pour terminer….laissez moi vous dire, une fois de plus Jacques ,que si vous voulez connaître un individu , ” observez plus ce qu’il fait que ce qu’il dit “!1
MARCEL:  “Le 22 décembre 1867, un frisson d’inquiétude, un malaise collectif bouleversait le Cap. Que se passait-il ? Une fois de plus, la ville était menacée d’une soudaine invasion ennemie.
Dans une atmosphère saturée de passions et de colère, on s’était trouvé en face du plus étrange et du plus saisissant des renversements de situations militaires et politiques.
Nord Alexis qui, le 20 octobre 1865, avait formé avec Salnave et Seïde Télémaque, l’intrépide trio, sans peur et sans alarme, dont les canons placés sur les antiques remparts du Cap ripostaient à ciel ouvert aux bombardements du « Bull-Dog » immobilisé sur les récifs de la rade, Nord Alexis qui, huit mois plus tard, nanti de l’absolue confiance de Salnave, avait été placé par celui-ci au commandement du Département du Nord, au moment où le condottière revenu d’exil, après le départ de Geffrard, s’apprêtait à lever la marche sur Port-au-Prince, Nord Alexis, enfin, expressément délégué par Salnave pour aller combattre les cacos du Nord-Est, venait brusquement de changer son fusil d’épaule et s’était retourné contre Salnave au grand scandale de ses anciens coreligionnaires. Alors, sans perte de temps, il s’était mis à la tête d’une colonne d’insurgés et s’était présenté devant la ville du Cap pour reprendre le siège de son ancienne résidence au nom de ses nouveaux amis politiques.
Tel était le problème posé devant l’anxiété des Capois démunis d’armes et de munitions. Tel était le nouvel aspect de la guerre civile dont l’acuité locale avait soulevé l’indignation de la ville tout entière. Il fallait coûte que coûte, une fois de plus, se défendre contre l’invasion de l’ennemi quelque étiquette qu’il arborât et quelque fut le prestige du chef dont il se réclamât. Alors, la jeunesse insoucieuse du danger et prompte à l’action, se leva comme un seul homme contre l’adversaire. Un leader inattendu en prit le commandement. Ce fut Anténor Firmin. Droit comme l’épée, impétueux comme l’ouragan, il jeta en trombe sa jeune troupe sur la phalange ennemie. Le canon de l’adversaire faucha bon nombre de ces vaillants combattants. Anténor Firmin commanda de courir sus aux artilleurs. Rapide comme l’éclair, la jeune troupe se rua sur les bombardiers et enleva aux assaillants la plus redoutable de leurs armes offensives. Ceux-ci surpris, décontenancés, désemparés s’enfuirent en débandade en livrant leur unique canon au jeune audacieux. Ainsi fiers de leurs succès, les défenseurs improvisés du Cap hissèrent Anténor Firmin sur l’affût de la pièce d’artillerie brillamment enlevée à l’ennemi et promenèrent le héros et son trophée à travers la ville aux applaudissements de la foule.
Anténor Firmin avait 17 ans à ce moment là.
Mais le fait le plus extraordinaire, le plus émouvant, le plus étonnant du choc des deux troupes ennemies, ce fut moins la déroute des envahisseurs que la rencontre fortuite des deux chefs qui en eurent le commandement.
L’un – Nord Alexis – rompu à ce genre d’activités, en avait acquis une expérience fortifiée par autant de revers que de succès.
L’autre – Anténor Firmin – chef accidentel, improvisé, y avait été entrainé par la complicité des hasards et la conjonction des circonstances, indépendantes de sa volonté.
Cependant, l’un et l’autre, sans le savoir et encore plus, sans le vouloir, avaient été amenés à se mesurer pour la première fois sur le terrain tourmenté des destinées de ce pays.
Firmin gagna la première manche sans se douter qu’il avait mis en fuite l’homme qui, un jour, l’empêcherait de réaliser sa suprême ambition de contribuer au salut de son pays.
Au fait, en ces deux hommes gisait un saisissant symbole. L’un n’était encore qu’un éphèbe en qui croissait la lente germination d’un destin de grandeur et d’immolation en offrande à la rédemption de sa race et de son pays, l’autre, soldat endurci par les avatars de maints champs de bataille, mûrissait déjà l’ambition d’accéder au pouvoir suprême n’importe quand, n’importe comment.
L’un nourrissait son cerveau et son cœur de toute la substance virile de la pensée antique pour en faire un bouclier contre l’assaut des mauvais instincts et des basses impulsion, l’autre, pour réaliser ses desseins de domination, empruntait la voie tortueuse des coups de mains, des manœuvres et des complots, cette route parsemée de tombeaux et de rapines où trébuchent depuis plus de cent ans tous les espoirs, toutes les tentatives des hommes de bonne volonté vers un redressement de ce pays.
En ces deux hommes s’affrontaient deux forces, en eux s’était dressée l’opposition de deux tendances hostiles entre lesquelles oscille la nation haïtienne depuis ses origines jusqu’à nos jours.
L’un représentait l’esprit de progrès en gestation de réformes et de transformations de la matière sociale et politique.
L’autre incarnait le militarisme désuet, enténébré de convoitises.
Après leur choc, ils reprirent leur chemin respectif, chacun à sa manière. Nord Alexis alla vers le camp général des cacos pour corser sa manœuvre de volte-face.
Firmin retourna à ses livres. Tout simplement.
Le fatum implacable avait déjà tissé l’orbe des évènements futurs…Dr Jean-Price Mars”(Extrait de “Joseph Auguste Anténor Firmin: Un symbole haïtien et universel! |…|in “Mondialisation – Centre de Recherche sur la Mondialisation”)
GUY GUY: J’ai pu repérer les commentaires que j’avais effacés par inadvertance. Merci pour votre compréhension et participation à ce débat portant sur un événement d’une grande importance historique.
MARCEL:  à Jacques:”Ainsi donc, vous êtes Hypolytiste, Salomoniste, tous deux, des hommes à Salnave. Il ne suffit pas M. Jean-Baptiste, d’être lucide, il vous faut aussi être consistant dans ce que vous avancez, car comment être Salomoniste et faire l’apologie du régime de Geffrard. Votre approche de l’histoire me fait l’effet d’un récit bien monté qui masque l’essentiel de la réalité historique.
Bombardé la population civile d’une ville pour le compte d’un gouvernement, et la couper de toutes ses ressources, vous paraît la chose la plus normale du monde. Ce serait selon vous, la manière de l’Angleterre de manifester sa neutralité. Et Salnave acculé jusqu’à prendre refuge sur un navire de guerre américain ne vous laisse même pas présager de la nature du conflit.
De Dessalines à Soulouque l’élément étranger demeure, dans une certaine mesure, en dehors des affaires politique du pays. Il est étranger et est regardé comme tel dans le pays. C’est à partir de Geffrard que s’opère une véritable pénétration de l’étranger en Haïti. « On croyait, nous rapporte Marcelin, que Geffrard voulait vendre le pays au blancs. »
Quand Salnave prend le pouvoir en 1867 son plus grand adversaire, se retrouve en la personne de Spenser St-John, le même qui s’appuyant sur la marine de guerre de l’Angleterre avait bombardé ses positions lors de son insurrection contre Geffrard.
Il était normal que Salnave recherchât l’appui des Etats-Unis qui étaient à l’époque une puissance montante.
Lequel de nos politiciens, s’entourant toujours de mystère, ce qui est un trait propre de l’haïtien, à l’exception, bien sûr, de vous, puisque vous dites que vous êtes apolitique, n’a eu à solliciter l’aide d’une puissance étrangère ?
Salomon, que vous affectionnez tellement, pour son nationalisme, eut à faire des propositions aux Américains au sujet de la session de la Baie et du Môle St. Nicolas. Cela ne se retrouve pas dans votre grand livre.
Les conditions étaient les suivantes :
  1. Garantie de l’autonomie et de l’indépendance de la République d’Haïti.
  2. Paiement à la République d’Haïti de la somme qui servira à éteindre sa dette publique.
  3. Remise au gouvernement de deux croiseurs et de deux canonnières.
  4. Prêter ses bons offices, si c’est nécessaire, pour le règlement des différends à propos de questions diplomatiques ou internationales qui pourraient s’élever entre la République d’Haïti et les puissances étrangères.
Si la péninsule et la baie ne peuvent pas être utilisées aux fins prévues, un accord pourrait être proposé pour une cession de l’île de la Tortue. Il est entendu que ces propositions sont sujettes à être modifiées par un agent qui serait envoyé à Port-au-Prince à cet effet. 
1) Haïti, Despatches, XVII, Lanston à Frelinghuysen, le 20 Mai 1883.
Price Hannibal. Cours de droit administratif, 18.
Après quelques discussions, l’offre de Salomon fut rejetée, non pas parce qu’elle se heurtait à la politique d’extension territoriale américaine, mais du fait que son acceptation obligerait la marine américaine à utiliser plus de forces navales qu’elle n’en disposait.
Le Dr. Price Mars, opinant sur cette tranche d’histoire dira :
« Nous nous empressons d’ajouter tout de suite que son initiative (l’initiative de Salomon) n’a rien de parallèle à la frénésie annexionniste que nous avons constaté chez certains leaders dominicains qui furent d’abord des hommes d’affaires. Elle ne peut même pas être comparée à l’insistance dangereuse et insolite de Salnave. Elle n’en fut pas moins aventureuse et eût pu aboutir à des conséquences dont sa mémoire eut été à jamais flétrie. C’est pourquoi nous la condamnons en toute objectivité »
2) La République d’Haïti II, 305.
Que c’est bien dit !”
JACQUES:   Apologie de Geffrard, c’est ce que vous décelez alors que je ne fais que vous montrer que votre aïeul avait ses blancs tout comme Geffrard. Too bad!

FIGNOLÉ:  L’etablissement americaine n’a pas besoin des haitiens comme amis. Il le veut comme des serviteurs, des servantes a tout faire, ou pour les ressources de notre territoires.. Il en est de meme pour tous les autres peuple non anglo-sacon et tous les territoires que les americains ont conquis, comme les Philippines, Guam, Cuba, Porto-Rico, l’Irak, l’Afghanistan, la Republique Dominicaine. Si l’on s’avise a lever la tete pour contester leurs droits divins, il vous faucheront comme ils l’ont fait des Buffalo de l’Amerique.

Une opinion émise est souvent le fruit d’une expérience individuelle ou collective. Affirmer que « Les Américains ne sont pas nos ennemis. Ils sont notre allié naturel quoique disent les anti-américains de chez nous et ailleurs dans le monde. Ils sont intervenus dans notre pays en deux occasions et ils n’ont pas tué notre peuple, sauf ceux qui les ont toujours perçus comme des envahisseurs et des exploiteurs. Bien au contraire…la première fois qu’ils sont venus, c’était pour nous empêcher de nous entretuer… » Est non seulement en contradiction avec les faits et documents de l’époque et les analyses subséquentes jusqu’à l’époque contemporaine, mais représente une approche non ancrée dans sans aucun fondement.

De quoi parle-t-on exactement ? D’histoire ou d’ablutions ? Depuis quand les envahisseurs militaires d’une nation souveraine ne sont-ils pas considérés comme des ennemis ? L’invasion militaire américaine de 1915 a fait des milliers de morts tant parmi les Haïtiens que les soldats Américains. C’était la guerre et le nom conventionnel pour les partis opposés dans une confrontation militaire est « ennemi ». En 1994, il s’agissait également d’une invasion militaire à grande échelle qui a fait des morts parmi les Haïtiens. Dans leurs rapports militaires, les militaires américains se référaient régulièrement des combattants Haïtiens en tant que « ennemis ».

Jean-Louis Rico a bien vite fait de régresser en disant qu’il n’est pas historien pas et qu’il n’a pas la prétention de faire un cours d’histoire à personne en ce qui a trait à l’intention réelle des Américains. Mais il ne peut pas se dérober du fait qu’il peut lire et que des tonnes documents, dont des actes officiels, des rapports militaires et administratifs, des volumes d’enquêtes ont clairement décrit les comportements des américains en Haïti. L’un d’eux est une compilation d’un ensemble d’investigation du congrès américain sur l’occupation d’Haïti et de Santo Domingo.

Ce rapport a démontré d’emblée que l’invasion et l’occupation subséquente d’Haïti par les Américains en 1915 n’avait rien à voir avec les convulsions qui agitaient la société Haïtienne à l’époque. Elle faisait partie d’un plan impérial qui était l’étape naturelle après la mainmise des Etats-Unis sur ce qui restait de l’empire espagnol. Cette entreprise fut menée par les banquiers américains, principalement par la City Bank of New York en la personne de son représentant, un certain Mr. Farham. Le tout a été assaisonné de la sauce du révérend Perry, un pasteur évangélique envoyé pour apportait le suppositoire religieux que l’occupation administrait aux Haïtiens.

Cependant, pour Jean Louis Rico, un homme qui affirme sans ambages qu’il n’est pas historien, nous ne savons pas à quel point l’ignorance peut accommoder sa déclaration. Mais nous pouvons lui allouer assez d’espace dans l’univers social pour abriter sa perception que les américains ne sont pas les ennemis des haïtiens. En effet, même entre nations, les conflits sont rarement totaux. Ils sont souvent sectoriels. Par exemple, durant l’occupation américaine d’Haiti dee 1915-44, la Garde d’Haiti, formée par les américains, combattait aux côtés des américains contre les cacos haitiens. Le terme plus moderne “combattant ennemi” semblerait s’adapter mieux au contexte des guerres coloniales.

Mais il ne peut pas nier que les combattants américains et les combattants haïtiens sont des ennemis. De 1915 à 1918, il y eut une période d’extrême violence durant la campagne de « bandit suppression » conduit par les américains et leurs alliés dans les campagnes Haïtienne. L’occupation Haïtienne de 1915 à 1934 était menée par les militaires américains sous le commandement suprême du « High commissionner » et chef de l’occupation, John B. Russell. Cet homme disait avec mépris et exaspération à qui voulait l’entendre que « l’adulte haïtien moyen ne dépassait pas l’âge mental d’un enfant de sept (7) ans ». On pourrait attribuer ce discours dérogatoire à l’exaspération d’un individu qui se trouvait plongé dans une culture étrangère sous un climat chaud. Mais cette attitude se retrouvait chez les officiers et soldats américains qui exprimaient leur haine dans leurs correspondance en se référant aux haïtiens comme des « damned liars ,» « grasping niggers, » and misérable cockroaches .» Il les considérait comme moins que des humains, pas des paroles et des sevices physiques horribles, des actes vils pas exactement amicales.

 

JACQUES:   Fignolé, tu ne devrais pas exposer ces faits. Tu es bien un “anti-Américain”, mon ami. 😉

JACQUES:   “Bien qu’à une faible distance des Etats-Unis, Haïti est pourtant peu connue en ce pays où le plus souvent l’on n’a d’autre source de renseignements que les livres écrits en anglais par des voyageurs ou des auteurs peu scrupuleux. Des erreurs et des préjugés se sont ainsi enracinés dans l’esprit de beaucoup d’Américains qui ont fini par penser que mes compatriotes s’adonnaient à toutes sortes de grossières superstitions et retournaient à la barbarie au lieu de progresser. Cette opinion sévère est fondée sur des calomnies que chacun répète sans prendre la peine de contrôler les faits.

Pour pouvoir avec impartialité juger un peuple il faut connaître ses origines, ses mœurs; il faut le suivre dans son évolution, et même se rendre compte des conditions telluriques et climatologiques qui ont certes leur part d’influence dans les transformations successives que subit un Etat. Un étranger qui ne passe que quelques mois dans un pays dont il avait vaguement entendu parler auparavant ne peut avoir de suffisants éléments d’information pour se prononcer en connaissance de cause. Il est donc exposé ou à répéter les racontages qu’il entend débiter autour de lui ou à laisser libre cours à son imagination. Ignorance ou mauvaise foi, telle est le plus souvent la caractéristique de tous ceux qui se hâtent de parler d’une nation dont ils n’ont pas pris la peine d’étudier l’histoire et le tempérament.

En écrivant en anglais le livre que j’offre aujourd’hui au public, je ne bute qu’à mettre les Américains en mesure de se former par eux-mêmes un jugement impartial sur Haïti. J’ai, en conséquence, divisé l’ouvrage en deux parties. Dans la première il y a toute l’histoire de l’ile depuis ses premiers habitants jusqu’au procès de la Consolidation. Je n’ai pas hésité à dévoiler les horreurs qui ont souillé son sol; j’ai également fait connaître les diverses péripéties de la lutte farouche soutenue par son peuple pour arriver d’abord à la liberté et ensuite à l’indépendance.

Dans la seconde partie je donne un aperçu du climat et de l’organisation générale du pays; j’expose les coutumes, les mœurs des habitants, leurs efforts incessants vers un meilleur lendemain. J’en ai profité pour réfuter quelques-unes des calomnies dont ils ont été l’objet.

En parlant de l’esclavage et de la guerre de l’indépendance il m’a fallu rappeler les cruautés commises par les Français. Je me plais cependant à espérer que personne ne m’accusera de vouloir réveiller la moindre rancune contre la France. Les Haïtiens aiment sincèrement ce pays auquel ils confient, en général, l’éducation de leurs enfants. Dans les livres, dans les brochures, dans les articles de journaux consacrés à Haïti, l’on a pris l’habitude de parler de Dessalines et des soldats de la guerre de l’indépendance haïtienne comme de monstres à qui tout sentiment humain était inconnu; mais l’on passe volontiers sous silence les crimes de Rochambeau et des colons français. Qu’on lise sans parti-pris l’histoire d’Haïti et l’on verra si les représailles exercées par les Haïtiens n’avaient pas été provoquées par les barbares traitements qu’on leur avait infligés. Les faits se chargeront de démontrer l’injustice des accusations portées contre mes compatriotes qui n’ont reculé devant aucun sacrifice pour se créer une Patrie et pour abolir à jamais la honteuse institution de l’esclavage. Les Haïtiens revendiquent avec fierté l’honneur d’avoir été les premiers à mettre fin au triste système de l’exploitation de l’homme par l’homme. Les colères qu’ils ont encourues, le mauvais vouloir qu’ils ont rencontré, n’ont eu le plus souvent d’autre cause que la rancune des esclavagistes jointe au dépit des colons ou de leurs descendants pour lesquels Saint-Domingue avait cessé d’être une source de richesses bien ou mal acquises.” (1906).(Jacques Nicolas Léger in “Haïti: son histoire et ses détracteurs”)

 

JACQUES:   “Si jamais Haïtiens, vous perdez votre nationalité, ce dont Dieu vous garde), vous n’aurez pas chez vous le droit de parler en hommes. Vous serez réduits à baisser la tête devant l’étranger. Et comme, au souvenir de votre histoire, on sera toujours dans la crainte d’un soulèvement de votre part, vous serez maintenus dans une sujétion tout aussi dure que l’esclavage… Demesvar Delorme (1873)”.

JACQUES:   Pour mettre fin au voye-monte des historieux délateurs qui décochent des flèches et utilisent des mots injurieux à l’endroit de ceux qui ne partagent leurs recommandations serviles et leur vision de ce que doivent être les rapports entre notre pays et les États-Unis et nous accusent, du même coup, de “déroger’ aux règles de civilité qui régissent tout débat contradictoire et de manier les invectives…

*Solidarité Noire et pragmatisme: la NAACP et l’occupation américaine d’Haïti (1915-1922)in http://www.revuelemanuscrit.uqam.ca/…/88 solidarite…

MARCEL:  En guise de conclusion, dans les prochaines joutes électorales qui s’annoncent, réunissons-nous tous autour des deux plus grands leaders nationalistes des temps modernes, je veux parler de François Duvalier, pour avoir su tenir tête à Washington, et Jean-Bertrand Aristide qui a eu le courage de réclamer de la France la double dette de l’Indépendance. Si vous trouvez Messieurs une alternative crédible, à ces deux-là, un candidat capable de régler une fois pour toute la question de la souveraineté nationale, n’hésiter pas à me faire parvenir son dossier de candidature.
RICO:  à Jacques:”Jacques…. dommage que vous vivez dans le passé. Depuis longtemps déjà nous avons perdu notre souveraineté. La preuve est que les Américains peuvent venir chez nous sans permission arrêter n’importe qui arbitrairement et selon leurs caprices. Excusez mon réalisme si je ne peux vous suivre dans votre orgueil à faire la promotion d’un nationalisme au rabais. Nous ne sommes pas les hommes de 1804! Nous ne sommes que des batards! Malgré tout je ne déteste pas ceux qui font de la résistance passive face à cette puissance hégémonique qui veut forcer tout le monde a ramper ou de mettre à genoux à leur pied. Le patriote intelligent…c’est celui qui choisit ses batailles et qui lutte avec intelligence. IL n’a pas l’instinct suicidaire!”
RICO:  à Marcel “….Vous avez vous choisi l’ironie pour exprimer vos sentiments face aux nationalistes trompeurs? Savez vous une chose Marcel….les faux nationalistes chez nous sont des hommes de gauche seulement quand ils ne sont pas au pouvoir. Mais une fois devenu président, ils sont les pires tyrans et ne cessent de faire des courbettes devant les Américains pour sauvegarder leur pouvoir. Dans notre histoire, nous avions eu au moins deux bons leaders qui pouvaient sortir le pays de ses misères. C’étaient Dumarsais Estimé et Paul Eugène Magloire.iLs n’étaient pas parfait, mais ils étaient les meilleurs issus de la révolution de 1946! Malheureusement….ils ont été chassés du pouvoir comme toujours, parce que nous sommes ce peuple incapable d’esprit de continuité. Voilà l’ un de nos plus grands defauts.”

 

MARCEL:  Il relève à Mme Mirlande Manigat de publier les études de feu, son mari, le professeur Lesly Manigat. Ici je n’en donne qu’un extrait de son essai, pour mettre en garde contre toute tendance à la facilité, qui risquerait de compromettre la vérité historique.

**LA SUBSTITUTION DE LA PRÉPONDÉRANCE AMÉRICAINE A LA PRÉPONDÉRANCE FRANÇAISE EN HAÏTI AU DÉBUT DU XXe SIÈCLE : LA CONJONCTURE DE 1910-1911

« Cette étude concerne une phase essentielle de l’histoire des relations internationales d’Haïti, celle qui a vu l’hégémonie américaine se substituer à la prépondérance française au début de notre XXe siècle. Nous en traiterons seulement un moment, mais capital : la bataille de 1909-1911 »
« …Un secteur important de l’opinion haïtienne voyait dans la prépondérance française un rempart contre les convoitises américaines, un autre espérait trouver dans le bouclier américain une parade contre les entreprises allemandes. Un des plus fougueux nationalistes haïtiens de l’époque, le député-ministre Louis Edgard Pouget, sollicitera dans une déposition notariée remise au Département d’Etat américain le 17 décembre 1910, « une action de Washington pour bloquer « la main mise » de l’Allemagne et de la France sur l’avenir d’Haïti et leur projet commun « d’occupation déguisée » du pays » . Quelques dirigeants ont même essayé de privilégier les relations économiques d’Haïti avec les petits pays développés d’Europe pour éviter les pressions brutales en cas de conflit, ce qui faisait dire plaisamment au ministre de France : « ce qui, dans la Belgique séduit les Haïtiens, c’est qu’elle n’a pas de marine de guerre » …

…En 1883, le ministre haïtien des Affaires étrangères disait que c’est seulement à défaut du mariage d’amour avec la France qu’Haïti serait obligé de conclure un mariage de raison avec les États-Unis. Le rôle d’Haïti sera d’autant moins passif que le sentiment national est vif. La susceptibilité nationale à fleur de peau des Haïtiens, confessera le Secrétaire d’Etat Américain Elihu Root, est «la difficulté majeure pour traiter avec Haïti » …

…Il s’agit ensuite d’une substitution de prépondérance : l’influence française détrônée par la puissance américaine. Quand s’est opéré ce passage décisif ? A la faveur de la première guerre mondiale, pourrait-on penser en interrogeant les faits politiques. En effet, c’est en juillet 1915 que, mettant à profit la paralysie de l’Europe du fait des hostilités sur le Vieux Continent, les Etats-Unis prennent occasion des troubles de politique intérieure haïtienne pour occuper militairement Haïti et assurer en fait la prise en charge des affaires du pays pour vingt ans. En réalité, non. C’est avant 1914 que l’essentiel a été fait, que la substitution de prépondérance a été consommée. Les années-clef pour la promotion du nouveau patron ont été ces années de 1909 à 1911 au cours desquelles s’est forgée l’arme décisive de la victoire américaine : l’implantation économique et financière…

…Le passage d’un patron à l’autre semble, enfin, suggérer un jeu à trois au cours duquel a été déplacée sur l’échiquier la plus faible pièce d’une grosse vers l’autre : Haïti passant de l’influence française à la prépondérance américaine. En réalité, les relations n’ont presque jamais été triangulaires. Le plus souvent, en effet, c’est un jeu à quatre avec la présence active et le rôle d’une Allemagne entreprenante. Le paradoxe de cette conjoncture historique est que pour enlever la prépondérance à la France, c’est surtout avec l’Allemagne que les Etats-Unis durent jouer serré. Le Secrétaire d’Etat Lansing ira même jusqu’à écrire que l’attitude de l’Allemagne fut une des principales considérations qui inspirèrent la politique américaine vis-à-vis d’Haïti*. Ceci est confirmé dès 1909 par le ministre résident, chargé d’Affaires à la légation de France en Haïti, dans un rapport au Quai d’Orsay : « Ce ne sont pas les Français, ainsi que beaucoup le pensent, écrit-il, que les Etats-Unis ont trouvé comme adversaire en Haïti, mais les Allemands ». Enfin, il n’est pas sans intérêt de relever que la France et l’Allemagne, alors globalement adversaires en Europe depuis 1870 avec, il est vrai, des moments de détente et même des tentatives de rapprochement font dans cette conjoncture précise de 1909-1911 cause commune ou presque en Haïti face à une Amérique en faveur de laquelle l’Angleterre a déjà renoncé à pratiquer une politique indépendante, du moins en ce qui concerne Haïti. Certes, il n’en a pas toujours été ainsi. En 1871, par exemple, l’Allemagne avait mené contre Haïti une démonstration navale pour punir, a-t-on pu dire un peu vite à Port-au-Prince, mais de façon significative, le gouvernement et le peuple haïtiens d’avoir montré une sympathie à la France lors de la guerre franco-prussienne. Vingt-cinq ans plus tard, c’est tout naturellement vers la France que la Chancellerie haïtienne rechercha un appui contre l’attitude menaçante de l’Allemagne à l’occasion d’un incident à Port-au-Prince, mettant en cause un citoyen allemand résidant en Haïti. Quant à l’Angleterre, la Royal Navy faisait jusqu’en 1884- 1885 de si fréquentes apparitions dans les eaux haïtiennes et intervenait parfois si brutalement dans les affaires intérieures du pays que certains gouvernements nationaux, craignant les visées annexionnistes de la Grande-Bretagne, crurent de bonne politique de se chercher un bouclier dans l’amitié américaine, tant alors la collusion anglo-américaine ne semblait pas encore exister! Mais après 1891 et, en tout cas, dans la conjoncture 1909-1911, l’Angleterre sera en constante consultation avec les Etats-Unis sur les démarches et représentations à faire auprès du gouvernement haïtien, allant parfois jusqu’à solliciter l’accord du Département d’Etat avant de déterminer sa propre position et alignant souvent sa politique sur celle de Washington. Les exemples abondent. C’est l’hostilité commune des Américains et des Anglais vis-à-vis de l’homme d’État haïtien Anténor Firmin, chef de file de l’intellectualité du pays dans ses entreprises pour arracher le pouvoir aux généraux et faire face à la crise par une politique de rénovation nationale définie en termes de modernisation, d’austérité, de rajeunissement des structures économiques et sociales, de nationalisme éclairé et d’un minimum de libéralisme politique dans le cadre d’une méritocratie» à constituer…

 

JACQUES:   Guy Guy, si tu pouvais nous faire l’économie des opinions de Jean Rico Louis, tu rendrais un service énorme à la jeunesse haïtienne. Sans vouloir insulter le grand et superbe matador historien, je crois que Rico, se yon “événement”. Son nom signifie riche, mais il n’est pas riche d’idées, de bonnes idées. Ka misye grav e opinyon li yo se yon reyèl danje. Ce l’est en général des opinions tous les sots savants, comme disait Molière!
FIGNOLÉ:  Mon cher Jacques, je crois qu’il existe assez de materiau disponible pour presenter un cas contre les opinions non ancree dans des fondations historiques. Bien au contraire, c’est une occasion de presenter ces faits Dans le Coin de l’Histoire.
JACQUES:   Mais, cher Fignole, il ne présente aucun fait: il opine et a une opinion-recommandation bien arrêtée pour les anti-américains, anti-blancs et anti-mulâtres aigris: COUCHEZ-VOUS À PLAT-VENTRE ET RAMPEZ DEVANT LES BLANCS, Les AMÉRICAINS parce qu’ils sont les puissants maîtres du monde et l’on n’y peut rien…contre. C’EST la réalité et il est “RÉALISTE”, comme si ceux qui sont nés au siècle dernier ignoraient et sous-estimaient cet état de fait. Voici ce qu’il prêche et il juge sa position recommandable: “les Haïtiens doivent être réalistes et mettre de côté leur discours Anti-American et nationaliste stupides. Ensuite l’opposition et le gouvernement doivent être unis et parler d’une seule voix pour être pris au sérieux par les Américains. Ils sont les maîtres du monde. On ne doit jamais ignorer cette réalité. On peut tout avec les Américains si l’on accepte leur règle du jeu et rien sans eux. Les bavards qui critiquent sans cesse les Américains sous prétexte qu’ils sont les ennemis d’Haiti doivent cesser ce genre de discours négatif et collaborer avec les Américains dans la mesure du possible. Les autres pays vivent avec les Américains et pourquoi pas nous. La Domicanie fait du progrès en dansant le tango avec eux. Pourquoi pas nous. Les Américains sont incontournables. Haïti ne pourra rien tant et aussi longtemps que nous pratiquons ce nationalisme au rabais. Que les Haïtiens le sachent : notre sous sol restera inexploité tant et aussi longtemps que nous demeurerons hostiles aux Américains“.(Jean Rico Louis)
HUGUES:  Rico a sa version des faits. En voici une autre de faits probablement déjà énoncés dans tout ce qui a été dit ici à ce sujet:
“… HAITI. U.S. air power in Haiti in 1919 witnessed the first known use of U.S. aerial bombings of civilians and the utilization of aircraft in close air-support of ground combat troops.[xviii] U.S. warships were sent into Haitian harbors at least 24 times between 1849 and 1913 to “protect American lives and property,”[xix] landing Marines on at least three of those occasions (1888, 1891, 1914)[xx]. Changes in Haitian leadership in 1915, perceived as a threat to long standing American interests, greatly alarmed U.S. President Woodrow Wilson who quickly sent an initial contingent of 330 U.S. Marines to Port-au-Prince on July 28, which quickly grew to a force of 2,000,[xxi] prodded by U.S. “Americans who were concerned about their investments.”[xxii] Especially troubling to “Americans” was the fact that the Haitian National Assembly refused to ratify a U.S.-crafted constitution that assured U.S. corporations the right to purchase Haitian properties.[xxiii] Within six weeks, representatives from the United States controlled Haitian customs houses and administrative institutions with many more Marines being dispatched over the years.[xxiv]However, this time the U.S. Marine forces remained continuous occupiers for 19 years until 1934, always rationalized “to protect property and preserve order.”[xxv] During the occupation, American troops “murdered, destroyed, reinstituted virtual slavery and demolished the constitutional system,” wrote Noam Chomsky, with estimates of number of Haitians killed ranging from 15,000,[xxvi] to 50,000.[xxvii] Typically possessing a European mindset arrogantly conditioned by “Guns, Germs, and Steel,”[xxviii] the U.S. Marines “successfully” conducted this early counterinsurgency warfare killing thousands while suffering but insignificant casualties of their own – reportedly 26 killed in action and 79 wounded out of a total of several thousand combat troops.[xxix]The United States bombings against Haitian civilian populations occurred as early as 1919 and continued into 1920. Haitian Indigenous armed resistance increased during the period 1919-20, and was met by the first known application of U.S. counterinsurgency doctrine, which was used extensively in Nicaragua ten years later. This doctrine included the conscious policy of terrorizing urban populations from bombings, and was applied against Les Cayes, Haiti’s, Haiti’s third largest city with large casualties.[xxx] Combat aviators flying seven Curtiss HS-2L flying boats and six Curtiss “Jenny” bi-planes with 25-pound bombs loaded into canvas mailbags experimented with “dive-bombing,” releasing the bombs with a tug of rope from about 250-feet during a steep dive of 45 degrees.[xxxi] Pilots freely used these new aerial tactics against the “hostile” civilian communities, as well as against the presence of their armed resisters called cacos under the direction of charismatic Charlemagne Peralte. The U.S. Marines, excitedly using air bombings and strafings to support troops on the ground, killed Peralte and rousted the cacos by March 1920. The Marine Corps reported “hundreds of casualties” in their successful counterinsurgency campaign, bragging about their defeat of local opposition forces.[xxxii]High casualty figures were reported by the New York Times in 1920. A U.S. American present in Haiti reported that “American marines, largely made up of and officered by Southerners, opened fire with machine guns from airplanes upon defenseless Haitian villages, killing men, women and children in the open market places; natives were slain for ‘sport’ by a hoodlum element among these same Southerners…The natives were armed largely with obsolete and useless firearms, some even with scythes, according to Mr. Franck, and it is to this fact rather than to the boasted marksmanship of the marines that he attributes the deaths of 3,000 blacks and of only twelve whites.”[xxxiii] Harry A. Franck was a noted traveler and authority on the West Indies and he had been in Haiti in January 1920 on a tour of the Caribbean for The Century Magazine. He had heard the atrocity stories “from many reliable sources, including sources friendly to the Americans.”[xxxiv] A similar casualty figure was reported in 1920 by the NAACP which had taken on a project to liberate Haitians from U.S. occupation. Their on-site report found “that 3,000 Haitians had been killed by U.S. Marines, torture had been practiced, and rigid censorship imposed, Haitian freedom…had been destroyed by the U.S.”[xxxv] And this was after only the first five years of a 19-year occupation.”
GUY GUY:  Pour éviter toute confusion j’aimerais que notre ami Rico nous dise exactement ce qu’il entend concrètement par ” Anti-Américanisme”. Est-ce un sentiment,une idéologie,une philosophie,un comportement,un modus vivendi tout court?Comment se manifeste un tel “Anti-Américanisme”? “Anti-Américanisme” ou “Anti-impérialisme” peut-on dissocier ces deux conceptions politiques?
GUY GUY: À l’attention de Rico, Jacques, Marcel et Jean Fignole! J’ai le plaisir de reproduire ici ma dernière communication via “Messenger” avec notre ami le docteur Georges Michel, historien et constitutionnaliste, relative à l’impact de l’occupation d’Haiti par les Américains en 1915 sur le cours de notre histoire:
Georges: (1) l’arrêt du cycle de la violence; (2) notre système de sante publique; (3) la modernisation de notre administration; (4) la stabilisation de notre gourde pour 70 ans
GUY GUY: Merci, Georges. Mais prenant en considération le bilan de cette intervention n’est-il pas pertinent de parler d’un échec?Si oui peut-on l’associer à un certain antiaméricanisme manifeste chez quelques compatriotes?
Georges: entre haïtiens et états-uniens ce ne peut être l’amour pour maintes raisons.
GUY GUY: Ok.Thank you.
JACQUES:   Mon cher Guy Guy, je suis ravi que vous ayez eu l’opportunité de converser en aparté avec l’historien Georges Michel et de partager avec nous ses réponses plutôt “laconiques” aux trois questions (je présume qu’elles n’étaient que trois que vous lui avez posées. Toutefois, les réponses de M.Michel ne corroborent et n’appuient en rien les arguments des deux interlocuteurs que vous avez mentionnés dans votre post. Pourquoi dis-je qu’elles ne répondent et ne corroborent pas les thèses et les arguments de mes interlocuteurs?
L’historien G.M vous a cité les réalisations de l’occupant durant les 19 longues années passées sur le territoire national.
Personne ici n’a nié/ne nie qu’ils y ont effectué quelques travaux d’infrastructure, si peu, si maigres qu’ils furent… et à quel prix? Là n’est pas le sujet de notre débat. Je crois vous avoir transféré, en pv, deux ou trois articles et études–pas d’anti-américains–qui montrent clairement l’impact et les conséquences négatives de l’occupation et de son administration sur la nation tout entière et le cancer qu’elle nous avait laissé avec la “refondation’ de l’Armée d’Haïti baptisée “Gendarmerie d’Haïti”, véritable armée d’occupation formée pour protéger et garantir les intérêts politiques, économiques et stratégiques des États-Unis et, non pas ceux d’Haïti elle-même. Je ne m’étendrai pas sur le rôle et les actes de cette “armée professionnelle” politisée, répressive (faiseuse et “défaiseuse” de chefs d’État et de gouvernements) formée par des instructeurs militaires américains dans des centres de formation telles que par exemple Fort-Bragg, West Point ou encore le Commandement Sud.
Vous voyez donc que l’héritage (l’impact comme vous dites) de cet épisode va bien au-delà de la présence physique de l’occupant sur le terrain, car il est beaucoup plus acceptable, bien plus séant de se faire suppléer par des indigènes pour ne pas avoir à faire soi-même la sale besogne de la répression… Cela a marché efficacement pendant 70 ans, jusqu’à ce qu’un jour de novembre 1985 (si je ne me trompe) le peuple décida qu’il en avait assez et qu’il devait en finir avec les marionnettes autochtones de l’occupant. Malheureusement, cette “révolution de 1985-86”, allait s’arrêter, s’estomper le jour même du départ du dictateur à vie, JCD, devant les grilles du Palais National, à Port-au-Prince, le 7 février 1986 avec la passation de pouvoir du souverain déchu aux Forces Armées d’Haïti, les FADH.
Vous connaissez la suite–comme si elle n’était que de la responsabilité des acteurs locaux–qui fait regretter à de nombreux nostalgiques même les pires heures de la dynastie duvaliérienne.
Alors, comme je le disais au début, je pense, et je vous le dis avec toute la franchise qui me caractérise, que vous avez manqué le coche, cher Guy Guy en demandant à notre ami G.M “quel était l’impact de l’occupation américaine d’Haïti et si cette dernière n’avait pas fait naître un certain antiaméricanisme manifeste chez quelques compatriotes”?
À mon humble avis, votre question serait plus pertinente si elle était centrée autour des déclarations scandaleuses, outrageantes et inacceptables de Rico. Premièrement, vous auriez pu demander à Georges: pensez-vous que les Haïtiens sont “un peuple d’esclaves? esclaves nous sommes encore et esclaves nous serons toujours” comme l’a déclaré péremptoirement et in limine litis notre interlocuteur plus haut cité et de si haut perché. Deuxièmement: “Ricoaffirme que “les Américains sont intervenus dans notre pays en deux occasions et ils n’ont pas tué notre peuple, sauf ceux qui les ont toujours perçus comme des envahisseurs et des exploiteurs”. Cette assertion est-elle conforme à la vérité historique et qu’est-ce-qui a motivé et suscité la résistance des paysans haïtiens contre les occupants à travers la lutte des cacos sous le leadership de Charlemagne Péralte puis de Benoît Battraville?
Cette résistance armée était-elle le fruit de “l’antiaméricanisme primaire” des combattants haïtiens et de leurs “préjugés antiblancs stupides”, selon Rico?
3e) Si la réponse au premier volet de la question est oui, quel fut le bilan des actes de répression de l’occupant en termes de liberté d’information, liberté d’expression, d’arrestations, de jugements iniques, d’emprisonnements et d’exécutions. Bref, combien de victimes a fait l’occupation parmi la population civile évaluée à l’époque à environ 3.000.000 d’habitants et chez les guérilleros?
Voilà, selon moi, quelques questions essentielles et importantes que vous auriez pu poser et qui doivent être posées. Enfin, Georges sait mieux que quiconque que la stabilisation de la gourde à laquelle il a fait référence –il n’y eu pas de stabilité politique car la guérilla y sévissait–ne fut pas un beau cadeau sans contrepartie. Nous produisions et exportions assez de produits agricoles, de bois précieux, d’huiles essentielles, etc. qui pouvaient soutenir la monnaie nationale dans une parité moins restavèk, je dirais. Mais je reconnais aussi qu’il est difficile de désapprendre à l’Haïtien ce qu’on lui a enseigné dès son plus jeune âge: “le caca hareng c’est de la viande”, le pire est de n’avoir rien à se mettre sous la dent –se anyen ditou k pa bon…pito nou lèd nou la …Cette stabilisation de la monnaie nationale n’était que la résultante de la convention de 1919 imposée après celle de 1915 dénoncée par l’honorable sénateur de Jérémie Moravia Morpeau qui s’en fit le plus farouche opposant au sénat de la république parce qu’il la jugeait inconstitutionnelle et qu’elle violait la souveraineté nationale. Je dispose de son discours mémorable délivré au début de la séance du 11 novembre 1915. Je vous le ferai parvenir en temps utile.
Merci de partager les propos de mon ex-collaborateur, collègue de travail et ami, l’historien Georges. AMITIÉS !
GUY GUY: Mon cher Jacques!J’ai pris note de tes remarques relatives à ma dernière correspondance avec notre ami commun l’historien Georges À te dire vrai il me tenait à cœur de connaître son opinion personnelle sur le sujet principal de notre débat à savoir “l’impact de l’occupation militaire d’Haiti en 1915 sur le cours de notre histoire”.Comme nous avons déjà communiqué à Rico nos points de vue respectifs là-dessus, je n’ai pas jugé nécessaire de lui demander ce qu’il pense de nos arguments et de ceux de Rico . Puisqu’il est membre du groupe depuis 2015 il lui revient de décider quand il soutient ou réfute les arguments de tel ou tel discutant dans un débat quelconque.
ERNST:  Le mot esclave est un peu trop fort et trop virulent dans sa connotation pour exprimer nos amorphismes de toutes sortes, mais il demeure bien vrai que n’avons développé aucune de ces capacités qui feraient de nous des hommes libres et de notre pays une nation indépendante à part entière. Les efforts de nos ancêtres sont gaspillés. C’est le cas de dire que les fruits n’ont pas tenu la promesse des fleurs, et c’est en grande partie notre faute car faute d’une villa, on peut avoir une mansarde propre, faute d’une voiture de luxe, une guimbarde nous mènerait quelque part. Faute de richesses colossales, nous devrions avoir au moins un lieu commun. Le charbonnier, même quand il n’est pas prophète, devrait pouvoir se sentir chef chez lui.
JACQUES:   M. Delma, merci de souligner l’incongruité, l’indécence de ce terme qu’un nègre/ quelles que soient (horribles puissent être) les conditions dans lesquelles il voit évoluer ses compatriotes et ses congénères/ ne devrait jamais employer à leur endroit, quoique je puisse comprendre que le mot maudit que l’on retrouve sous sa plume n’est pas par mépris–ce serait se mépriser lui-même, oblitérer et rejeter ce qu’il est essentiellement–mais plutôt par dégoût et par dépit face à la descente continuelle de notre pays aux abysses à cause de l’incompétence, de l’irresponsabilité, de la veulerie de ceux qui ont eu/ont à diriger les destinées de ce pays acquis de haute lutte au prix de grandes douleurs, de sacrifices, de souffrances, de larmes et du sang. Là, où je diverge d’avec vous, est le “nous” collectif, comme si vous, Guy Guy, Jean Rico Louis, Salnave, bref, tous ceux et toutes celles qui approchent leur 70e décennie sont “Responsables” au même titre que toute la canaille qui a dirigé notre pays pendant le siècle dernier et depuis le début du nouveau millénaire. Ne m’accusez pas de vouloir me singulariser, de me croire d’une quelconque supériorité supposée, mais, je ne suis pas du tout responsable ni de la déliquescence de l’État d’Haïti ni de l’état de la situation économique et sociale actuelle de notre pays.
ERNST:  Jacques, Jean-Jacques Rousseau a écrit dans le temps de l’esclavage ‘qu’il est un état si déplorable que lorsqu’on s’y trouve on perd même la volonté de sortir’. Nous autres, nous avions passé le cap, nous en étions sortis déjà deux siècles de cela. Il ne nous reste qu’à nous mettre au diapason avec les principes de notre devenir humain, humanitaire et humaniste. Il était une fois nous étions en avance sur notre temps, nous pourrons combler le retard. Il suffit de nous mettre à l’œuvre avec tout le sérieux que cela suppose. Sinon, ce n’était pas le maître d’hier qui nous avait condamnés, c’est nous autres qui nous nous condamnons aujourd’hui.
JACQUES:   “Merci Guy Guy, de poster (de verser au débat) ces deux articles de M.Leslie Péan qui viennent en appoint à mon dernier texte autour des réponses de M. Georges Michel qui, pour des raisons que j’ignore a choisi de ne pas intervenir ouvertement dans cette discussion. Je ne sais si vous l’avez noté, j’ai parlé de la séance tenue au sénat de la république occupée le jour du 11 novembre 1915 quand le sénateur Moravia Morpeau dénonça ladite Convention et défendit la souveraineté nationale. Je sais par habitude que vous trouvez souvent–même trop souvent–certains rappels historiques “hors topic”. Vous y voyez à tort, je pense, une digression inutile alors que ces rappels sont pour étayer et illustrer un postulat comme je l’ai fait dans un texte adressé à M. Marcel Salnave.
Notre ami, M. Rico, y a vu plutôt une attaque sur la personne de M.Salnave que je ne connais pas personnellement. Cependant, je suis certain qu’il est de la lignée du grand général président avec qui l’histoire n’a pas été tendre pour ne pas dire a été injuste. Alors je suis surpris de lire que l’évocation du nom de Salnave dans le conflit qui l’opposa à Fabre Geffrard ait été perçue comme une attaque personnelle dirigée contre M. Salnave qui, soit dit en passant, m’avait lancé une flèche en me disant que je ferais un “grand chef” et que je pourrais rassembler une foule de gens…etc. Je ne sais si vous percevez l’ironie, la moquerie, le sarcasme. Je n’ai pourtant pas crié que c’était un coup bas, à l’attaque ad hominem, à un coup “below the belt” pour employer une expression du ring, du jargon de la boxe.
Nous ne sommes pas non plus, ici, dans une arène et ne sommes engagés dans un pugilat; sauf, peut-être, un “pugilat” d’idées et d’opinions différentes. J’ai essayé de démontrer que (je ne sais vraiment pas pourquoi) les hommes politiques haïtiens–à quelques exceptions près–ont toujours derrière eux un blanc ou une puissance blanche pour les “kore”, appuyer, enchouquer ou déchouquer du pouvoir.
Geffrard et Salnave–aucune attaque contre la mémoire du vaillant et intrépide général–y compris ont eurent leurs alliés blancs, contrairement au vieux général Nord Alexis. Cette remarque n’est pas une célébration de Tonton Nord car il présida l’un des régimes les plus sanguinaires qu’aient connus notre petite république. Reconnaissons que le président Nord Alexis ne s’embarrassait pas de scrupules ni avec les nationaux ni avec les étrangers.
Les 3 frères Coicou (« Il faut de l’or, – ou rien, – pour être, – ou ne pas être,Time is money. Le crime aussi. Et toujours de l’argent ! toujours de grosses sommes ! Beaucoup d’or pour l’Américain !
All right ! droit vers le but, quel qu’il soit ! nous sommes attirés par l’espoir d’un gain ! Cotton is king ! Massillon Coicou) ont payé de leur vie leur soutien à l’intellectuel, le penseur, l’ universitaire, l’anthropologue/egyptologue Anténor Firmin qui finit sa vie à Saint-Thomas.
Un émissaire du gouvernement français, Paul Desprez, délégué en Haïti afin d’obtenir la libération de quelques des ses ressortissants emprisonnés apprit qu’on ne peut intimider un vieux soldat issu des rangs des illustres va-nus-pieds de la guerre de l’indépendance.
Pourtant, celui que Roger Gaillard appellera le “tyranosaurus x “de nos chefs d’état rétablit l’Empereur Jean-Jacques Dessalines dans sa gloire, dans ses droits, son bon droit après plus d’un siècle d’oubli, de mépris, de silence au cours duquel personne n’osait citer publiquement le nom de notre libérateur, le fondateur de l’État d’Haïti. Nous devons au général Nord Alexis notre hymne national, La Dessalinienne (paroles Justin Lhérisson, musique Nicolas Geffrard) que nous entonnions enfants si fièrement, la tête altière et le front haut, chaque matin sur la cour de nos établissements scolaires respectifs au moment de l’envoi du drapeau 😭 Ô TEMPS ALE TEMPS PA TOUNNEN …!
Nous pouvons aussi citer le procès des prévaricateurs et des voleurs consolidards. Mme. Mirlande Manigat en a parlé récemment dans un article publié dans Le Nouvelliste.
Attention, Jacques ne “dérive pas trop” tu risques de voir le clignotant “HORS TOPIC”.
Cela dit, ma référence à Sylvain Salnave et à Geffrard n’était pas pour attaquer M. Marcel Salnave. Loin de là! Ce que je n’ai pas compris c’est l’appui qu’il a apporté aux déclarations de Rico lorsqu’il lui dit “Rico ou KK tout jan”…et ce dernier qui a cru qu’il voulait l’insulter lui a demandé d’être un peu plus explicite. Ce qu’il fera dans un nouveau post en disant que son intention n’était pas de “l’insulter comme l’autre”, moi en l’occurence.
Je n’ai aucun problème à ce que quelqu’un partage la position d’un compatriote. Je ne suis pas pour la pensée unique. Mais je n’aime pas l’esprit partisan. Jean Rico Louis –ce n’est pas une vague impression ou une impression de ma part–INSULTE tous les HAÏTIENS dans ses posts quand d’emblée, d’entrée de jeu, il déclare: “esclaves nous étions, esclaves nous sommes et resterons (je cite de mémoire).” C’est une déclaration tonitruante digne d’un colonisé. Je ne dis pas que M. Louis est un colonisé, mais je questionne bien son jugement.
Il insulte la mémoire de nos héros qui ne sont pas responsables de la faillite de l’État laissé à nous comme héritage. Il nous insulte encore si ce n’est davantage– si ce n’est pire– quand il prône–peut-être sans s’en rendre compte– la bassesse, la platitude, la servilité comme l’unique moyen de sauver notre patate et la barque nationale.
C’est encore une insulte de nous dire (et sur quel ton !) que “nous ne pouvons rien sans Les États-Unis tandis que avec eux, nous pouvons tout”. Ce n’est pas juste, ce n’est pas vrai et ce ne sera Jamais. Si c’était le cas, les Porto Ricains auraient été les premiers à jouir de leurs faveurs et seraient bien mieux nantis. N’oubliez pas que c’est un État-associé à l’Empire et de l’Empire.
Notre ami nous insulte tous—du moins, moi particulièrement–quand il nous traite de faux nationalistes stupides, d’anti-blancs, d’anti-mulâtres, d’anti-Américains”. Ce sont ses premières paroles. Je ne les ai pas inventées.
Je n’ai rien de personnelle non plus contre ce compatriote dont je comprends la frustration face à ce qu’il est advenu de notre pays. Cependant, il la manifeste maladroitement en s’attaquant à ceux qui reconnaissent comme lui l’état de délabrement de notre patrie, la faillite de nos institutions–leur quasi-inexistence–l’incurie administrative, la corruption, le népotisme, le crétinisme, l’illettrisme, la mauvaise gouvernance, le banditisme, l’insécurité et le crime érigés en système, l’effondrement de l’économie nationale, celui de la société, la démission des élites, l’exotisme, le zokikisme et le bredjenisme proposés comme modèles à la jeunesse, etc. Oui, je comprends Jean Rico Louis, mais lui, me comprend-t-il? Comprend-t-il qu’il m’insulte tout autant quand il me demande de l’engager dans un débat “INTELLIGENT” parce que j’avais réagi à un de ses réflexions outrageantes par ces simples exclamations : “RICO! RICO! RICO!”.
Cher compatriote jérémien, vantez vos légitimes frustrations, mais ne nous insultez pas. Tout Haïtien qui, sans complaisance, croit qu’en dépit de tout, nous sommes un peuple qui mérite le RESPECT se sentira insulté, invectivé par les propos que vous tenez depuis environ un an sur ce Forum créé par le docteur Guillaume Sévère alias Guy Guy. Enfin, sachez que parmi vous, je suis celui qui n’a aucun titre, aucune grande ascendance, aucun diplôme à exhiber. Je ne saurais donc faire aucun étalage de connaissance. La seule chose que je sache est que je prends toujours les gens aux mots, au premier degré, et à la lettre parce j’en connais un peu aux mots et de leur sens. Je ne laisse pas facilement passer un mot car ce serait de la tolérance et de la tolérance à la complicité, il n’y a qu’un pas. Je vous salue en la patrie.
MARCEL:  Monsieur Jacques, j’apprécie tout de même votre mise au point, mais nous devons admettre que depuis belle lurette, ce sont les Grandes Puissances qui mènent le jeu en Haïti. Chaque Etat exerçant sa pression sur un gouvernement qui finit par céder au plus fort.
En 18892, sous le gouvernement de Florvil Hyppolite, le Ministre de France à Port-au-Prince, Stephen Pichon, écrit avec beaucoup d’appréhension :
« Les Allemand sont maîtres des principales maisons de commerce. Ils se marient avec des Haïtiennes, noires ou non, ce qui fait dire qu’à l’encontre des autres Européens, ils sont exempts du préjugé de couleur, Ils donnent à leur présence dans l’île le caractère d’une installation définitive. Ils pénètrent dans la famille et s’assimilent pratiquement par le commerce, la finance, l’industrie, les forces vives du pays ».
Le ministre d’Haïti à Berlin M. Demesvar Delorme, se fondant sur l’intérêt manifesté par les Allemand en Haïti, s’autorisa à signer un avant-traité commercial avec le gouvernement de l’Empire. Pourtant, il fut désavoué par le gouvernement haïtien ne désirant pas déplaire à la France.
Qui était le consul général allemand de l’époque ? Heinrich E. Goëring, père de Herman Goëring, future maréchal du IIIème Reich.
Une prépondérance allemande, française ou américaine en Haïti, sans faire exception au nationalisme toujours de rigueur, c’est là, à mon avis, la position de Louis.
FIGNOLÉ à Jacques: mwen oue ke, non selman ou defan tet ou ase byen, men ou prezante yon defans eksepsyonel sou plan sosyolojik ak istorik.Ce qui me concerne au plus haut point, c’est l’expression d’opinions denues de tout ancrage factuel, libre de tout rail temporel. Lorsqu’on opere ainsi, l’on peut se permettre d’ecrire des lignes et des lignes sans pouvoir s’arreter. En ce qui me concerne, c’est assurer que les notes de bas de page sont possibles, des dates pour nous placer dans un cadre temporel, une narration, meme orale, peuvent s’ajouter au texte.
C’est ce qui a manque de facon consistante aux textes de notre ami, Louis. Nous pensons que tout le monde se rendra compte que les contributions sur une page denomme le coin de l’histoire ne serait plus un simple podium pour les harangues, mais un cenacle serieux qui attirera femmes et hommes et leurs idees sur des bases beaucoup plus substantielles.
Notre temps est fragile: coups d’etat apres coups d’etat, la pire catastrophe naturelle qu’Haiti ait connu, plusieurs occupation etrangeres, des ingerences economiques, le vol petro caribe qui rivalisent avec l’extortion de 1825 par les Francais, etc. nous en avons vu.
Mais le pire, a mon avis, est ce qui parait etre une tentative d’extinction de la population Haitienne par des epidemies de maladies infectueuses, dont le cholera. Personnellement, je pense que les globalistes ont assez vu d’histoire des peuple pour realiser que la dissemination de centaines de milliers de gens venus de tous les coins de la terre ne saurait ne pas representer un vecteur de germes qui auraient pu obliterer n’importe quelle population humaine. Les gens de l’ONU sont assez cultives pour savoir ce qu’ills faisaient.
Dieu seul sait ce qu’ils ont experimente en Haiti; 10 ans; 20 ans; 30 ans plus tard, la latence necessaire pour nous faire oublier qu’ils avaient penetres au coeur de notre population; de nos terres; il y a quelques annees, au milieu des annees 1990’s, des “chercheurs” de la Havard University disaient avoir decouvert en Haiti, “un virus qui n’avaient ete observe nulle par ailleurs.”
RICO: Guy Guy, les commentaires que j’ai faits précédemment ont pour but de réveiller la conscience patriotique de notre peuple. Ce n’est pas parce que des politiciens sans état d’âme détruisent ce pays en rampant devant les maîtres du monde, que nous devrions tous céder à la panique. Dans les luttes pour la libération des peuples, il a toujours existé des stratèges, des tacticiens et des soldats. Chacun ne joue pas toujours le même rôle. L’important… c’est la finalité dans une guerre.Ceux qui lisent me textes avec émotion sans se donner la peine de me comprendre pour, ensuite, questionner mon patriotisme, feraient mieux de réfléchir à deux fois avant d’accoucher des stupidités. Les vrais stratèges… ce ne sont pas ceux qui dévoilent trop tôt leur jeu. Ce sont plus tôt ceux qui comprennent que la nécessité de faire preuve de retenue quand les choses semblent aller très mal,est une condition absolue pour gagner la guerre. De Gaule a écrit que ” la France à perdu une bataille, mais la France n’a pas perdu la guerre “. Ceux qui lisaient ma déclaration précédente devraient comprendre que le message que je voulais envoyer à mes compatriotes est en réalité le suivant: Nous sommes ce peuple qui a fait 1804. Resaisaissez vous! Même quand tout semble perdu…il y en a encore parmi nous ceux qui ne deserterait jamais le champ d’honneur. Le vrai stratège…. c’est toujours celui qui se révèle le plus malin face à l’ennemi et remporte finalement la guerre. Critiquer les Américains ouvertement sans avoir de plan B est naïf et suicidaire. Nous pouvons utiliser également l’arme de la diplomatie. Elle est aussi efficace et parfois même meilleure que le champ de bataille, lequel exige plus de sacrifices humains.
MARCEL: Après de longues années d’erreurs, de gaspillages, et de luttes stériles, Haïti tombe sous le coup de l’occupation américaine. Nos élites, en présence d’un tel désarroi, se divisent en deux fractions : les nationalistes, d’une part, qui comme nous l’avons vu dans notre précédant post, avec Ernst Chauvet*, réprouvèrent l’attitude Yankee en Haïti, et les collaborateurs, qui estimaient qu’on devait profiter de la nouvelle politique des Etats-Unis dans la Caraïbe pour en obtenir le maximum. Si nous passions la parole à Louis Borno, peut-être serions-nous mieux en mesure de nous faire une idée de cet ancien collaborateur.
« Il n’est pas possible, comme il le déclarait lui-même à Stephen Alexis, son chargé d’affaires en Belgique, qu’à côté d’une élite civilisée jusqu’au raffinement, vive une masse triste, à peine touchée des lueurs du progrès. Nous, de l’élite, nous sommes injustes et cruels. Nous n’avons pas rempli nos devoirs envers ce peuple qui peine sous le soleil et la pluie pour faire vivre le pays. C’est lui qui paye presque tous les impôts. Un fossé empli d’ombre, la sépare de nous. Il faut le combler et l’illuminer, pour notre bonheur, notre paix et la conjonction féconde des forces. Jetez un regard sur la terre natale, voyez en quel état se trouvent notre outillage économique, nos écoles, nos ponts, nos routes, nos hôpitaux. Les procédés de culture sont arriérés et périmés. Notre sous-sol attend encore le coup de pioche pour livrer ses trésors.
« Avons-nous les cadres disciplinés, les moyens impériaux pour instaurer chez nous la haute vie civile? De gré ou de force, nous avons signé avec les Etats-Unis un traité temporaire. J’entends, contre vents et marées, en faire sortir le plein effet. Loyalement les deux parties doivent l’exécuter. Certes, il comporte un amoindrissement de notre souveraineté, mais nous devons en tirer, pour notre utilité, ce qu’il contient de vertus. Dans la vie on n’a rien pour rien.
« Tout se paie. C’est d’un morceau de notre orgueil que nous achèterons la paix, l’ordre et le bonheur. Oui ou non, avons-nous trop longtemps, offert au monde, un spectacle dont la disgrâce était parvenue au comble. Il n’y a pas de honte à dire la vérité. Notre politique est restée presque indifférente aux problèmes d’organisation, de justice sociale, dont le dénouement logique est la raison d’être des Etats dignes de ce nom.
« Je sais que tous les peuples ont eu leur tourment en cherchant leur voie et leur lumière. Mais notre éclipse a assez duré. Les U.S.A. nous apportent leurs capitaux, leurs cadres entraînés, leurs méthodes victorieuses de production, nous devons accepter leur concours loyal, tout en gardant pieusement notre caractère, notre incomparable idiome, notre indépendance. Cette force américaine, au lieu de détruire comme le prétend le noyau infime des naufrageurs, dont l’ordre actuel a interrompu les plaisirs, respectera nos créations respectables, nous aidera à produire des œuvres utiles et durables, dans le sens de l’éternité. Nous n’avons rien à craindre pour notre indépendance de ce peuple puissant, qui a eu quand même, de beaux mouvements de cœur, au cours de son histoire. Si le moindre doute effleurait mon esprit à ce sujet, conscient de notre faiblesse et de notre honneur, je convierais la nation à disparaître, selon le haut conseil des Pères. Les conditions de la vie ont changé. Je ne suis ni un impie, ni un imbécile.
« Puisque des fatalités géographiques, des réalités économiques et politiques, jointes à nos fautes, nous obligent à compter avec ce torrent, nous tâcherons de le rendre bienfaisant, en canalisant ses ondes, pour l’épanouissement de nos moissons. Et quand nous arriverons au terme du Traité, et que les assises de notre vie nouvelle seront établies, nous parachèverons seuls notre construction, assagis par l’humiliation salutaire, enrichis d’expérience ».
1) Propos recueillis par Stephen Alexis
MARCEL partage avec nous le texte suivant,très édifiant :
“La Vérité Est Une Bonne Chose.
« Tu ne t’embêteras pas cet après-midi, me dit mon ami blanc Ash Pay Davis, car j’ai invité Ernest Chauvet à venir te rencontrer ici. Nous nous mettrons en train avec quelques cocktails au rhum, et nous pleurerons ensemble sur le sort tragique d’Haïti.
– Qui est, demandai-je, Ernest Chauvet ? Et Ash Pay, d’un trait rapide, dessina le fond sur lequel s’allait détacher la silhouette de Chauvet.
Propriétaire, rédacteur en chef et directeur du Nouvelliste, violemment anti-américain et, par suite, anti-Borno, Chauvet était « l’épine au pied de l’occupation américaine ». Le président Borno, de temps en temps, l’envoyait en prison, où il se réjouissait grandement, dévorant des dindes entières, buvant du champagne et faisant des pieds-de-nez à toutes les autorités. Mais ses ennemis politiques les plus acharnés, dont quelques-uns étaient des fonctionnaires américains qu’il éreintait outrageusement dans ses articles, l’aimaient en tant qu’individu pour son esprit, son aimable gaieté et sa candeur cynique.
Il était méprisé et craint de la plupart des petits Américains, mais il vivait, en revanche, sur un pied de curieuse intimité avec quelques grands chefs, tels que, par exemple, mon présent hôte Ash Pay, actif président de la Chambre de commerce américaine d’Haïti, lequel, bien que parfaitement indépendant de l’administration officielle, était un ami personnel de Borno et défendait avec chaleur le régime Borno-Américain.
Ash Pay me dit que le père de Chauvet, fondateur du Nouvelliste – et lui-même journaliste distingué – avait, dans le dessein de transmettre son journal à son fils, envoyé celui-ci suivre à Paris les cours de l’Université, puis faire à New-York, au Brooklyn Eagle, son apprentissage de journaliste.
Chauvet jeune avait collaboré à ce journal pendant deux ans, d’abord comme reporter aux faits divers, puis comme rédacteur à la rubrique des évènements sensationnels. A New-York, il n’était pas considéré comme un negro, et son esprit l’avait rendu populaire dans les cercles de la presse bohème.
Revenu en Haïti, il y était devenu propriétaire du Nouvelliste. Son beau-père, Stephen Archer, lors de la première élection présidentielle de Borno, dont les opérations furent conduites sous la « surveillance » de la Mission américaine, s’étant porté comme candidat de l’opposition, Chauvet, en bon latin, proclama dramatiquement, avec des larmes dans la voix, que l’honneur de la famille lui faisait un devoir sacré de continuer à jamais l’opposition contre Borno et les Américains.
Sur quelles part de loyalisme familial, de patriotisme et de cynisme se fondait cette opposition, Chauvet lui-même, au sentiment d’Ash Pay, ne l’eût pu dire.
Une voiture, entre temps, vint se ranger contre la terrasse ombragée de palmiers, et un homme en sortit avec fracas, qui était Ernest Chauvet. Débordant de jeunesse, brouillant, volumineux, il était coiffé d’un large chapeau de cow-boy brûlé du soleil, qu’il souleva en l’agitant…
« J’apporte, cria-t-il à Ash Pay, en montant l’escalier, quelque chose pour votre ami. » Et, m’ayant serré la main, cordialement, sans façon, il me tendit un exemplaire de son journal, une édition du soir encore humide. Sur la première page, un article de tête intitulé L’Américain Seabrook occupait un quart de colonne. Il annonçait qu’un autre suppôt de l’inique occupation américaine, un écrivain qui prétendait, contre toute raison, avoir l’esprit ouvert, venait à Port-au-Prince, soi-disant pour écrire la vérité au sujet de la malheureuse contrée d’Haïti, mais passait, en réalité, selon l’usage, tout son temps au club américain, parrainé par les fonctionnaires américains, et se trouvait maintenant l’hôte de cet homme dont les plans gigantesques pour déposséder de leurs biens les malheureux paysans remplissaient d’horreur le cœur des patriotes (Ernest désignait de la sorte notre ami commun Ash Pay, qui, à ce moment même, lui tendait un cocktail).
Quand j’eus fini de lire, Chauvet, levant son verre, me dit avec un rire d’expansive gaieté : A votre santé ! Que pensez-vous de cela ? Et notre rhum, comment l’aimez-vous ?
– Votre rhum est excellent, répondis-je, – et je bois aussi à votre santé – mais comment pouvez-vous attendre d’un écrivain qu’il dise la vérité au sujet d’Haïti quand vous commencez vous-même par écrire d’affreux mensonges à son propre sujet ?… Hier soir, au Club Bellevue, pendant que vous cuisiez ce plat de votre métier, Mme Seabrook et moi, mêlés à nos amis haïtiens, dansant et buvant du champagne, jouissions des meilleurs moments que nous ayons connus depuis notre dernier séjour à Paris.
– Il n’y a rien de plus vrai, convint-il en riant. Je suis au courant. Mon ami Pradel m’a tout raconté.
– Mais alors, pourquoi ce canard ?
– Oh! Dit Chauvet, je ne dois point trahir la confiance de mes abonnés. Ils eussent été déçus. Et les Américains aussi. Tous me lisent. Ils auraient l’impression d’être volés, si je ne leur servais pas tous les jours, comme vous dites, un plat de mon métier…Je pense écrire demain quelque chose d’aimable sur votre compte, et cela fera deux articles au lieu d’un.
– Très bien, dis-je, mais, puisque tous deux nous écrivons, essayons, voulez-vous d’un petit fifty-fifty, jouons, si possible, franc jeu. Il se trouve, en fait, que je vais dire la vérité sur Haïti. Et, non point comme ferait un homme politique, dans un esprit de parti, de propagande ou de « chambardement ».
La politique ne m’intéresse pas. Je ne suis point ici pour attaquer ou pour défendre l’occupation américaine. Mais les gens m’intéressent, et j’entends décrire ceux d’Haïti tels qu’ils sont, tels du moins, qu’ils me paraissent être.
– Voilà qui est beau, répliqua Chauvet, et si vous dites la vérité, l’idée est excellente. Puis-je vous aider en quelque chose? »
Les deux heures qui suivirent se passèrent à boire des cocktails sur la terrasse, sous les palmiers… Je crois avoir, en tout cas, cet après-midi, davantage appris de Chauvet touchant les sentiments des hautes classes haïtiennes à l’endroit de l’occupation américaine, que d’un millier de rapports officiels ou de conversations moins libres.
« Les Américains, disait Chauvet, nous ont appris quantité de choses. Ils nous ont, entre autres leçons, enseigné que nous étions des niggers… Nous pensions être des negroes… Pour moi, de telles choses ne sont que pure comédie. Mais, à d’autres plus susceptibles, elles ne paraissent point si comiques.
«Chauvet s’arrêta. Son visage s’était assombri. Pour la première fois, cet après-midi, il était sérieux. « Vous comprenez le français, me dit-il, je pourrai dans cette langue vous exposer la question. Je ne saurais le faire en anglais, …Je ne peux qu’y gambader et y plaisanter…
«Et Chauvet continua en français.
C’était mieux, qu’une différence d’idiomes. C’était un autre homme qui parlait.
« Quand, dit-il, il y a douze ans, les Américains débarquèrent en Haïti, il y avait dans nos villes une aristocratie libre et fière. Nous nous tenions pour des êtres humains pareils aux autres. Nous étions maîtres chez nous. Et tous les blancs devaient nous tenir pour tels, qui voulaient prospérer et vivre heureux dans notre pays. Pendant plus d’un siècle, presque depuis que nous sommes en république, cette condition fut remplie.
« Notre élite, nos intellectuels, notre haute bourgeoisie égalaient en raffinement les classes correspondantes des plus grandes nations d’Europe. Notre culture était de tradition française. Nos fils avaient souvent fréquenté les universités de France, et nos filles les maisons d’éducation religieuse de ce même pays, et cela, cher ami, dans beaucoup de familles, depuis des générations.
« Nos intérieurs, nos clubs, notre vie sociale, tout cela n’était autre que ce que c’est dans tout pays civilisé.
« Les blancs qui venaient en Haïti pour leurs affaires, ou en touristes, ou pour s’y établir, étaient reçus dans nos maisons comme des invités et contractaient mariages avec nos filles.
« Si vous avez lu des livres français tels que l’amusant ouvrage Au Pays des Généraux, ou bien d’autres ouvrages comme Sena, de Lhérisson, écrits par nos satiristes indigènes, vous pourrez croire que je force un peu la note. Mais le cas de ces auteurs – qui, à la vérité, nous ont parfois blessés – est en somme celui d’Alphonse Daudet exerçant sa verve sur les Méridionaux. Nous avons eu nos Tartarins et nos généraux d’opéra-comique, nos côtés faibles et plaisants, mais les Européens qui les ont exploités en littérature ou moqués dans la vie, n’ont jamais introduit dans leurs plaisanteries cet élément absolument étranger à la raillerie, – le mépris social de la race.
« Il était réservé aux Américains, à leur corps militaire d’occupation d’abord, à leurs fonctionnaires civils ensuite, d’infliger à notre libre pays cette insulte imméritée. Et ce n’a pas été, chez nous, seulement un froissement d’orgueil : quelques-uns en ont éprouvé dans leur cœur la honte de leur race, de leur naissance, de leur famille, du sang qui coule dans leurs veines. Car tous n’ont point la force d’en rire et de dire comme moi : Je m’en f…
« Chauvet développait encore ce thème, quand la fille d’Ash Pay, blonde enfant de dix-huit ans, qui faisait ses débuts dans la société américaine de Port-au-Prince, arriva à cheval, au petit galop, et sauta lentement de dessus son poney.
Nous n’allons pas, chers amis lecteurs, nous éterniser davantage sur cette partie du texte, quelque peu superflu, à notre sens, qui parle de l’arrivée de Miss Elsa, la fille d’Ash Pay, mais terminons avec le long monologue de Ernest Chauvet et la conclusion de Seabrook qui nous semble fort à propos, à un moment, où de pair, coulaient le rhum et les mots.
« Par parenthèse, monsieur l’écrivain, disait Chauvet, vous prétendez être venu en Haïti, conduit par l’intérêt que vous prenez à observer l’humanité. Eh bien ! Le sujet que je viens d’agiter touche, il me semble, à l’humanité. Mais peut-être y touche-t-il de trop près. Et jamais vous n’oserez publier ce que je vous ai dit. Il y a là, voyez-vous, une question d’épidermes. D’épidermes éminemment sensibles, que vous risqueriez de blesser. Il y a la peau d’une blancheur de lis et la peau noire, toute la descendance d’Adam, Mme Russel, la femme du sergent, et nous autres nègres.
– Chauvet, lui dis-je, nous sommes tous deux ivres, mais la vérité est une belle chose, si même elle est confuse et de goût douteux. »(William Seabrook in “L’île magique” Mon interlocuteur, un vieillard, portait une blouse bleue et des sandales de fibre. Il ne savait ni lire, ni écrire, semblable en cela à trois milliers d’autres paysans, hommes, femmes et enfants ; hors cependant que son intelligence s’élevait au-dessus de la moyenne. Il me parut parler – et véridiquement – au nom d’une majorité, dire ce qu’eût dit cette majorité si elle avait pu s’exprimer aussi bien que lui. »
« Dix ans en ça, commença-t-il, ce pays était infesté de Cacos (de bandits), et il n’y avait point de routes. Ces Cacos nous volaient et nous assassinaient. Les collecteurs de notre propre gouvernement nous dépouillaient de leur côté, sans nous rien donner en échange. Planter, cultiver, cela ne valait guère la peine qu’on y prenait. Il fallait trois jours de bourrique pour descendre à la ville. Et si nous n’étions pas tués en route par les Cacos, ou noyés en traversant les torrents, à peine arrivés à Port-au-Prince, on nous enrôlait pour nous faire combattre, soit au profit du gouvernement, soit pour le compte de quelque parti révolutionnaire, qui devait, disait-on, faire mieux les choses, mais qui, en réalité, ne changeait rien. Maintenant plus de bandits, plus de révolutions. Je vis en paix, je plante tant que je peux, je vais à la ville,…je n’y suis point enrôlé, et pendant mon absence, ma femme, mes enfants, mes épis et mes petits chevreaux sont autant en sûreté que s’ils étaient dans les bras de Jésus. »
« Il est peut-être dommage de ne point terminer le présent chapitre sur ce discours du vieux paysan, mais d’autres paroles me reviennent à la mémoire, celle d’une autre barbe grise d’Haïti, un père de famille aussi, qui vivait dans l’ancestrale ville de Turgeau, magnifique faubourg de Port-au-Prince qui a un délicieux jardin public, plein d’ombre, de chants d’oiseaux et de murmures de fontaines. Beaucoup d’Américains, maintenant, habitent ce faubourg. Le vieil homme disait :
« Depuis ma plus tendre enfance et depuis l’enfance de mon père, ce petit jardin – public sans l’être tout à fait – était un lieu de beauté sacrée associé à tous nos souvenirs du premier âge. C’était notre jardin, le lieu de nos ébats et de nos jeux, de nos repos et de nos rêves. Mais, à présent, mon petit fils ne va plus dans ce jardin. Un jour près de la fontaine, les petits Américains ont crié : Oh ! Voyez le petit nègre habillé comme un singe ! »
« Il nous a fallu, à nous autres vieux, plus longtemps que vous ne pensez pour comprendre que cette chose que les Américains ont apportée avec eux. Pour nous, negro était un mot comme arien, nordique, latin, impliquant des particularités, mais nulle honte. Haïtien était un adjectif comme Scandinave, Suisse, Anglais. Et à cet adjectif s’attachaient, en grappes serrées, des traditions et des fiertés patriotiques. Mais à présent, pour nos enfants, c’est une honte d’être nègre, une honte d’être Haïtien. Et c’en est même une pour nous autres plus âgés. Il me semble que nous en sommes empoisonnés. On me dit que les Américains ont apporté à notre pays la prospérité, la paix, la sécurité, des améliorations d’ordre matériel. Peut-être. Mais cela peut-il compenser l’abolissement de notre fierté, l’empoisonnement de nos âmes ? »
« La vérité est, pour le moins, une chose compliquée. »
«…. Le vieux paysan en blouse de la montagne parlait, je crois, au nom de trois millions de paysans, que ne troublent ni ne touchent les questions de race, et dont certains bénéficient des innovations américaines d’ordre économique et politique, tandis que d’autres, formant dans la montagne des groupes isolés, n’en sont pas plus affectés en bien qu’en mal… »
« Quand au vieux gentleman de Turgeau, il parlait, je crois, au nom d’une petite minorité d’aristocrates et de bourgeois, formée d’à peine cent cinquante mille individus, dont beaucoup, avant l’occupation américaine, oppressaient et dépouillaient les trois millions de paysans dont je viens de parler. »
« Quelle conclusion tirer de cet embrouillamini de parcelles de vérité ? Et comment peser celles-ci ? Telle conception de la vie fera pencher la balance d’un côté, et telle autre l’inclinera du côté opposé… Mais ici, si je suis quelque chose, ce n’est point assurément ni l’arbitre ni le juge, mais seulement l’observateur et le rapporteur. Peut-être, ceux qui sont capables de décider (ou qui du moins se croient tels) trouveront-ils dans ce rapport fidèle ample matière à réflexion. »
W. Seabrook

Quatrième partie!

A. « Je dois vivre chaque jour avec à l’esprit les conséquences de la perte de capacité de produire du riz à Haïti pour nourrir ces gens, à cause de ce que j’ai fait. Personne d’autre [6]. »(Bill Clinton).Mises à part notre mentalité de “rab nan pan-yen et la mauvaise gestion de la res publica par nos dirigeants politiques cet aveu de Bill Clinton ne souligne-t-il pas la lourde responsabilité des grandes puissances (les États-Unis d’Amérique en premier lieu) quant à la faillite de notre État-Nation et l’aggravation continuelle de la misère du peuple haitien particulièrement des masses populaires haitiennes?
B. « Le vrai problème n’est pas vraiment un problème haïtien, il ne se trouve pas en Haïti. Le problème pour Haïti se trouve en dehors d’Haïti !”(Jean Bertrand Aristide). Une autre façon de dire “se pa fòt nou non,se fòt zòt wi”?Ou bien?”
RICO:  Le regret des grands de ce monde, après avoir massacré et pillé les ressources des peuples du tiers monde, est tout simplement des larmes de crocodiles. Chez eux ….ils pratiquent du protectionnisme. Mais chez les peuples pauvre et impuissant….ils pratiquent le dumping. L’esclavage prend tout simplement une autre forme dans le système néo -colonialisme! Tout ce dont les nouveaux colons du monde ont besoin…c’est une certaine collaboration avec les caïds des pays pauvres et dont l’esprit de cupidité l’emporte sur toute autre forme de considération. Les peuples du tiers n’ont pas le droit de choisir leurs leaders. Les leaders qui n’ont pas été choisis et qui se montrent hostiles aux intérêts des nouveaux colons, seront tout simplement écartés du pouvoir sinon tués. Esclaves que nous étions; esclaves que nous sommes encore, et esclaves que nous serons toujours. La différence entre l’esclavage avant 1804 et aujourd’hui, était que nous portions des chaines et que notre maître était l’homme blanc. Mais aujourd’hui….la chaîne est invisible. Et nos maîtres…sont l’homme blanc et son gérant noir évoluant dans un esprit de partenariat! Mahleur aux idiots incapables de comprendre cette règle du jeu ou cette nouvelle réalité et qui vont craner sous tous les toits leur hostilité ouverte contre l’homme blanc! Bien sûr que leurs jours sont comptés et ils ne verront pas le futur de leur peuple!
JACQUES:   Rico, je regrette de vous voir insister et persister à insulter tout le monde en les traitant de stupides, d’idiots, d’esclaves qui vont “craner” sous tous les toits leur hostilité ouverte contre l’homme blanc”. Je suis sûr que l’homme blanc que vous célébrez et admirez tant est ravi de trouver–quoi qu’il puisse s’en passer–en vous, grâce à ce genre de discours, un pusillanime et volontaire allié. Je sais déjà que vous allez crier sur tous les toits que je m’acharne contre vous, m’en prends à vous, vous insulte vous importune en voulant démontrer un air de supériorité quand je dénonce justement vos propos tout en n’étant pas contre votre position. Je crois, si je ne me trompe, que le thème sur lequel nous devions débattre était: l’occupation de 1915 a-t-elle déclenché un antiaméricanisme chez l’Haïtien? Je n’ai pas encore vu la réponse–votre réponse– à cette question fondamentale et importante. Vous n’en avez pas (du moins pas encore) fait la démonstration pour nous dire comment, et où il se manifeste chez l’Haïtien et en Haïti. Si vous l’avez fait, veuillez nous le montrer, je vous prie. Au lieu de nous en faire la démonstration à travers une analyse détaillée des faits et actes antiaméricains constatés, observés, recensés et enregistrés par vous au pays depuis la chute des Duvalier du pouvoir, vous avez préféré, au contraire, la voie de la facilité, c’est-à-dire, celle des déclarations tapageuses, outrancières et insultantes pour la majorité des Haïtiens dont beaucoup de nous font partie. Excusez-moi de dire que vous manquez d’égards envers vos compatriotes qui ne sont, selon vous, que des imbéciles, des incapables, des stupides, des racistes anti-blancs, anti-mulâtres, anti-Américains. Si nous devrions appliquer ces qualificatifs à des compatriotes ce serait peut-être à ceux qui ont dirigé ce pays au cours des trente-trois dernières années. Allez-vous nous dire qu’ils étaient anti-Américains les Leslie Delatour, Martial Célestin, J.B. Aristide-René Préval, Marc-Bazin, Robert Malval, Rosny Smart, Marie-Carmel Jean-Marie, Jacques Alexis, Martelly-Lamothe, Evans Paul, J.G. Laurent, J.H Céant?
Je trouve aussi, désolé pour la remarque, que vous manquez de constance–pour ne pas dire cohérence–quand vous affirmiez hier que votre position “est une stratégie car les bons stratèges ne dévoilent jamais leurs plans à leurs adversaires”, ce qui est tout-à-fait normal et louable, et nous sortir ce matin le texte ci-dessus. Je suis entièrement d’accord avec vous qu’il faut savoir masquer son jeu. En ce sens vous êtes donc un bon stratège, un tacticien. Qui peut être contre un bon tacticien, une bonne tactique?. Malheureusement, il ne s’est pas passé vingt-quatre heures depuis la publication de cette mise au point, à laquelle je souscris volontiers, que vous retombez dans les mêmes travers de l’auto-dénigrement, de l’autoflagellation, le mépris, les insultes. C’est comme si, pour reprendre votre image, vous crachiez en l’air sur tout le monde, les “esclaves que nous étions, sommes et resterons”.
Encore une fois, comme des millions d’Haïtiens, je n’ai jamais été esclave, ne l’est pas et ne le serai Jamais–même pas un esclave mental. Toutefois, je reconnais, affirme et assume que je suis issu de deux êtres humains dont les ancêtres furent assujettis et jetés pendant trois siècles en esclavage. J’espère que vous aurez compris la nuance et établira la différence. Je l’ai dit hier et le redis encore aujourd’hui: notre point de désaccord, là où nous divergeons, vous et moi, c’est quand vous dites que “nous ne pouvons rien sans les Américains (pas sans l’administration en place aux USA) tandis qu’avec eux nous pouvons tout”. C’est un faux postulat, une fausse assertion, une proposition que vous ne pouvez démontrer.
Je comprends votre position et j’en ai parlé hier dans un post. Je la comprends mais elle ne m’étonne pas, car au début de la révolution de St-Domingue ( 1791-1804) il y eut plein d’esclaves–des centaines de milliers- qui étaient contre le soulèvement et la guerre de l’indépendance. C’était aussi le cas dans de nombreuses colonies (notamment en Virginie, en Géorgie, en Louisiane) de ce qui allaient devenir en 1776 les États-Unis d’Amérique du nord. Ce que je souhaite vivement que vous compreniez, c’est qu’il est des déclarations qui nous blessent jusque dans notre essence même. Il est des sensibilités auxquelles nous devons tenir compte, des sensibilités que nous nous devons de respecter et de veiller à ne pas froisser.
Il n’y a pas de courage ni de réalisme dans l’outrage et dans la bêtise, car celle-ci, comme le disait Albert Camus, insiste toujours.
Tenez, ce matin, une candidate aux législatives européennes qui doivent se tenir vers la fin de ce mois sur le vieux continent, Mme. Nathalie Louiseau, a lâché, dans un élan de passion–ou d’égarement– un mot malheureux et qui a soulevé l’indignation, je dirais, de toute la France au moment, justement, où l’on commémore dans l’Hexagone la libération de la ville de Paris, le 8 mai 1945 de l’occupation allemande. Mme. Louiseau a promis, tenez-vous bien, une “campagne blitzkrieg”.
Notre ami, Guy Guy qui connaît l’allemand vous dira que cette déclaration n’est pas simplement une bourde, un mauvais choix de mot, mais une méconnaissance totale des horreurs des bombardements de la Luftwaffe pendant la seconde guerre mondiale, une gifle à toutes les victimes françaises, haïtiennes (oui, haïtiennes aussi), américaines et européennes de l’ALLEMAGNE nazie. C’EST TOUT SIMPLEMENT DÉGUEULASSE. C’EST HONTEUX. Et on le lui a fait comprendre. C’est une honte tout comme vos épithètes d’esclaves, de faux nationalistes stupides et d’antiaméricains que vous persistez à accoler à vos interlocuteurs. Voilà pourquoi je les fustige et qu’ils doivent être fustigées et dénoncées. Mes salutations en la patrie commune.

RICO:  Mon cher Jacques…. je ne vais pas me quereller avec vous. Alain Lebon et Hénock Vincent ( deux compatriotes que j’admire ) ont fait mention de vous en de tres bons termes et cela me suffit pour commencer a développer une meilleure relation avec vous. Dans le passé…il y a eu tension entre Guy Guy Marc ( que j’admire également ) et moi, en raison de mes approches relatives a certaines questions d’intéret général; mais aujourd’hui, nous sommes parvenus a une meilleure compréhension l’un envers l’autre.. Et nous sommes devenus des collaborateurs qui se complètent. Qu’est ce que je veux dire concrètement ? Quand j’écris quelque chose auquel il n’est pas d’accord avec moi, j’ai dans bien des cas adopté l’une ou l’autre de ces deux attitudes ; 1) je clarifie mes pensées en apportant des rectifications ! 2) je ne change rien dans ma position et il comprend qu’on a droit chacun a son opinion et dans bien des cas il abandonne. Je recommanderais l’approche de Guy Guy Marc a quiconque, d’autant qu’il se montre tres respectueux. Mon probleme avec vous Jacques est que vous ne prenez jamais du temps pour découvrir les subtilités de mes textes. Vous vous en faites toujours une affaire personnelle. Parfois et peut être que vous ne le réalisez pas….vous vous lancez dans des insultes a peine voilées. Je n’ai pas l’intention d’insulter mes compatriotes. D’ailleurs qui suis je pour oser ? Je cherche plutôt a leur faire comprendre qu’ils doivent abandonner cette tactique trop facile qui ne mène d’ailleurs nulle part, a savoir ressasser cette Jérémiade : c’est la faute de l’homme blanc! .L’homme blanc ne pense qu’a lui. Et il se moque de ce que nous pensons de lui. Ce reproche adressé a mes compatriotes, ne fait pas de moi nécessairement un allié ou un complice du colonialisme de l’homme blanc. D’ailleurs je n’attends rien de personne !Je veux réveiller mon peuple, ma race tout lui disant de travailler a faire mieux.IL est le seul artisan de son propre destin ! Quant A vous Jacques…je ne sous-estime pas votre apport dans ce forum. Vous avez beaucoup a offrir. Mais vous avez besoin de changer de tactique. C’est a dire faire preuve de plus de souplesse et de diplomatie. Quant a vos textes….je suis tres occupé etant donné que je suis encore sur le marché du travail.. Mais en temps et lieu….je reviendrai a vos sujets de temps a autre et nous aurons l’occasion de débattre a tète reposée, sans passion ou fanatisme. Merci pour votre contribution Jacques . A bientôt le plaisir d’affrronter notre réalité de peuple a travers vos propositions ou sujets pour débat qui tiennent lieu de préoccupations pour chacun de nous dans ce forum !

JACQUES:   Alors, des insultes directes, d’étalage de connaissance, d’attaques personnelles, vous en venez maintenant à des insultes à peine voilées. Jean Rico Louis, toutes vos publications sont truffées d’insultes à ma dignité et à celle des Haïtiens. Je n’ai encore traité personne d’idiot, de stupide, de faux nationaliste. Je ne me plains jamais des “jérémiades” de quiconque voire qualifier ainsi leurs propos, que sais-je encore.Pourtant, je critique également mes compatriotes, les autorités haïtiennes, leur gestion et la grave situation économique du pays, son délabrement, toujours bon dernier en tout.. Jamais d’éloge ou de satisfecit à quiconque. Là, ce sont des critiques honnêtes et justes. Bref, soyez rassuré, je ne vous “insulterai” plus, mais veuillez faire attention aussi aux mots que vous employez, si c’est ce que vous appelez “tactique”. En ce qui me concerne, je n’ai ni stratégie, ni tactique parce que je ne combats personne. Mais je paie une attention particulière à chaque mot, chaque phrase. Quand vous demandez à quelqu’un de s’engager dans une discussion “intelligente”, ne m’accusez pas après d’être insultant ou arrogant. Décidément, c’est le monde à l’envers.
Merci pour les fleurs que vous m’envoyez vers la fin de votre post. Je voudrais croire que je les mérite…😉

RICO:  Jacques… je peux être sévère dans bien des cas envers les autres, mais quand j’ai noté une certaine qualité chez quelqu’un, je n’ai aucun problème à en faire mention. Je dis que vous avez beaucoup à offrir dans ce forum….c’est un constat. Et je ne suis pas le seul à le realiser. Mais cela ne m’empêche pas non plus d’être exigeant envers vous en vous demandant de mettre vos talents au bon endroit. C’est à dire : éduquer notre jeunesse. C’est d’ailleurs notre objectif dans ce forum. Nous pouvons être de temps en temps en désaccord sur une question, un sujet , mais en aucun cas notre débat ne doit pas tourner au vinaigre. Merci quand même pour ce changement de ton. Je reviendrai sur la question de l’occupation Américaine, dès que possible. Soyez patient, cher compatriote!

RICO:  Edouard Le plus gros obstacle est le manque de leadership capable d’élaborer et d’exécuter un plan de transformation de la société haïtienne en raison de notre culture de méfiance et d’individualisme excessif.
PAUL:  “Haïti est le pur produit du colonialisme et de l’impérialisme, de plus d’un siècle d’utilisation de ses ressources humaines aux travaux les plus durs, des interventions militaires et de la ponction de ses richesses.”

Fidel Castro “L’hypocrisie générale des médias et des politiciens dans le cas des tenants et des aboutissants – de l’Histoire – d’Haïti, est tout simplement répugnante. On s’émeut de la catastrophe qui s’y est produit sans jamais parler du contexte dans lequel se trouve les Haïtiens depuis le début de l’arrivée des premiers empires colonialistes. Cette mise en contexte de la condition d’Haïti est non seulement absolument nécessaire pour comprendre pourquoi ce pays et sa population sont pris dans cette misère endémique, mais aussi par respect pour eux.Il n’y a pas plus irritant que de voir ces politiciens occidentaux et médias se demander de façon condescendante pourquoi est-ce que les Haïtiens semblent être incapables de s’autodéterminer et se sortir une bonne fois pour toute de cette misère cauchemardesque. S’ils possédaient ne serait-ce qu’une once d’honnêteté, ils se regarderaient dans le miroir et feraient un retour substantiel sur l’Histoire pour comprendre comment un pays et son peuple peut être détruit, anéanti, subjugué et dénié.”

http://cubasilorraine.over-blog.org/article-haiti-pur Haïti, pur produit du colonialisme et de l’impérialisme – Cuba Si Lorraine

 

JACQUES:   Je ne peux que saluer la publication de ce post qui explique les facteurs exogènes qui ont contribué à la misère, l’instabilité chronique et au sous-développement de notre pays. Mais puisqu’il n’y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir et comprendre, ils nous rejetteront toute la responsabilité de notre situation “à cause de notre “antiaméricanisme’, notre ‘racisme” aveugles qui nuisent aux relations de bon voisinage avec nos bienveillants amis qui, après tout, ne veulent que notre prospérité et notre bien (…) Alors, c’est notre faute parce que les racistes, les anti-américains c’est nous; pardon! c’est moi. 🤔
PAUL: De boycottage en sabotage, c’est la rage!
JACQUES:  YOUTUBE.COM:Comprendre Haïti en Six…
ALAIN:  Esclaves, nous sommes, je l’ai dit et redit en mainte fois!

RICO:  Hélas Alain…très peu d’entre nous le savent ! Voila une autre tragédie !

ALAIN:  Rico, beaucoup d’entre nous le savent mais préfèrent l’ignorer!

JACQUES:   Alain, j’ignorais que tu étais esclave, mon ami. Nos ancêtres qui le furent doivent se retourner dans leurs tombeaux.

ALAIN:  Jacques, Haiti ne nous appartient pas, qu’on le veuille ou non! Les dirigeants de ce pays se trouvent dans l’ambassade américaine. Oui pendant que tu m’ecrits, nos ancêtres, certainement sont entrain de pleurer comme des enfants!

JACQUES:  Tu enfonces une porte ouverte. Ma question pour toi: as-tu connu, ne serait-ce qu’une minute de ta vie, la souffrance de l’esclave? As-tu connu la douleur de l’arrachement, du déracinement involontaire? As-tu vu tes parents livrés à des chiens affamés et dévorés vivants par ces dogues. As-tu jamais senti la douleur qui en résulte. Si tu peux répondre positivement à ces questions, alors, tu es bien un “esclave”, mon fils.
Il ne faut pas confondre laquais, larbins et “ESCLAVES>

ALAIN:  Jacques, tu comprends tres bien ce que je veux dire. Il est bien vrai que nous ne sommes pas enchaines, mais nous ne dirigeons pas notre pays. e vais te citer des examples : Micky detient un passport americain et n’aurait pas du etre president d’Haiti. Lamothe, si je ne me trompe pas est ne en Floride et n’aurait pas du etre premier ministre. Dernierement, quelques Haitiens ont essaye de se debarrasser de Jovenel et qu’est ce qui s’est passe? Le mot esclave n’est peut etre pas approprie, je veux simplement rappeler a certains d’entre nous que notre Haiti n’est pas vraiment dirige par des Haitiens!

JACQUES:  Cher Alain, il ne faut jamais flétrir la mémoire des esclaves, car ces messieurs que tu viens de citer ne sont pas des esclaves. Les esclaves ne l’ont pas été volontairement–sauf probablement les lâches, les peureux, les timorés, les velléitaires. Mais pas Chavannes, pas Ogé, Boukman,Padre Jean, Mackandal, Jean-François, Biassou, ni non plus Sanite Bélair, Mari-Jeanne, Dédée Basil, et la triée. Kidonk, ann pa derespekte “esklav yo” , ni memwa esklav yo, paske yo pa gen anyen pou wè ak chyenkouchan ou site la yo.

ALAIN:  Jacques, ok, ce sont des vendus?

JACQUES:   Alain, des larbins. Ils souffrent tous du syndrome du larbin.

ALAIN:  Jacques, sans aucun doute!

PAUL:  “Nos maîtres [les maîtres d’Haïti ou des Haïtiens] sont l’homme blanc et son gérant noir évoluant dans un esprit de partenariat…” Jean Rico Louis, de qui ou de quoi parlons-nous ici? Qui est “l’homme blanc”? Qui est “le gérant noir”? Y a t-il des Haïtiens faisant figure d’homme blanc? Y a-t-il des Français, ou des Américains, ou des Dominicains ou des ressortissants d’autres pays faisant figure de gérant noir? Ou bien n’y a-t-il que des Haïtiens dans ce rôle? Nous devons pouvoir identifier ces présumés bourreaux. e plus, si les maîtres travaillent en partenariat avec leurs gérants, les deux ne sont-ils pas égaux?

RICO:  Paul, je ne veux pas être long. Voici la réponse à chacune de vos questions. Nos maîtres? Quand un pays ou un peuple est incapable de décider de son avenir librement , sans contrainte et que des gens revendiquent le droit de décider pour lui, ce peuple ou ce pays n’est pas souverain. Lorsque des étrangers décident qui doit être les leaders d’un peuple et font tout pour les lui imposer ,ce peuple ne peut plus parler de liberté . Il devient malgré lui esclave. Bref…tout esclave a un maître. Les bourreaux dont vous parlez ,ce sont des dirigeants qu’on nous impose , qui sont plus au service de ces maîtres et qui jouissent également de l’impunité totale même quand ils commettent des crimes de haute trahison. Il n’y a la rien de compliqué cher ami. Même l’homme haïtien le plus ignorant sait que tout se décide dans une certaine Ambassade en Haïti.C’est notre triste réalité depuis 1915!
GUY GUY: à Rico!Pour l’édification de nos lecteurs avides de clarté quant à certaines expressions utilisées ici et là au cours de nos débats je vous prie de répondre aux questions suivantes restées en veilleuse jusqu’à présent,à savoir: Comment définir le mot ” Anti-Américanisme”? Est-ce un sentiment,une idéologie, une philosophie,un comportement, un modus vivendi tout court?Comment se manifeste un tel “Anti-Américanisme”? Peut-on dissocier les dénominations “Anti-Américanisme” et “Anti-impérialisme”?
RICO:  Mon cher Guy Guy, l’Anti-Américanisme peut être un sentiment, une idéologie,un comportement, un modus vivendi,sauf une philosophie en ce qui concerne nous autres Haïtiens. L’occupation Américaine est une blessure profonde dans l’âme nationale. Personne ne peut effacer à tout jamais les cicatrices. L’homme haïtien ne peut pas oublier les méfaits de cette occupation et les conséquences qui en découlent. Généralement l’ haitien est fier de son histoire. IL ne peut pas supporter d’être piétiné par personne. Même dans la pauvreté , il tient à ce qu’on ne touche pas à sa dignité. Voilà pourquoi , même quand les Etats -Unis peuvent avoir fait du bien à ce peuple,il ne peut pas oublier qu’on lui a confisqué sa souveraineté. Choisir des leaders pour lui ou sans son consentement est un affront, d’autant que ces leaders jouissent de l’impunité totale même quand ils ont commis des crimes de haute trahison. Nul peuple en ce bas monde ne peut et ne veut vivre en soumis! Laisser ce peuple choisir ses leaders , le soutenir également quand il doit traduire les traîtres en justice, si nécessaire, sont des pas dans la bonne direction pour les Américains de se racheter aux yeux des haïtiens. Ce n’est pas en jetant des miettes à un peuple qu’on l’honore; mais c’est en respectant sa dignité! IL n’existe pas de petit peuple en ce bas monde. IL n’y a que des peuples moins avancés par rapport à d’autres sur l’échiquier mondial!
GUY GUY: Rico, Quid de l’Anti-Impérialisme?L’aversion de certains compatriotes contre les Américains n’est-elle pas plutôt une expression de leur “Anti-Impérialisme ” en général et de leur répugnance relative à la tendance notoire des “Américains”à l’expansionnisme à l’échelle mondiale en particulier et non un “Anti-Américanisme” per se?
RICO:  Guy Guy, bien sûr que oui! Les peuples du monde éprouvent ce sentiment partout sur la planète et cela devient le dénominateur commun de tous les opprimés. Dans le passé, plusieurs s’étaient ralliés à l’idéologie communiste, à l’idée qu’ils pouvaient se libérer du goulot d’étranglement du système capitaliste. Mais plus ils s’obstinaient à lutter contre ce système plus ils réalisaient que leur forme de lutte était dépassée , compte tenu des moyens sophistiqués mis en place pour la pérennité de ce système par les maître de ce monde.Malheureusement ils n’avaient jamais réalisé que le capitalisme s’était transformé en l’impérialisme , lequel est un système nettement avancé par rapport au système capitaliste, qu’il comporte ses lois inexorables à l’instar de la gravité, qu’il n’est pas l’apanage d’un peuple ou d’une race et qu’il est la pour réduire à l’impuissance les peuples non avant-gardistes et que sa finalité se résume en ce credo : s’adapter ou disparaître. Hier encore….les Américains étaient les maîtres du monde. Mais aujourd’hui et probablement dans un avenir pas trop lointain, à moins de trouver une nouvelle formule pour contenir la montée spectaculaire de la Chine , les Américains n’auront d’autres choix que d’accepter leur nouvelle réalité.Et le peuple haïtien d’en faire autant! Sur L’échiquier mondial de demain ,les trois grandes forces appelées à prendre leur place au détriment des peuples réduits à l’impuissance ,ce seront : les États-Unis avec leur force militaire redoutable; la Chine avec sa puissance économique qui ne se démentira point, et l’Europe qui cherchera à maintenir l’équilibre entre les deux geants pour sa propre survie. Mais le reste du monde devra s’adapter et se contenter des miettes tombées en dessous de la table. Que personne ne se berce d’illusion….la loi du plus fort sera toujours la meilleure et les notions de droits humains appartiendront au passé. Malheur aux vaincus disaient les Romains!
GUY GUY: à Rico  Mes félicitations pour votre brillant exposé.Mais 2 points ont retenu mon attention.

A. Vous avez omis de nous dire si pour vous les attributs “Anti-Impérialisme” et “Anti-Américanisme” sont synonymes”. B.)L’impérialisme américain est répudié non seulement par les opprimés du tiers-monde et les communistes d’hier et d’aujourd’hui. Même l’Allemagne et la France critiquent ouvertement et à plusieurs reprises l’impérialisme américain et la tendance expansionniste chronique des Américains partout dans le monde. Le chancelier Schroeder par exemple a refusé catégoriquement de s’allier aux États-Unis en 1994 pour envahir Irak,comme suggéré par Georges Busch junior.Pourtant les Allemands ne sont certainement pas des “Anti-Américains” et n’ont jamais opprimés par les Américains.

RICO:  Guy Guy, les deux termes ne sont pas synonymes. L’Anti-impérialisme est un sentiment de rejet et de condamnation de toutes les anciennes puissances coloniales qui s’acharnent encore a exploiter les ressourses de leur Ex-colonies a travers des méthodes sophistiquées et raffinées que meme le systeme capitaliste était incapable de concevoir a un moment donné. C’est le perfectionnement de ce systeme jusque dans ses limites absurdes. Les pays pauvres doivent se plier aux exigences des ex-colonisateurs sans dire mot; et s’ils osent se plaindre, c’est la guerre au nom du désir de faire la promotion de la démocratie chez eux, mais pas dans le sens de leurs intérets propres. Cette forme de gouvernement est le miroir aux allouettes, c’est a dire un moyen de controler ce gouvernement tout en travaillant, le cas echéant au cas ou ce gouvernement est hostile aux intérets des grands, a créer le conflit souhaitable ,a travers le phénomene de provocation , lequel consiste a forcer tout gouvernement hostile a se défendre par le jeu bien peauffiné action et réaction !.On doit créer des troubles dans ce pays, contraindre ce gouvernement a se défendre et ensuite l’accuser de violations flagrantes de droits humains. C’est la recette idéale pour renverser les gouvernements avec lesquels “la haute pegre” internationale est en désaccord. Et le jeu est fait. Tandis que l’Anti-Américanisme est un sentiment de rejet et d’hostilité envers la politique etrangere des Américains, laquelle constitue une entrave ou un obstacle aux intérets des pays de la planete et meme chez les alliés des Américains. Finalement, si l’on ne peut pas dire que l’Anti-impérialisme est synonyne de l’Anti-Américanisme, pourtant, il n’en demeure pas moins vrai que l’attitude des Américains face au reste du monde quand il s’agit de défendre leurs intérets envers et contre tous, est une réalité a ne pas sous-estimer d’autant que les Américains sont percus comme le chef de file des impérialistes.

Cinquième Partie!

MARCEL: Il est trop aisé de vouloir prendre au mot ce que quelq’un a voulu tout simplement rendre dans un simple commentaire. Les américains sont-ils intervenus en Europe sans qu’il n’ y ait de pertes en vie humaine? Je ne pense pas que ce soit là, vraiment , la pensée de Jean Louis Ricot.

JACQUES:  J’ai répondu arguments et documents à l’appui dans mes interventions à cette assertion de Jean Rico Louis sur laquelle d’autres ont fermé l’œil parce qu’il leur était plus confortable de m’accuser d’être “un idiot, stupide aigri, pleurnichard engoncé dans ses jérémiades d’anti-blancs, anti-clairs, anti-Américains”…qui s’accroche au passé en guise de regarder vers l’avenir. Cependant, on a dit que c’est moi qui insulte et manie l’invective😂… Alors qu’on relise mes textes pour voir mes contrepoints et déceler mon “racisme” car c’est qu’ils ont dit en fait, en filigrane, lorsqu’ils utilisent ces termes.

Quand un homme clair dit à un moins clair “vous ressemblez à ces chefs d’état passés: il vous suffirait de réunir sous vos ordres quelques individus pour régler de façon définitive, le sort de ce troupeau, cet amas confus d’individus que Price-Mars nomme peuple”, le raciste est le moins clair, n’est-ce pas; mais les déclarations de Rico rapportées en Introduction au texte du Pasteur d’Amouliou, à savoir que l’occupant n’avait pas fait occire, trucider des Haïtiens pendant cette période 15-34 sont minimisées. D’un revers de main on les banalise sou prétexte qu’il se serait “mal exprimé”. Cela montre clairement– to put it midly–comment l’on peut être biaisé dans un débat quand bien même les contradictions, les contre-vérités de l’autre sont avérées et démenties par les propres enquêtes de journalistes et d’écrivains de chez l’Occupant.

 

MARCEL: L’Allemagne a fait plus de victimes en France durant leur occupation que les Etats-Unis en ont fait en Haïti. Quand je vois un homme blanc comme Macron flirter avec un tout aussi blanc que Merkel, j’ai envie de lui dire : Macron vous manquez de sang haïtien dans vos veines !
JACQUES:  Marcel: c’est ce genre de comparaison tèt chat qui me donne envie de rire de vous et de votre ami. Quelle était la population de la France et le nombre des victimes francaises de l’occupation allemande comparée à celle d’Haïti et celles de l’occupation dans notre pays? Saviez-vous que même avec moins de cas de Sida inventoriés dans notre pays qu’à New-York ou Los Angeles le taux d’infection est plus élevé chez nous que dans ces deux mégapoles des États-Unis?. Alors arrêtez votre comparaison ridicule. Apre na di mwen rayi milat, mwen frakan.
RICO:  Marcel Salnave, peu importe la pertinence de vos arguments, vous n’arriverez jamais à convaincre ceux qui trouvent confort dans leur opinion absolutiste. Cela dit, sachez que dans tout forum de discussions , il y a des individus qui veulent toujours avoir le dernier mot. Gardez le cap et ne cédez en rien à personne. Nous ne sommes plus au temps de François Duvalier ou ce tyran se donnait le droit de ” penser pour tout le monde “. Les gens intolerants et autoritaires ont toujours cette manie de faire la leçon aux autres! Pas de concessions. Le dialogue des sourds est tout ce qu’ils veulent et méritent!
JACQUES: Rico vous êtes l’épitomé du larbin et vous êtes décevant. Vous avez trouvé votre mulâtre en Salnave, et lui, en vous son nègre, comme vous voyez en les blancs en général vos maîtres. Gardez-vous, désormais de réagir à mes posts et interventions.Verwalten

 

RICO:  À celui qui a voulu me lancer le dernier crachat au visage, à savoir que j’ai trouvé en Salnave mon mulatre; et Salnave de son côté a trouvé en Rico , son negre, je lui dirais que votre venin est insuffisant pour me causer le moindre mal. Vous êtes trop pauvre pour vouloir m’empoisonner avec ce qui vous en reste. SVP, reprenez le ! Dieu seul sait combien vous en avez besoin! Quant à moi…j’ai décidé d’aimer tout le monde. Je n’ai jamais été victime des mulatres ni des blancs, voilà pourquoi il m’est difficile de haïr quiconque. La haine des autres est un poison qui nous détruit tranquillement et nous prive des moments de bonheur. En cadeau, je vous offre mon indifférence! Adieu ….vieux frère misérable!Verwalten

RICO:  Jacques et Marcel… j’ai déjà écrit que ceux qui critiquent les Américains avec rage ou éprouvent une haine implacable contre eux , seraient surpris de constater que la majorité des haïtiens préféreraient une occupation Américaine que le piètre leadership de nos soit disant leaders. François Duvalier ne prétendait il pas être le ” drapeau haïtien, un et indivisible ” ? Et pourtant …y a t il un président dans toute notre histoire semblable à François Duvalier et qui avait fait autant de torts à notre pays? Mais ceux qui l’ont toujours aimé et supporté n’ont aucun complexe à prétendre qu’il était un grand leader. A ces gens là, je dirais si François Duvalier ou Aristide sont l’idéal du leader capable de sortir Haïti de son trou….ne soyez pas surpris de voir le peuple haïtien dire ” ouï à une occupation Américaine ” et non à ces leaders Anti mulatres, anti-bourgeois, anti – tout, sauf à leur idéologie -noiriste absurde. Si Dessalines ou Petion étaient racistes, il n’y aurait pas eu Verrières. Et pourtant Petion et Dessalines ont choisi de mettre leur différence ethnique de côté pour embrasser une cause plus grande qu’eux : l’indépendance d’Haïti. Lorsque je parle de faux nationalistes ,mon cher Jacques, je ne m’adresse pas à vous. Je m’adresse à ces gauchistes, ces communistes déguisés qui veulent tromper le peuple une fois de plus en lui faisant comprendre que les Américains sont leurs ennemis . Mais une fois arrivés au pouvoir , ils deviennent les pires ennemis du peuple. Et ils sont plus que disposés à faire des courbettes non sollicités par les Américains pour garder le pouvoir.Je suis haïtien comme tous les autres. En d’autres termes…je ne suis pas plus anti ou pro-Américains que personne. Par contre, je ne suis pas prêt à monter la tête du peuple contre cette puissance, laquelle nous a fait autant de bien que de mal. Pourtant….je me suis déjà fait traité de larbin. Et savez vous Jacques Jean-Baptiste pourquoi je ne me suis pas éternise sur cette insulte ? Tout simplement parce que je ne me laisse pas définir par personne. Cela dit, faisons attention à notre comportement face aux Américains. ILs sont ce qu’ils sont dans le monde. Ce ne sont pas nos critiques obliques, notre ressentiment ou notre condamnation qui vont les porter à changer d’attitude dans le monde. Les Américains sont un empire comme tous les autres dans le passé ; qu’ils veuillent l’admettre ou pas, ils sont condamnés à subir cette loi imprescriptible de l’univers , à savoir une fois leur apogée atteinte, ils doivent céder leur place à un autre empire! Jacques Jean-Baptiste….gardez vous de croire qu’on vous en veut pour vos opinions! C’est à vous de décider si vous voulez être un contributeur positif dans ce forum ou perdre votre temps à lancer de temps en temps des flèches empoisonnées à des adversaires réels ou supposés! On me persuadera à changer mon opinion face aux Américains lorsque nos dirigeants cesseront d’être des apatrides et feront mieux que les Américains. Dumarsais Estimé et Paul Eugène Magloire étaient de bons leaders qui voulaient remettre le pays sur les rails. iLs étaient loin d’être parfaits, mais au moins le pays avait une chance d’aller dans la bonne direction. Nous avons besoin de regarder nos tares en face et de les corriger avant de dire en tout temps….que c’est la faute des Américains pour tout ce qui va mal chez nous!


Sixième Partie!

GUY GUY: À mon avis les paysans haïtiens ont occupé le première place parmi les victimes de la première occupation militaire d’Haiti par les Américains.N’est-il pas pertinent de comparer leur situation socio-économique avant et après 1915 ?Utilisés comme chair à canon dans toutes les révoltes et mouvements révolutionnaires dans notre histoire de quelles réformes(par exemple “politique terrienne” de Toussaint Louverture, réformes “agraires” respectives de Jean-Jacques Dessalines et de Pétion) ou “codes de travail”(par exemple “Code rural” de Boyer et “Code de travail” de Francois Duvalier) ont-ils pu ou su profiter?Quelles sont d’après vous les mesures à prendre pour améliorer le standard de vie du paysan en général et du cultivateur en particulier ?
ASTRID: Très bonne question Doc. !!!! Cependant pour y répondre il faudrait effectuer une étude approfondie des problèmes,  aussi bien que les capacités en action dans ce secteur. Faudrait aussi envisager des mesures dédiées à contourner certaines situations néfastes, atténuantes et endémiques qui affectent la communauté paysanne haïtienne… Une telle étude devra aussi s’étendre sur les infrastructures gérant les relations économiques dérivant du mercantilisme entre les divers secteurs sociaux du pays. En un mot gérer le barème : offre et demande..
FIGNOLÉ: Beaucoup d’études approfondies existent déjà, à travers les lectures historique, sociologique, anthropologique, économique du peuple Haïtien. Elles ont été exposées au publique par des intellectuels Haitiebs autant qu’étrangers. Voilà, en vrac, quelques points à considérer:
  1. Eliminer le coté parasitique et improductif de la propriété terrienne en Haiti par un système fiscal progressiste.
  2. Sortir des traités paralysante que les régimes internationaux nous ont imposés. Etablir des tariffs sur le commerce import/export. Nous n’avons rien à perdre, puisque bous n’exportons rien et ne bénéficions de nulle faveur dans l’importance.
  3. Rétablir un état de responsabilisation politique, juridique et social digne d’un état sérieux, au-delà des options idéologiques.Naturellement, ce sera, peut-être, la guerre ouverte. Mais que les enjeux soient clairement définis et que les jeux soient faits

 

GUY GUY: Merci pour tes suggestions.Quid de la situation socio-écono-mique des paysans avant et après 1915?Ont-ils profité d’une façon ou d#une autre des diverses réformes agraires entreprises de l’époque de Toussaint Louverture à nos jours?Si oui à quels points de vue?

FIGNOLÉ: Chronologie. 1801 d’abord. A mon avis, les réformes agraires de Toussaint Louverture prenaient place dans une société post-esclavagiste issue d’un soulèvement général des esclaves. On ne peut pas juger ses actions sur la base des sociétés féodale d’abord, républicaine ensuite, qui s’ensuivront.
Les objectifs principaux de TL étaient d’abord 1. L’abolition de l’esclavage. 2. Le démantèlement du monopole colonial.
Ces deux objectifs ont été substantiellement accomplis .

RICO:  La paysannerie haïtienne a toujours été la base de l’économie haïtienne.iL n’y a rien d’étonnant qu’elle fût, est et demeure à ce jour la grande victime de toutes situations socio-économiques catastrophiques d’Haïti. N’est ce pas vrai que les gens aux moeurs raffinées des villes les ont toujours regardés du haut de leur grandeur ? Le pire est que ces pauvres gens sont toujours prêts à se faire sacrifier pour leur lopin de terre, d’autant que cette possession représente pour eux la vie. La triste réalité est que les autorités haïtiennes ainsi que des étrangers ne sont pas toujours disposés à leur offrir aucune forme de compensation pour leur lopin de terre acquis au prix de grands sacrifices,lequel lopin de terre est toujours susceptible d’être confisqué par des gangs de toutes sortes. D’ou leur réaction émotionnelle face à de telles injustices. Réaction émotionnelle de la paysannerie et témérité des autorités locales sont la parfaite combinaison pour mettre le feu au poudre. D’où leur situation d’eternelles victimes!

ERNST:  Le peuple haïtien est plus que la victime d’une mauvaise saison historique bien déterminée, il est simplement la victime de tous nos temps historiques que ce soit de nous ou des autres. Mais c’est encore pire quand c’est nous qui leur tendons, pas la dragée haute, mais le morceau d’aloe vera à distance mesurée. N’avait-il pas été l’esclave, le marron, le révolté, le va-nu-pieds, puis après 1804 le paysan, le nègre des mornes, le ‘bidonvillois’, le gros orteils, ti nèg nan mon, les sans aveu qui viennent peupler nos villes, puis les réfugiés, les déportés, et les casseurs et les sous-humains actuels baignant dans sa boue puante, puis dans son sang contaminé, buvant l’eau de leurs bouches tuméfiées par des dents cariées chez qui une simple fièvre ou une simple infection est maladie mortelle et qui aujourd’hui encore ne peuvent pas voir un médecin même une seule fois de toutes leurs vies. Selon la légende historique, ce dernier rappel savait faire pleurer François Duvalier quand il était obligé de pénétrer certaines ajoupas de paille séchée pour guérir leur pian.

Le paysan est la victime, la seule victime, seule contre la mafia d’ici, d’ailleurs, d’outre-mer et d’outre-tombe, peut-être d’outre-ciel, qui sait ? Leur mal ne refuse-t-il pas de succomber. Le seul qui ne vole jamais de ses grandes ailes de carnassiers quand le temps est mauvais, puisqu’il ne peut aller nulle part, pour retourner quand le temps est beau assez pour continuer la pêche, la chasse, le pillage, le carnage aux dépens d’eux et de la nation qu’ils ont forgée. Le paysan haïtien est toujours la victime et nos grands pères trinquaient avec l’ennemi quand leurs grands-pères tombaient sur-le-champ de bataille, chantant le refrain embarrassant et mortel « pa gen manman pa gen papa sa ki mouri zafè a yo ». Et puis ils mourraient comme ils meurent aujourd’hui sur le champ de bataille socio-politico-économique haïtien, ou dans les goémons verts de l’Atlantique et des mers de la Caraïbe quand les requins de terre sont rassasiés de leurs vertus au rabais et que les requins de mer sont rassasiés de chair de corbeaux noyés, et toujours zafè a yo.

Le paysan haïtien, le sa ki mouri zafè a yo c’était eux, eux seuls et ce sont encore eux aujourd’hui nos souffre-douleur, forgeurs de nations, des spécimens sous humains pires que sous n’importe quelle occupation. Nen pran kou je kouri dlo, li fè pi mal le se men paw ki bay zye pa’w kou-a. Et puis, notre bon Demesvar Delorme n’avait-il pas écrit belle lurette « Quand le maître de la maison est content qui osera donc de se mêler de ce qui s’y passe ?». Cela vaut encore. Occupation américaine ou pas, men’m kout baton-an. Baton sila-a fèt ak bwa gayak planté par le paysan puis travaillé, effilé puis utilisé en ville par ses propres petits-fils contre lui.

Ernst 5/13/2019.

Annexe!

W.E.B. Du Bois à Wilson : Lettre du 3 août 1915
Dans Taking Haiti : Military Occupation and the Culture of U.S. Imperialism, 1915-1940 (2001), l’historienne Mary A. Renda soutient que jusqu’en 1920 avec l’enquête promulguée par James Weldon Johnson, Du Bois était l’un des rares Noirs américains à prendre position contre l’occupation américaine d’Haïti[22]. C’est une opinion que corrobore aussi l’historien Léon D. Pamphile qui utilise les nombreux écrits de Du Bois pour établir son opposition à saveur idéologique face à l’ingérence américaine[23]. Pourtant, une relecture de cette lettre démontre une pensée plus complexe de l’intellectuel afro-américain face à la question haïtienne. Dans un court document, Du Bois se permit de faire trois suggestions au président sur sa politique étrangère en Haïti, toutes demandant une activité transparente et l’approbation des chefs d’État haïtiens[24]. Si cette lettre témoigne effectivement d’un intérêt singulier pour Haïti, elle ne suppose pas que Du Bois s’opposait catégoriquement à l’occupation du pays. En effet, il déclarait au début de son ébauche que Haïti n’était « pas si mal »[25] et que le pays avait su « contribuer dans une certaine mesure » à la cause humaine (en l’occurrence, des Noirs)[26]. En s’adressant au président, Du Bois soulignait l’état d’urgence en Haïti et encourageait une intervention américaine pour « sauver Haïti d’elle-même »[27]. Plus évocateur encore de la pensée de l’historien afro-américain, il estimait qu’une politique basée sur la collaboration et non pas la domination en Haïti serait « en quelque sorte un acte solennel de la réparation… pour les grands torts infligés par ce pays [les États-Unis] sur la race noire »[28]. Il apparaît évident qu’il faisait référence aux pratiques wilsoniennes à l’égard des Noirs américains. Tel qu’évoqué, Wilson avait refusé une Commission nationale sur les problèmes raciaux en 1913. Il était aussi resté généralement indifférent aux cris de la NAACP contre l’instauration de ségrégation raciale au département d’État tout au long de son mandat. De plus, le président n’avait pris aucune mesure pour contrer la multiplication des crimes violents contre les Noirs, dont le lynchage restait l’exemple le plus sanglant. À titre d’un des rares intellectuels noirs américains qui avait publiquement endossé la campagne présidentielle de Woodrow Wilson en 1912, Du Bois prit comme un échec personnel la faillite du président sur les questions raciales[29]. Aussi, une politique extérieure en Haïti déployée avec le consentement de la classe politique haïtienne pourrait, selon Du Bois, permettre à l’administration Wilson de renouveler son image domestique et de prouver (jusqu’à un certain point) qu’elle n’était pas intolérante. Cette possibilité prit une forme plus explicitement plus tard dans sa lettre au président lorsque Du Bois affirmait ce qui suit : « Les États-Unis ont à travers le monde une réputation d’injustice étudiée envers les Noirs. Le parti politique dont vous êtes le candidat est historiquement le parti de l’esclavage des Noirs. N’est-ce pas là une occasion propice d’attaquer […] ces hypothèses […]? » [30]. (à suivre)
JACQUES:  Guy Guy, si tu pouvais nous faire l’économie des opinions de Jean Rico Louis, tu rendrais un service énorme à la jeunesse haïtienne. Sans vouloir insulter le grand et superbe matador historien, je crois que Rico, se yon “événement”. Son nom signifie riche, mais il n’est pas riche d’idées, de bonnes idées. Ka misye grav e opinyon li yo se yon reyèl danje. Ce l’est en général des opinions tous les sots savants, comme disait Molière!
FIGNOLÉ:  Mon cher Jacques, je crois qu’il existe assez de materiau disponible pour presenter un cas contre les opinions non ancree dans des fondations historiques. Bien au contraire, c’est une occasion de presenter ces faits Dans le Coin de l’Histoire.
JACQUES: Mais, cher Fignolé, il ne présente aucun fait: il opine et a une opinion-recommandation bien arrêtée pour les anti-américains, anti-blancs et anti-mulâtres aigris: COUCHEZ-VOUS À PLAT-VENTRE ET RAMPEZ DEVANT LES BLANCS, Les AMÉRICAINS parce qu’ils sont les puissants maîtres du monde et l’on n’y peut rien…contre. C’EST la réalité et il est “RÉALISTE”, comme si ceux qui sont nés au siècle dernier ignoraient et sous-estimaient cet état de fait. Voici ce qu’il prêche et il juge sa position recommandable: “les Haïtiens doivent être réalistes et mettre de côté leur discours Anti-American et nationaliste stupides. Ensuite l’opposition et le gouvernement doivent être unis et parler d’une seule voix pour être pris au sérieux par les Américains. Ils sont les maitres du monde. On ne doit jamais ignorer cette réalité. On peut tout avec les Américains si l’on accepte leur règle du jeu et rien sans eux. Les bavards qui critiquent sans cesse les Américains sous prétexte qu’ils sont les ennemis d’Haiti doivent cesser ce genre de discours négatif et collaborer avec les Américains dans la mesure du possible. Les autres pays vivent avec les Américains et pourquoi pas nous. La Domicanie fait du progrès en dansant le tango avec eux. Pourquoi pas nous. Les Américains sont incontournables. Haïti ne pourra rien tant et aussi longtemps que nous pratiquons ce nationalisme au rabais. Que les Haïtiens le sachent : notre sous sol restera inexploité tant et aussi longtemps que nous demeurerons hostiles aux Américains”.(Jean Louis Rico)
HUGUES: Rico a sa version des faits. En voici une autre de faits probablement déjà énoncés dans tout ce qui a été dit ici à ce sujet:
“… HAITI.
U.S. air power in Haiti in 1919 witnessed the first known use of U.S. aerial bombings of civilians and the utilization of aircraft in close air-support of ground combat troops.[xviii] U.S. warships were sent into Haitian harbors at least 24 times between 1849 and 1913 to “protect American lives and property,”[xix] landing Marines on at least three of those occasions (1888, 1891, 1914)[xx]. Changes in Haitian leadership in 1915, perceived as a threat to long standing American interests, greatly alarmed U.S. President Woodrow Wilson who quickly sent an initial contingent of 330 U.S. Marines to Port-au-Prince on July 28, which quickly grew to a force of 2,000,[xxi] prodded by U.S. “Americans who were concerned about their investments.”[xxii] Especially troubling to “Americans” was the fact that the Haitian National Assembly refused to ratify a U.S.-crafted constitution that assured U.S. corporations the right to purchase Haitian properties.[xxiii] Within six weeks, representatives from the United States controlled Haitian customs houses and administrative institutions with many more Marines being dispatched over the years.[xxiv]
However, this time the U.S. Marine forces remained continuous occupiers for 19 years until 1934, always rationalized “to protect property and preserve order.”[xxv] During the occupation, American troops “murdered, destroyed, reinstituted virtual slavery and demolished the constitutional system,” wrote Noam Chomsky, with estimates of number of Haitians killed ranging from 15,000,[xxvi] to 50,000.[xxvii] Typically possessing a European mindset arrogantly conditioned by “Guns, Germs, and Steel,”[xxviii] the U.S. Marines “successfully” conducted this early counterinsurgency warfare killing thousands while suffering but insignificant casualties of their own – reportedly 26 killed in action and 79 wounded out of a total of several thousand combat troops.[xxix]

The United States bombings against Haitian civilian populations occurred as early as 1919 and continued into 1920. Haitian Indigenous armed resistance increased during the period 1919-20, and was met by the first known application of U.S. counterinsurgency doctrine, which was used extensively in Nicaragua ten years later. This doctrine included the conscious policy of terrorizing urban populations from bombings, and was applied against Les Cayes, Haiti’s, Haiti’s third largest city with large casualties.[xxx] Combat aviators flying seven Curtiss HS-2L flying boats and six Curtiss “Jenny” bi-planes with 25-pound bombs loaded into canvas mailbags experimented with “dive-bombing,” releasing the bombs with a tug of rope from about 250-feet during a steep dive of 45 degrees.[xxxi] Pilots freely used these new aerial tactics against the “hostile” civilian communities, as well as against the presence of their armed resisters called cacos under the direction of charismatic Charlemagne Peralte. The U.S. Marines, excitedly using air bombings and strafings to support troops on the ground, killed Peralte and rousted the cacos by March 1920. The Marine Corps reported “hundreds of casualties” in their successful counterinsurgency campaign, bragging about their defeat of local opposition forces.[xxxii]

High casualty figures were reported by the New York Times in 1920. A U.S. American present in Haiti reported that “American marines, largely made up of and officered by Southerners, opened fire with machine guns from airplanes upon defenseless Haitian villages, killing men, women and children in the open market places; natives were slain for ‘sport’ by a hoodlum element among these same Southerners…The natives were armed largely with obsolete and useless firearms, some even with scythes, according to Mr. Franck, and it is to this fact rather than to the boasted marksmanship of the marines that he attributes the deaths of 3,000 blacks and of only twelve whites.”[xxxiii] Harry A. Franck was a noted traveler and authority on the West Indies and he had been in Haiti in January 1920 on a tour of the Caribbean for The Century Magazine. He had heard the atrocity stories “from many reliable sources, including sources friendly to the Americans.”[xxxiv] A similar casualty figure was reported in 1920 by the NAACP which had taken on a project to liberate Haitians from U.S. occupation. Their on-site report found “that 3,000 Haitians had been killed by U.S. Marines, torture had been practiced, and rigid censorship imposed, Haitian freedom…had been destroyed by the U.S.”[xxxv] And this was after only the first five years of a 19-year occupation.”

http://www.brianwillson.com/bombing-history-including-

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