• THOUGHTS TO PONDER


UNE MARCHANDE EN UNIFORME

Par Marc Accimé 
Marc AcciméSur la route de Laboule, au haut de Pétion Ville, elle étale son petit négoce. Elle s’appelle «marchande» et elle est fière d’être adressée ainsi par les gens du quartier qui l’approchent à crédit ou au comptant pour les provisions alimentaires. Les négociations devant amener au juste prix sont souvent difficiles. Le ronflement des engins lourds et les avertisseurs tonitruants des tap-tap, ajoutés aux cris et aux bavardages de ses pairs, entrainent un rythme discordant créant une musicalité peu harmonieuse.A l’étalage, il y a un peu de tout: du céréal de toute sorte, des légumes, des végétaux, des épices et de la viande. A côté, il y a un hangar destiné à l’arrimage du charbon.

L’essence de ce récit n’est en aucun cas d’encourager la vente du charbon résultant de la coupe des bois. Dans ce pays où le déboisement rend la terre désolée et improductive, cela entrave la production agricole et, en même temps, réduit la couverture végétale qui, déjà, était à moins de 20%, selon les statistiques disponibles en 1986.

Il s’agit plutôt de saluer son courage et sa détermination de réussite par des félicitations, et d’applaudir sa consistance dans le maintien d’une double activité. Orpheline de père et de mère, elle est marchande de rue et écolière en classe de philo. Elle s’oriente dans le commerce pour subvenir aux besoins de ses études.

Haïti, terre de feu et d’un soleil de plomb, est aussi une terre de clivage, de clans et de groupuscules, de «ôte toi que je m’y mette», de main-mise et de paternalisme. La politique y est la seule industrie rentable et les débats sectaires et intéressés accentuent davantage la mauvaise gouvernance qui prend la forme d’une routine. Terre de beauté, de jeunesse et de sourires malgré la chaleur accablante de la misère, elle a presque tout mais elle n’offre pas plus que rien. Rien aux moins favorisés, rien aux démunis qui continuent de croire au miracle que demain peut être meilleur.

Pourtant, comme tous les enfants d’Haïti, cette marchande-écolière traine derrière elle une longue histoire. Petite fille de combattants réunis sous les ordres de Dessalines, son legs du lion lui a été échappé, contesté ou volé.

La compréhension de son environnement et son adaptation au milieu ambiant sont les motifs de sa prise de conscience. C’est bien celle-ci qui supporte et garantit le respect qu’elle voue à elle-même. Elle se lève tôt les matins en uniforme. Hier, elle composait en algèbre et en trigonométrie.

Ce petit négoce qu’elle entreprend en vue d’embellir son intelligence est une action convaincante qui devrait toucher, pour le moins, la sollicitude des acteurs qui prônent le développement socio-économique par l’éducation et la petite entreprise.

(marcaccime, 18 déc. 2013)

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La réalité de l’Âme – Carl Gustav JUNG

 La réalité de l’Âme“On ne peut savoir s’il ne se passe rien après la mort… Nous ne savons tout simplement rien de scientifiquement déterminé sur ce point. Ici, ma conscience de médecin se réveille pour apporter à cette question une contribution essentielle. J’ai remarqué en effet qu’une vie orientée vers un but est, en général, meilleure, plus riche, plus saine qu’une vie sans but, et qu’il est préférable de progresser avec le temps que de vouloir remonter son cours. Pour le psychiatre, le vieillard qui ne veut pas renoncer à la vie est aussi faible et maladif que le jeune homme incapable de s’élever. Il s’agit en effet, dans bien des cas, de la même convoitise infantile, de la même crainte, du même entêtement. […] C’est pourquoi je trouve fort raisonnable toutes les religions qui ont un but supra-terrestre. […] Du point de vue psychiatrique, il serait bon que nous puissions penser que la mort n’est qu’une transition, une phase dans un grand et long processus vital que nous ne connaissons pas. […] La très grande majorité des hommes a, de tout temps, éprouvé le besoin de croire à la survivance. Notre constatation ne nous a donc pas conduits en dehors, mais au milieu de la grande voie stratégique de la vie humaine. Nous agissons dans le sens de la vie quand nous pensons qu’elle surmonte la mort, même si le sens de cette pensée nous échappe. Comprenons-nous jamais ce que nous pensons? Nous ne comprenons que cette pensée qui n’est qu’une parabole, d’où ne sort jamais rien de plus que ce que nous y avons mis. Tel est notre intellect. Mais au-dessus, il existe une pensée qui revêt la forme des grandes images primitives. Plus vieilles que l’homme, innées en lui depuis des siècles reculés et survivant à toutes les générations, remplissant de leur vie éternelle les plus lointaines profondeurs de notre âme. La vie n’est possible dans toute sa plénitude qu’en accord avec elles. Il ne s’agit en réalité, ni de foi, ni de savoir, mais de l’accord de notre pensée avec les images premières de notre inconscient, mères inaccessibles à notre …conscience. Or, la vie par-delà la mort est une de ces images primitives. […] Nous pensons comme l’humanité a toujours pensé. […] C’est là le seul terrain solide dans l’obscure mer du doute.”

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The USAF Band Holiday Flash Mob at the National Air and Space

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