• THROUGH THE GRAPEVINE…


from: Emmanuelle Gilles

November 14, 2014

COOPERATION VS. INGERENCE

Depuis des temps d’antan, il est une certaine tendance de la culture haïtienne qui prétend susciter de manière outrancière des sentiments de haine et de révolte vis-à-vis tous les étrangers sous prétexte qu’ils sont tous coupables de nos déboires comme si Haïti était vraiment autosuffisant et que nos anciens dirigeants étaient toujours sans tâches. Notre histoire devrait être notre référence. Cette tendance, sous la pulsion d’un chauvinisme sournois, à peine voilé se révèle si déraisonnée que certains esprits s’arrogent même le droit d’inventer un nouveau paradigme selon lequel certains de nos compatriotes œuvrant dans le monde international sont des valets ou captifs des étrangers. Dans ma carrière, J’ai eu un parcours international plutôt gratifiant que je ne regrette pas. L’occasion de travailler dans divers pays et de connaitre un peu la dynamique de l’international m’ont ouvert les yeux sur les différents aspects et les enjeux de la coopération Sud-Sud et Nord-Sud.

J’ai appris en particulier l’importance d’une bonne coopération entre pays, vecteur essentiel pour le transfert des technologies et du savoir-faire dans des domaines spécifiques. Comme je l’ai dit auparavant, il y a une grande différence entre coopération et impérialisme. C’est à nous de bien jouer et bien négocier en privilégiant les intérêts de notre pays avant ceux des autres. Pour cela, il faut aussi avoir une grande capacité de négociation et de connaissance. Nous avons l’avantage d’avoir développé de très bonne coopération avec certains pays et le désavantage d’essuyer les contre-effets de l’impérialisme et de l’ingérence de certains autres. Nous devons faire la différence, car chaque pays a ses particularités. La coopération Cubaine et Vénézuélienne nous ont apporté fruits, preuve que nous ne pouvons nier le rôle positif des étrangers dans notre pays. Je déplore cette attitude paranoïaque à chaque fois qu’on entend ou on voit un étranger nous soutenir. La coopération bilatérale ou internationale sera toujours au centre de tous rapports entre pays car c’est à travers ces rapports que les échanges commerciaux peuvent être réalisés, c’est à travers eux que nous pouvons construire des partenariats susceptibles de nous permettre de tirer parti du potentiel de la science, de la technologie et de l’innovation au service du développement.

Dans le concert des Nations et à l’ère de la mondialisation, Haïti ne peut plus s’isoler. Très souvent, nous invitons indirectement les étrangers à s’immiscer dans nos affaires lorsque nous faillons à nos devoirs et ignorons l’impact de notre propre instabilité défavorisant la paix régionale. Heureusement que beaucoup d’entre nous font preuve de grande probité morale et intellectuelle dans notre évaluation de la situation Haïtienne, alors que d’autres, pour des raisons propres à eux choisissent l’agressivité, la haine et le déni de réalité.

Malheureusement, nous sommes connus dans le monde pour nos guerres fratricides, nos instabilités et notre incapacité de diriger notre pays et de l’amener à un niveau de développement digne d’une nation. La preuve, ou sommes-nous aujourd’hui? Malgré tous les enseignements de notre histoire et des exigences de l’heure, nous n’arrivons pas à nous élever au-dessus des bassesses habituelles. En dépit de nos rendements collectifs…. Heureusement que les pays amis reconnaissent les valeurs individuelles de certains de nos compatriotes dans tous les champs d’activités. Il me semblerait que Chavannes Jean Baptiste, un agronome et activiste politique avait reçu le prix de la « Goldmand Environmenal Foundation », qui est l’équivalent du prix Nobel pour les écologistes. Jean Bertrand Aristide avait reçu le prix de First Chancellor’s distinguished honour, et le prix UNESCO de l’éducation sur les droits de l’homme et la Médaille d’or de la Journée Mondiale de l’Alimentation ». Feu Marc Bazin avait reçu le prix de Chevalier de l’Ordre national du mérite au Burkina Faso, et officier de l’ordre de Ouissan Alaouite du Maroc. A travers mes recherches, j’ai découvert que nombreux sont les Haïtiens ayant reçu des prix de mérite par des étrangers, au point que je compte en faire une nouvelle rubrique.

Finalement, si nous ne comprenons pas la nécessité de faire un front uni pour la reconstruction de notre pays, nous nourrissons des vœux pieux de regain de souveraineté. Après plus d’une décennie, nous n’avons rien changé dans notre mentalité et dans notre attitude. La tutelle est la conséquence de notre instabilité. Je le répète, les étrangers pénètrent là où ils trouvent un vide béant corollaire de notre obsession du pouvoir, les luttes fratricides, les querelles de chapelle, la violence et l’agressivité, l’appât du gain…. et j’en passe….. Ce sont ces attributs qui nous caractérisent. Il est temps que nous haïtiens, faisons preuve du sens d’autocritique et d’objectivité pour mieux cerner la complexité de nos problèmes. Car cette tendance d’imputer à autrui la paternité des torts que nous avons nous-mêmes commis se révèle vilaine et irresponsable. Ce texte se veut un appel à l’imprégnation de l’éthique, de l’intégrité et du respect des principes de civilité dans les discussions. Du choc des idées jaillit la lumière, nous apprend Boileau ! Nous devons apprendre à s’attaquer aux idées, d’élever les débats a une dimension intellectuelle digne de nos valeurs réelles et non de s’attaquer au messager.


 Gary VictorOchan pour Gary Victor!!! Il a tapé en plein dans le mille. Mieux vaut lui que moi puisqu’il est déjà considéré d’utilité public. Quand j’essaie de dire ces quatre vérités, je suis affublée de tous les noms et jugée persona non grata. Je passe donc la relève à Victor sans délai et sans conteste. Et avec la permission de l’auteur, je reproduis ici l’article.

Le mensonge

Gary Victor | le 1er novembre 2014

Le mensonge court les rues. Il frappe à toutes les portes. Il investit les ondes, les journaux, les églises, les temples. Il pollue sans crainte, tissant inexorablement la toile de nos impuissances et de nos déchéances. Le mensonge est encore plus efficace quand il est manié sur le coup avec la certitude que c’est la vérité, comme ces comédiens qui entrent si bien dans la peau de leur personnage que, pendant la durée de la representation, ils deviennent ce personnage avec ses gesticulations et ses paroles donnant l’illusion de la réalité.

Le mensonge tire sa légitimité, pour le menteur, de la nécessité de cacher ses vraies motivations, et c’est peut-être là l’un des derniers remparts des valeurs traditionnelles : le menteur ne veut pas paraître ce qu’il est. Ce qu’il est peut se réduire à cette devise que j’ai vue une fois dans une plaque fantaisiste accrochée à l’arrière d’une voiture : « Bien boire, bien manger, bien forniquer et attendons joyeusement notre mort ! » Crédo de tant de gens pour qui seuls l’avoir, le plaisir animal, a un sens, et ceci au détriment de la collectivité. Il faut alors prendre d’assaut l’État par tous les moyens, car l’un des objectifs-clés, ce sont ces postes permettant de se mettre à la tête de mafias secrètes organisées depuis des décennies pour détrousser, de mille manières, les citoyens. Que de directeurs généraux placés là exprès pour remplir des malles pour ceux qui les ont propulsés à ce poste et eux bien obligés de se servir en passant, et ce grassement, car familles, femmes, amis attendent justement qu’ils ne laissent pas passer l’occasion.

Alors, on ment partout pour cacher de ténébreuses motivations. Parfois, on est tellement conditionné par le système que le menteur lui-même ne se rend pas compte qu’il ment. Est-ce que Thémistocle Epaminondas Labasterre était un imposteur pendant qu’il était un opposant ? On pourrait se poser la question pour plein de citoyens, démocrates, légalistes, pourfendeurs de la corruption, qui, une fois arrivés au pouvoir, n’ont fait que donner du jus à la pourriture. Voici une belle étude à la fois pour des psychologues et des sociologues.

Le menteur a aussi cette qualité de ne pouvoir écouter son vis-à-vis. Pendant que l’autre parle, il calcule, examine de multiples stratégies lui permettant d’atteindre son but inavoué. Il pète au visage de la nation, mais ses flatulences pour lui ont une odeur de rose. Il est dans les rues, il manifeste. Les menteurs ayant franchi le Rubicon l’abreuvent de gaz lacrymogène, mais il a toujours une énergie à revendre. J’ai vu une fois l’un de ces menteurs embrasser une statue de la Vierge après la réussite d’une manifestation contre un pouvoir dictatorial. C’était, comme toujours, un exercice de chaises musicales.

On braille contre les diables dans nos églises, dans nos temples, mais là encore, c’est un mensonge. Le diable nous l’aimons, nous le choyons. Les voyous, les violeurs, les assassins, les trafiquants, les étrangers racistes et corrupteurs, tous fréquentent les meilleurs salons, tout simplement parce que l’argent, victoire du capitalism, est devenu la seule valeur. Nous sommes en plein consensus pour le mal. Ce n’est pas par hasard que nous sommes la seule société à avoir accepté que deux dictateurs accusés de prévarication, de meurtres, de détournement de fonds public et même de trafic de drogue soient tranquillement chez eux comme si de rien n’était. Et quand on feint de vouloir arrêter l’un d’eux, c’est pour une question de revanche ou par crainte de son influence politique dans ce pays sans mémoire, car personne n’a quelque chose à reprocher en fait à ces pratiques que tout le monde rêve de reproduire.

Il faudra bien un jour cesser de mentir dans ce pays. Il faudra bien un jour trouver la manière de rompre ce consensus pour le mal et arriver à une masse critique, celle-ci en faveur d’un consensus pour le bien.



Lionel E. Leconte

from: Lionel E. Leconte

November 8 at 7:41am

In the Eye of the Spiral

My dear “Amis”,
I had the privilege to attend the premiere of “In the Eye of the Spiral”, a project of love for Haiti. I am sharing the trailer of this profound exploration of the Haitian Spirit. We are almost at the point where the political and religious differences will be put aside in order for our country to progress toward its real place of being at the top of the Spiritual and intellectual world. We are divided right now but it is time for the Martellist to embrace Lavalas and vice versa, time for Lavalas to embrace the Duvalierists and vice versa, and really time to be ONE nation. We can never move forward until we UNCONDITIONALLY love ALL our Brothers and Sisters regardless of their political affiliation. It is time to forgive and forget our checkered past and realize that our differences pale in comparison to what makes us a family, It is time to stop our infighting which is why we are losing our country. Let love become our default emotion for each other… Let love become the operating emotional basis of our relationships with one another. It will take some effort on our part, but it is possible and more importantly, it is necessary for the Health of the Nation. I don’t particularly like President Aristide, but today, I will express unconditional love for him as a step toward the unification of MY country. I will make the effort in order to bridge the gap. He is Haitian and is thus my brother no matter what. I invite those who harbor anger or hate for our current President, Michel Martelly, to express love toward him as well in order to heal our nation. Harmony is the basis for progress and we need to consciously establish the kind of emotions that heals rather than destroys. Let us all dedicate this day to our “enemies”, and let us change our emotional choices vis a vis anyone and everyone we feel have wronged us in anyway. We are in charge of our feelings and so let us decide to love what seemingly seems unlovable. L’union fait la force. Vive Haiti. Namaste
http://youtu.be/H0Qmjt7gPz0


from:

Odette Roy Fombrun 

October 30 at 12:18pm

Je suis triste pour mon pays

Haiti sombre a nouveau dans le chaos. Or les affrontements de rues ne peuvent pas résoudre nos différends; les dialogues unilatéraux non plus. Des accords ne sont pas encore trouvés parce qu’on dialogue individuellement avec le président Martelly et que l’on présente des sorties de crise personnelles. Si haut placé qu’il soit, aucun personnage, aucun groupe ne détient la solution : les voix sont terriblement discordantes et les options unilatérales ne réconcilieront pas la nation. C’est le moment de penser à une forme de Convention nationale, une Commission d’arbitrage pour trancher sur tout ce qui divise les trois Pouvoirs, les partis politiques, la société civile (CEP, Elections, mandats, Constitution), mettant fin aux affrontements de rues susceptibles de mettre en danger les minces progrès réalisés, surtout dans nos rapports avec l’étranger et la diaspora, voire même porter atteinte à l’indépendance nationale.

N’oublions pas que:

1) Haiti est un pays mendiant et dépendant. Si nos options déplaisent à la communauté internationale, elle peut couper toute assistance, y compris les 60% du budget qu’elle finance! Ne pensons pas cela impossible. A notre grand étonnement, elle avait bien infligé un dur embargo de 3 ans au seul PMA d’Amérique et la grande humiliation de 20.000 soldats américains foulant notre sol ! Pensons à ces tanks, dont les canons menaçaient de paisibles citoyens aux mains nues. Ils ne sont que remisés.

2) La caractéristique fondamentale du système politique haïtien est l’INSTABILITÉ. Pour une raison qu’on pense toujours impérative, nos chefs d’Etat ne font pas leurs mandats qu’ils soient de 4, 5, 7 ans ou à vie. La majorité –rois et empereurs inclus –sont envoyés en exil ou sont assassinés. Ceux qui ont terminé leurs mandats l’ont fait sous Occupation américaine et, proche de nous, celui qui a fait 2 mandats, c’est avec les tanks de l’ONU sur notre sol. N’oublions pas que des affrontements de rues peuvent les faire reparaitre et que les blocus de voies publiques ne font que gêner les activités productives.

Il faut absolument éviter les confrontations de rues et rechercher la STABILITÉ en ayant recours à l’ARBITRAGE.



GRAPEVINE 4