• EN GUISE D’ÉDITORIAL


Je m’en voudrais si je laissais passer l’occasion de la commémoration de la Bataille de Vertières sans reproduire cette note patriotique de mon amie, Esther Pierre-Louis. Esther est une météorite dans le ciel spirituel, intellectuel haïtien. C’est donc un privilège pour quiconque qui a le bonheur de lire ses écrits. Sans plus de préambule, je vous laisse pour délecter une lecture de très grande qualité.

EstherEsther Pierre Louis – 7 novembre 2013

HAITI CHERIE

NOUS SOMMES HAÏTIENS, et nous en sommes fiers. Sans insolence et sans orgueil. Fiers d’être Haïtiens, au-delà des escroqueries de la nationalité discrétionnaire ou des prétentions chauvinistes. Le jingoïsme, nous ne l’aurions pas inventé… Et nous troquons avec respect les biscuits de terre cuite de nos mornes décalées, contre votre fleur de farine. Merci, merci beaucoup. Mais tous les griots ne sont pas morts, alors, méfiez-vous des versions officielles de notre Histoire.

Haïtiens, nous portons l’opprobre de notre pays comme une fleur à notre boutonnière. Et chaque matin, nous paraphons la vie du sang vif de nos blessures secrètes. Nous sommes les marrons de l’esclavage et du syllabaire ; les ronces tenaces des embargos et de l’exploitation. Notre passé nous a glorieusement arrachés de l’anonymat, nous, immolés en permanence sur la roue supplicatrice de l’histoire. Nous survivons avec acharnement désastres après calamités, plus que déterminés à vivre notre part de rêve sur la terre des hommes. Les pieds dans la fange et la tête pleine de musique, nous cultivons l’art d’espérer et de lutter au quotidien, éperonnant la vie sous le soleil du Bon Dieu.

Nous résistons encore au génocide culturel, luttant pour la sauvegarde d’une estampille d’authenticité et d’originalité à nos expressions artistiques et culturelles.

Participants de l’universel, nous gardons nos racines solidement enfoncées dans le berceau de l’humanité, case départ de toutes les civilisations. Nous embrassons sans ambages notre accent, notre mise (trop) recherchée, notre gesticulatoire, (Béninoise?), une prédilection justifiable à notre cuisine, et nos interminables polémiques sur la politique et le football. Ce qui est Haïtien se sait.

NOUS SOMMES HAÏTIENS. Entrepreneurs de carence, gérants de toutes les extrêmes, résistants dans l’adversité, optimistes dans l’avenir, fervents dans la foi, sacrificiels dans le devoir et le service, créatifs dans le malheur, et philosophes dans l’épreuve. Difficile de nous adapter aux schémas traditionnels. Notre terre, c’est HAITI CHERIE. D’ailleurs, «Se Sanba lakay nou sèl ki ka rele peyi yo Cheri» (Emeline Michel). Suède Chérie? Jamaïque Chérie? America Darling? Please…

Sur toute passerelle jetée sur les fissures du temps ou les cratères de l’espace, nous avançons. Sous l’écarlate de l’ignominie et la toxicité des Khian Sea, nous émergeons. Sous l’hypocrisie des faux-amis, la cruauté des dictateurs-apprentis, les politiques mort-nées et les projectiles fratricides, nous survivons. Sous l’eau, sous le feu, sous le sang, sous les traitreuses décombres des abris effondrés, nous renaissons. 

NOUS SOMMES HAÏTIENS, et nous vous offrons de tout : de notre sol, sous-sol et de nos rivages ; de nos semailles et de nos moissons de nos hommes, nos femmes, et de nos enfants ; de notre culture et de nos cerveaux ; de notre sueur et de notre sang. Mais de notre passé, de «ce versant intérieur de notre être », et de l’avenir que nous forgeons à grand coups de couteau digo, nous ne le partageons qu’avec NOUS. You would not understand; it’s a Haitian thing… 

BONNE FÊTE DU DRAPEAU À TOUS LES HAITIENS!

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Des gouttelettes sans goût

Le Nouvelliste | Publié le 28 janvier 2013 par Vivianne Gauthier

Madame Gauthier n’est pas allée de main morte avec les élucubrations du spiralisme, cette théorie littéraire qui a opéré un rapt en bonne et due forme sur la littérature haïtienne depuis les années 60. Au risque d’offenser nos demi-dieux écrivains et de risquer leur courroux et vengeance, elle a osé dire ce que d’autres professent dans le silence de leur cœur.  J’admire le courage de cette dame et lui rends grâce pour m’avoir dessillé les yeux, moi qui nourrissais l’idée qu’une trop longue absence du monde de l’écriture m’avait privée de la faculté de saisir les nuances d’un texte truffé d’allégories. Pour toute la beauté de la plupart de ces splendides rédactions, leur essence m’échappe et la communication avec l’auteur demeure au niveau esthétique, faisant du message un mystère insondable. C’est bien que le lecteur puisse jouir du privilège d’interpréter l’œuvre à sa façon, d’après ce que j’ai ouï dire, mais j’aimerais quand même pouvoir capter l’esprit originel du texte, comprendre le pourquoi derrière sa conception. L’article de Mme. Gauthier m’a inspirée ce gogyohka que j’aimerais bien partager avec vous.


 Alléluia pour tous ceux qui font fi de l’ostracisme des grands

Pour psalmodier à l’encontre de toute arrogance incongrue

Toute déficiente litanie d’images saugrenues

Qui s’égrène en chapelet de couleurs et de sons éblouissants!

Alléluia! Tout espoir de voir dans le brouillard n’est pas mort.

                                                               © Maryse C. Elysée – 2013

 

 

 

 

 

 


 

Mèsi anpil! 01
J’aimerais remercier le Dr. Henri Armand pour ses mots d’encouragement concernant ce mini journal. Ce support moral me va droit au cœur et scelle mes efforts avec un timbre de validité.

 

 

C’est un travail REMARQUABLE. Tu continues à m’étonner. FELICITATIONS!  J’ai des difficultés à repérer certaines pages, dues sans doute à la configuration de mon ordinateur ou de l’écran.

Es-tu en passe de changer de carrière??? Un de ces jours je te donnerai un coup de fil pour parler un peu de ce “labor of love”.

Ce que tu fais est admirable.  Henri