• En Guise d’Éditorial


 “Chat échaudé craint l’eau froide” dit-on. Il n’y a rien comme l’expérience pour nous apprendre comment éviter certaines situations dans le futur. Malheureusement nos meilleures intentions n’étant pas toujours en cause, on fait de son mieux et espère le meilleur. Il est tel des cas de cancer qui altèrent notre existence au point de la rendre misérable dû non seulement aux souffrances physiques et morales qui en découlent mais à ces traitements incongrus et onéreux sans nulle garantie. Les méthodes qui s’inscrivent dans l’implementation de la thérapeutique moderne sont si brutales qu’elles s’avèrent souvent de vraies tortures ou poisons pour le malade; aussi beaucoup de patients ont recours à la médecine traditionnelle ou alternative.

J’aimerais aujourd’hui proposer un article lu récemment qui nous offre un choix pareil. Je suis certaine que beaucoup partagent mon opinion que les options soulagent et libèrent quelque peu quand on est placé devant un fait accompli.


La bactérie qui guérit le cancer

GRAPEVINE 03Il y a quelques jours, les scientifiques ont découvert une technique naturelle qu’utilisait un médecin il y a plus de cent ans pour soigner certains cancers. Pourtant plus efficace que toutes les méthodes actuelles, elle est étonnamment tombée dans l’oubli…

Un médecin pas comme les autres

En 1890, le docteur William Coley, un chirurgien cancérologue américain, échoue à sauver la vie de son premier patient atteint de sarcome, un cancer des os. Le poids des regrets et des interrogations le pousse à chercher dans la littérature médicale les moyens et techniques qui auraient pu sauver le patient.

Un soir après de longues recherches, un cas attire son attention : celui d’un patient malade dont la tumeur avait mystérieusement disparu après une infection bactérienne de la peau. Plus incroyable encore : après cette guérison, la tumeur ne récidive pas, alors que la récidive est fréquente en cas de sarcome. Le Dr Coley se risque alors à une explication qui parut inacceptable par ses confrères de l’époque : l’infection aurait stimulé le système immunitaire qui aurait ensuite naturellement éradiqué la tumeur.

Fort de cette hypothèse, le docteur se mit à fouiller toute la littérature médicale sur les cancers depuis plusieurs siècles à la recherche d’informations supplémentaires. A l’issue de ses recherches, il décide d’injecter à ses patients une mixture contenant Streptococcus pyogènes, la bactérie causant l’infection cutanée. Son hypothèse est que les infections inciteraient le système immunitaire à lutter contre les tumeurs.

Autant dire que si, aujourd’hui, un médecin infectait volontairement ses patients, le conseil de l’ordre et le ministère réunis lui tomberaient sur le dos ! Mais il se trouve que l’homme voyait juste : le premier patient à avoir reçu l’injection a vu son état s’améliorer de façon spectaculaire en quelques semaines seulement.

Durant les quatre décennies qui suivirent, il continua à expérimenter son traitement sur les malades victimes de cancers, affinant au fur et à mesure sa potion pour produire un traitement plus adapté : les bactéries étaient tuées avant d’être injectées pour rendre le traitement plus sûr, et l’injection était composée de deux espèces de bactéries pour mieux stimuler l’immunité.

Des centaines de personnes ont pu bénéficier de ce traitement original mais aucune étude rigoureuse n’avait encore évalué les bénéfices réels de la technique de Coley comparativement aux méthodes classiques.

En 1999, les scientifiques ont enfin cherché à vérifier l’efficacité du traitement Coley selon les normes d’aujourd’hui. Les résultats sont tout simplement incroyables ! Il a été établi que le taux de survie des patients de Coley était nettement supérieur à celui des patients recevant les traitements contemporains.

Parmi les patients atteints de sarcome, 50 % de ceux traités par les injections de Coley contre seulement 38 % de ceux traités aux thérapies classiques (chirurgie, radio et chimio), ont survécu à leur maladie. Si l’on tient compte du fait que le sarcome touche 2000 personnes par an au Maroc, cela voudrait dire qu’en 100 ans, le manque d’attention porté à la technique alternative du Dr Coley a tué au moins 200 000 personnes !

La technocratie au-dessus de la santé

Si l’immunothérapie lancée par le docteur Coley, ne figure pas aujourd’hui parmi les démarches thérapeutiques officielles, ce n’est pas par hasard. Quelques années avant la découverte de Coley, deux autres thérapies étaient en train de devenir les références en matière de traitement du cancer : la chimio et la radiothérapie. Financées par les millions de dollars des gros laboratoires, ces techniques se sont rapidement imposées dans l’idéal de chacun comme « les plus efficaces » et « incontournables ».

Contrairement à ces techniques qui utilisent des molécules individuelles aux mécanismes d’action définis, la méthode Coley nécessite un calibrage méticuleux pour chaque patient, rendant les comparaisons entre malades plus délicates. Les quelques scientifiques qui avaient tenté à l’époque de reproduire sans succès les résultats de Coley n’avaient pas cherché plus loin que le bout du nez et fini par déclarer que la chimio et la radiothérapie étaient supérieurs.

Mais surtout, le principal problème est que les normes de sécurité exigées par les autorités sanitaires pour injecter une bactérie même morte, à un être humain, demandent des millions voire des milliards d’euros d’investissements. « Il est très difficile d’obtenir une approbation pour le développement de médicaments à partir d’extraits bactériens», explique Uwe Hobohm, biologiste et bio-informaticien à l’Université des Sciences Appliquées de Giessen, en Allemagne.

Il propose en revanche une approche plus pragmatique qui consiste à déterminer les mécanismes par lesquels les vaccins bactériens agissent. Afin de développer des thérapies à base de molécules spécifiques produites par les bactéries, mais purifies et standardisées pour les rendre conformes aux exigences des administrations de sécurité sanitaire.

L’immunothérapie, l’avenir face au cancer

Malgré cela, quelques laboratoires s’intéressent de près à ces découvertes. Un laboratoire Canadien, MBVax, a reconstruit la plus efficace des injections du docteur : une bactérie morte de Streptococcus pyogènes et Serratia marcescens, qui produit un pigment rouge, la prodigiosine, qui stimule encore plus le système immunitaire.

Comme MBVax ne peut pas tester ses injections en Europe ou aux Etats-Unis, le laboratoire a offert son produit à des pays moins regardants sur les questions sanitaires. Entre 2007 et 2012, 70 personnes victimes de cancers très avancés (cancer du sein, de la prostate, des ovaires, mélanomes et lymphomes) et résistants à tous les traitements classiques, ont reçu les injections : dans 70 % des cas la thérapie a fait régresser significativement la tumeur, et dans 20 % des cas les malades ont totalement guéri !

Malheureusement, faute de financements, MBVax ne peut pas investir dans un laboratoire qui satisfasse aux exigences de sécurité sanitaire occidentales et son traitement nous reste inaccessible…

Une autre entreprise canadienne, Qu Biologics, s’est engagée dans la même voix que MBVax mais en espérant faire encore mieux : l’idée des chercheurs de cette équipe est d’utiliser des bactéries distinctes pour chaque type de cancer, en privilégiant celles qui sont connues pour faire réagir plus ou moins des organes spécifiques.

Il s’agirait donc d’injecter Escherichia coli, qui infecte souvent les intestins, en cas de cancer de côlon ou Klebsiella pneumoniae, qui infecte souvent les poumons, en cas de cancer du poumon, etc. Qu Biologics affie avoir testé ses injections sur plus de 250 personnes victimes de cancers à des stades très avancés : tous survivent au moins un an de plus grâce à cette technique, là où les méthodes classiques ont échoué !

Autant vous dire que si cette découverte n’avait pas été relatée par Nature, une des revues scientifiques internationales les plus sérieuses et les plus respectées, nous n’oserions pas y croire…


Voir plus: La bactérie qui guérit le cancer | http://www.santeplusmag.com/bacterie-qui-guerit-cancer/

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