• IDÉES DE LECTURE

VICTOR, GARY - L'escalier de mes desillusions

Le Mot de l’éditeur

« Tout comme il existe un cimetière des éléphants, j’ai imaginé un cimetière des récits. Ils sont devenus des fantômes qui se sont mis à me hanter avec insistance quand j’ai commencé à descendre l’escalier de ma vie, un escalier que j’ai découvert pavé de désillusions qui se révélaient au fur et à mesure que les masques des amours s’estompaient, que se dévoilaient les raisons profondes de leurs jeux, que je constatais, ahuri, atterré, que l’esprit humain avec toute sa fierté, ses tentatives parfois ridicules pour se hisser sur le trône des dieux, reste désespérément empêtré dans sa gangue animale. »
Les convulsions de la terre, en cette fin de soirée de janvier 2010, ont fait une brèche énorme dans les murs de ce cimetière dont parle l’écrivain Carl Vausier. Redoutant l’annonce de la mort de son ex-femme Jezabel, qu’il continue à aimer en secret, et de sa fille Hanna, toutes deux disparues, il est hanté par les récits qu’il n’a jamais voulu écrire, récits pour la plupart mus par la mort. Et reviennent sans cesse dans ses pensées les trois personnages clés de sa vie : son père, René Vausier, son ex-femme Jezabel et bien sûr lui-même, le Carl Vausier de sa mémoire.
Dans Maudite éducation, Gary Victor nous avait entraînés dans les allées d’une adolescence particulière. Ce nouveau texte plonge dans les profondeurs de la vie d’un homme pour en ramener des oublis plus que singuliers, des blessures aussi secrètes qu’elles sont tenaces et douloureuses. Dans les abysses de la mémoire gisent parfois des étrangetés qu’un séisme peut réveiller.

WRI-Author VICTOR, GARYNé à Port-au-Prince en 1958, en exil permanent dans son tiers d’île comme il aime à le dire, Gary Victor, journaliste, dramaturge, écrivain, est l’auteur d’une œuvre littéraire importante qui explore sans concessions les mondes intérieurs les plus singuliers. Son regard aigu sur la société et ses conflits fait de lui un auteur à la fois incontournable et inclassable. Il a publié une quinzaine d’ouvrages dont À l’angle des rues parallèles (prix du Livre insulaire, 2003), Je sais quand Dieu vient se promener dans mon jardin (prix RFO, 2004), Le Sang et la Mer (prix Casa de Las Americas, 2012) et Maudite éducation (2012